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22 avril

Bien trop d’anniversaires de choix ce jour. Je n’en fêterai que quatre : l’avantage, c’est que je n’aurai pas à chercher beaucoup l’an prochain.

Je commencerai par le
290ème anniversaire de la naissance d’Emmanuel Kant.

Je ne dirai pas trop fort que je suis assez heureux qu’il soit mort à 80 ans. Ayant commit 26 pavés, s’il était encore parmi nous, il y aurait 26*3,625 ouvrages de ce monsieur soit 94 à ingurgiter pour prétendre réfléchir, et 7 critiques supplémentaires de dieu sait quoi ( la raison du plus fort, la raison d’espérer, la raison d’état…) à essayer de faire croire pour les uns qu’on les a lu, pour les autres qu’on les a compris. Enfin, je parle de béotiens dans mon genre qui, eux aussi, dans leur coin, essaient avec moins de succès de couper les cheveux en quatre ou d’enculer les mouches.
Ceci dit, sa vie sexuelle, que les biographes ont injustement et totalement ignorée, fut, elle, un véritable chef-d’œuvre, comme l’a brillamment démontré Jean-Baptiste Botul, et devrait être source constante d’inspiration à tout âge.
Botul, en effet explique avec brio dans « La vie sexuelle d’Emmanuel Kant » que (je cite, mais je ne sais plus ou j’ai relevé ) «les philosophes ont inventés un moyen extraordinaire de se reproduire : ils ne pénètrent pas, ils se retirent. Ce retrait porte un nom : la mélancolie ». »
Je préfère décidément lire Botul.

115ème anniversaire de la naissance de Vladimir Nabokov.
113ème anniversaire de la naissance d’Alexandre Vialatte.

Je ne vais pas écrire, je vais lire.

Enfin, pour la bonne bouche
110ème anniversaire de la naissance de Julius Robert Oppenheimer.

C’est avec une once de fatalisme teinté de quelques mégatonnes de pessimisme que j’ai constaté un jour qu’absolument tout ce que l’homme avait inventé ou découvert, il l’avait utilisé.
Cherchez et vous verrez : le dé à coudre, l’allumette, le poil à gratter… prenez aux hasard un dictionnaire, même obscur, spécialisé, savant ou encyclopédique : tous les mots ont servis.
On peut donc remercier ce brave homme de nous avoir offert l’extinction certaine à vraisemblablement brève échéance, à moins qu’un autre fou découvre l’immortalité, ou plus vraisemblablement l’amnésie contagieuse définitive.

Concept de pâté de tête

Au Petit Saint-Benoît, poétique bouillon sis rue Saint-Benoît, j’ai dévoré un salé aux lentilles qui m’a laissé rêveur. On ne dira jamais combien l’art de la charcuterie constitue, avec la construction des cathédrales, la signature même du génie propre de la chrétienté. S’est-on jamais demandé comment s’était forgé le concept de pâté de tête ? Car une charcuterie de cette complexité ne peut simplement résulter d’un concours d’expériences ou d’un jeu d’intérêts. Le pâté de tête, c’est la réfutation radicale du pragmatisme anglais. Il relève de l’Esprit, un point, c’est tout. Et même du Saint-Esprit, sans qui personne n’aurait eu l’idée de lier le museau avec de la gelée.

Jean-Baptiste Botul in La métaphysique du mou.

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