NY 12

Je tenait mon ordi bien serré, tout était dedans, j’avais pas de copies et le bus était bondé, pas question de tout perdre encore une fois.
J’ai repensé à ma mère. J’ai beau pas croire à ces conneries, sa messe elle la voulait magnifique, calée précisément et j’avais foutu le bordel. J’ai commencé à pleurer doucement. Respirer, respirer.
Enfin, la voix synthétique à annoncé mon arrêt. Je me suis frayé un passage et je suis sorti. Dehors, c’était pire, je n’étais même plus protégé par les vitres et la masse compacte des voyageurs.
J’ai croisé en repassant le flic de tout à l’heure, qui arpentait encore le coin, et vu Bob le doubler sur son skate. Un discret doigt pour lui, et un clin d’oeil pour moi. Ce petit m’avait à la bonne.
Arrivé devant la maison, j’ai hésité : entrer de suite ou retourner en face au supermarket.
Si je rentrais, le bar de la mamie ne ferait pas la nuit, mais j’avais pas un dollars pour me ravitailler et j’allais pas refaire le coup du jack Daniels.
J’ai pensé à Irène : « Un jour après l’autre », mais plus rien ne me retenait vraiment maintenant.
Finalement, je suis rentré chez la mamie. La porte était fermée mais la clé sous le paillasson, Alexandra devait être sortie.
Je me suis posé devant la table dans le salon, et j’ai ouvert l’ordinateur, puis je suis allé faire un tour dans la cuisine, voir s’il n’y avait rien a grignoter. Je me suis fait un sandwich avec les restes. La mamie ne mangeait pas grand-chose apparemment, et rien qui m’inspirais vraiment, mais j’avais faim, si j’avais eu les sous, je serais allé me faire au moins 3 macs, il y avait un vendeur ambulant à côté du supermarket.
Je suis revenu m’asseoir devant l’ordi. A Harlem, j’avais repris mon téléphone parce que je m’était souvenu que j’avais encore une carte prépayée. Je l’avais cherché un peu partout, puis trouvé sous une boite de papier vierge. J’allais pouvoir retéléphoner encore un peu. Évidemment la mamie n’avait pas internet mais il y avait un spot wifi de la ville pas loin. J’ai activé la carte, les applis étaient toutes dans le tel.
J’ai pris une grande respiration, je suis allé au buffet Louis II, me suis servi ce qui restait d’une vieille bouteille de vodka. Je me suis rassis et j’ai fermé les yeux.
Et quoi maintenant ?
Rien, attendre de nfaire lire encore une fois, et même si c’était Alexandra m’expliquant gentiment que c’était de la merde.
Hampson. J’ai eu un bref passage de génie.
Hampson. Hampson me sortirai de cette merde.
J’ai recopié sur mon compte le numéro de bob, et j’ai foutu son iphone volé en l’air, moins la carte sim, et après un coups de pied dessus. J’étais pas sur que ça marchait mais on voyait ça tout le temps dans les films.
J’ai prix une deuxième grande inspiration.
Et j’ai appelé Hampson.
Hampson, c’est mon seul ami. On se connaît depuis le lycée, et il a toujours été présent même si son job maintenant, c’est courtier d’assurance, qu’il est marié, qu’il a 2 gosses et un chien, un pavillon à Newark, à l’angle de chez Tony, ou on bouffe les meilleurs acras de la ville, quand il m’invite et qu’il veux prendre l’air et discuter. Prendre l’air juste en face de chez soi, c’est drôle, mais il est casanier, et même s’il n’est qu’à 100 pieds de chez lui, il sait qu’on ne viendra pas l’emmerder s’il est chez Tony.
– Allo ?
– Hampson ?
– C’est James.
– Je t’avais reconnu vieux, qu’est ce qui t’arrive, on s’est vu la semaine dernière ?
– Ecoute, le job chez EMC, ça l’a pas fait, et là, je suis dans la merde totale, t’aurais pas une idée ?
Il y a eu un silence sur la ligne, puis un raclement de gorge.
– Tu te rappelle de Sylvia, la standardiste de chez Liainsurance, elle viens de se prendre une lincoln dans la figure, la place est encore chaude et surtout libre, si demain matin tu as un cv convainquant, je pourrais appuyer ta candidature, le patron est affolé, il pourrait bien m’écouter.
Des CV de standardiste, j’en avait déjà, bidonné pour la plupart, mais j’avais déjà fait de l’intérim là dedans.
– J’ai. Je te le maile, j’ai pas d’imprimante ici, et je me pointe demain matin ?
– On fait comme ça, mais ça paie pas tu sais.
– Un peu c’est mieux que rien.
– Tu te souviens de l’adresse.
– Oui, je te revaudrais ça vieux frère.
– Attends que ça marche, ciao, j’ai un client qui arrive.
J’ai posé le tel, poussé l’échiquier, et cherché dans l’ordi un cv pour le remettre un peu à jour, bidonné quelques dates et rajouté mon passage éclair chez EMC. Puis je l’ai mailé à Hampton, suis allé sur le canapé, et j’ai attendu.
Le soir tombait.
Je me suis endormi là, assis, avachi. Enfin, j’ai cuvé, avec ce que j’avais dans l’estomac.

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