Critique III

pettie fillle au chapeau jaune
Ressentir la mise à l’épreuve de sa pertinence, première angoisse d’un critique, à l’abord de l’œuvre de M.R. Qu’est ce qu’un critique d’art ? Et comment justifier son travail ?
N’importe.
Une ligne escarpée, tendue, tragique, de sang, date le créateur. Et son courant. Rien de commun avec la tendresse proposée d’un Fra Angélico, mais tout est déjà, ou plutôt encore la.
En contrepoint, les cercles. Sienne, jaune, et ocre rouge.
« Le monde est rond », explique Bachelard, dans sa poétique de l’espace.
Sept ronds nous sont offerts pour entrer dans le monde. Un seul, délicatement souligné, suggère l’importance du chemin proposé.
Et puis un paysage, pour poser l’allégorie. Une première lecture ne fait qu’apaiser, puis le ton monte. Un ciel de bronze plombe une muraille montagneuse. Un train passe ( référence consciente au shuffle des premiers blues ? ). L’oeil est captif d’un rythme horizontal et lancinant. En bas du tableau, à l’instar de la fillette, on perd pied.
Tout l’art de M.R. est posé la. Devant un minuscule bout du monde, fixe, le spectateur se pense ancré. M.R. le transporte. Vite ou lentement, de haut en bas, de bas en haut. Avec un tempo choisi et modifié sans cesse.
Tout s’inverse alors, chez le lecteur attentif. Les sept ronds (immobiles?) ne sont ils la que pour exprimer l’alentour en mouvement ?

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