Critique.

pettie fillle au chapeau jaune
A l’époque ou l’artiste se cherche encore ( un artiste se trouve-t-il?), la « petite fille au chapeau jaune » est une œuvre majeure, autant tournant que pivot. Délaissant la matière « classique », M.R. simplifie sa pratique pour exprimer « l’essence ». L’histoire est brève. Une jeune enfant contemple au travers d’un mur ouvert, qu’on imagine réchappé d’un bombardement, la lune.
L’amateur, qui entretient une relation à l’œuvre plus ambiguë, saura voir le trait de sang liant l’astre à une pomme, Séléné et Newton, verticale de la toile et de l’esprit.
Sept phénomènes (voire huit, ou dix ), un noumène.
– Le ciel.
– La lune pleine.
– Un couché rougeoyant, porteur de mort et de printemps.
– Un mur « Mussolinien », en ruine.
– Un gazon à perte de vue, au vert si cru qu’il n’est pas possible d’en jouir.
– Une fissure, ensanglantée, laissant la lune ensemencer.
– Une pomme
– Une robe blanche qui se fond dans le mur, déchirure de pur et d’impur, de vierge et usé.
– Le chapeau jaune, et son ruban indéchiffrable, bien sur.

– Et une question.

L’enfant posée dans le monde questionne, muette.

Elle regarde.

L’œuvre ne propose que ce regard.

Il serait facile de gloser couleurs, traces, espaces.
Le seul souvenir « réel » sera « ce regard » .
Au travers d’une simple toile, M.R. nous ramène à l’essentiel: l’intranquillité.

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