NY 6

J’ai fait 1 mile pour éviter l’autre bus, et j’ai repris le même en sens inverse, l’arrêt retour était plus loin.
Merde, c’était la même folle au volant.
Je me suis collé au fond, et j’ai attendu la fin de la ligne. Et j’ai tout posé, et juste allumé mes oreilles avec le casque qui pendait de l’iphone. J’ai mis le son à fond. Vraiment à fond parce que derrière, il y avait du bruit. J’aime bien ça : à fond.
Dans me tête, le son, c’est parfois doux, mais la, je ne savais plus, alors, j’ai monté encore le volume, mais ça ne montait plus ; putain de blocage des constructeurs.
J’ai cherché avec la touche de la musique digne de ce nom, pas longtemps, le volé avait du goût.
Radiohead.
Avoir sa propre musique toujours dans la tête c’est bien, mais en plus le volume, même bloqué, c’est mieux.
La fin de la ligne, elle arrive en face de chez moi, mais c’est dans Harlem, et quand on est blanc, Harlem, c’est pas si simple. Je me suis faufilé tète baissé, et j’ai fini par arriver devant l’entrée de mon immeuble. J’ai composé le code j’ai poussé la porte, et je suis rentré.
Dans l’escalier, il y a des graffitis partout, il y a des zones ou ça sent vraiment mauvais. Au rez de chaussé, ça hurle toute le temps, normal pour un bar. Au premier, ça sent l’herbe. J’ai fini par arriver chez ma chérie et moi.
Je suis rentré : mon bébé, était debout :
– Ton père a téléphoné.
Je déteste mon père, il a emmerdé ma mère toute sa vie avec ses ordres, son arrogance, son mépris et ses manies.
– C’est pour l’enterrement : c’est demain.
– Et mon frère, le petit je veux dire, il peut me prendre ?
– Oui, mais juste maintenant, il faudra passer une nuit dans la maison de tes vieux.
J’allais pas rater l’enterrement de ma mère, mais passer la nuit avec deux cons, ça allait être dur.
Mon père et mon petit frère passent leur temps a s’engueuler sur le Vietnam, pendant que pense à Woodstook.
Mon père est un vieux con réactionnaire, mon frère une jeune con réactionnaire, forcément ils s’engueulent en buvant du porto.
– D’ailleurs, ton frère a dit qu’il passait cet après midi. Tu l’aidera pour virer les affaires que ton père ne veux plus voir. Elle a pas dit « comme toi d’ailleurs » mais ça s’est presque entendu quand même.
– Mon père, je l’emmerde, et il se démerdera.
– J’ai pas dis ton père, j’ai dit toi.
Ils auraient du régler la situation sans moi. Ils savent bien qu’en général je passe plus de temps a régler ma situation en hp que celle des autres en ville.
Mon petit frère a une vieille chevrolet, et il en est fier, et il ne pense pas. Il conduit comme un pied mais il adore faire rugir le V8 et crisser les pneus.
Et il a un vieux bouledogue qui pue.
Derrière, dans sa chevrolet, ça sent aussi la pisse de ses gamins, et parfois, à côté de lui, il y a sa femme, plus con tu meurs.
Je suis allé prendre une douche, et j’ai mis dans un sac des vêtements adaptés à un enterrement.
Enfin : adapté ? J’ai mis ce que j’avais de plus propre. Je me suis posé, avec le sac, sur le canapé. Et j’ai attendu.
10 ans avant, j’avais une corvette : le bruit du moteur est le même, alors je ne risquais pas de ne rien entendre, surtout que mon frère ne roule pas vite, mais qu’il fait le fait hurler, son moteur.
Mon bébé était sous la douche à son tour. Elle est revenu, juste dans une serviette. Elle m’a embrassé.
Elle a dit :
– Flippe pas comme ça,
La mort, c’est normal.
Ton père tu le supportera bien, t’as qu’a changer de pièce.
Et ton frère est con, mais tu n’y peux rien.
Et tu sens le parfum.
Et l’alcool.
T’as recommencé alors?
T’as baisé ?
– La mort de ma mère, je ne supporte pas.
Mon père, je ne vais pas supporter non plus.
Et mon frère, s’il dit un mot, je le tape.
Et si son chien pète, je le jette par la fenêtre.
Elle m’a ré-embrassé.
– Calme, calme.
Les filles je m’en fous tu sais, mais quand même, appelle Irène, et calme.

Dans la rue, des pneus ont hurlés.
Puis un coup de frein brutal. Çà a hurlé encore plus fort.
Il était la, mon connard de frère, enfin l’autre, pas celui de mon chemin vers le supermarket. Un frère con, l’autre autiste, moi alcoolo maniaco-dépressif, un mari sadique, elle avait bien eu raison, ma mère de prendre le large au ciel, il n’y avait pas quoi d’être fière sur terre, et la haut, elle serait plus près du bon dieu pour prier. J’ai entendu la porte claquer, des pas dans l’escalier. Çà a sonné, j’ai ouvert.
Le petit con est entré, nickel, en alpaga, l’air arrogant.
On aurait dit qu’il venait d’avoir une promotion, pas qu’il allait enterrer sa mère.
– Bon, on y va ?
J’ai faillit lui foutre une tarte.
Je me suis levé, j’ai pris mon sac.
– On y va ?
Je l’ai suivi, dans la pisse et les graffitis, envoyé une bise à ma chérie et j’ai descendu les deux étages.
Je me suis collé dans sa chevrolet : ça puait : le parfum de sa femme, la pisse du gamin, et le chien. Rien ne change.
Il a mis la radio.
C’était un vieux rock genre Elvis, ce que je déteste le plus.
J’ai ouvert la fenêtre.
– J‘ai froid : tu ferme s’il te plaît.
– Ca pue trop.
Arrète toi la : il y avait une station service drugstore, et forcément de quoi boire.
Arrète toi merde, et prête moi 100 dollars.
Il a grogné.
– Ca marche pas mieux ta poésie de merde, apparemment.
La j’ai vraiment failli la lui coller, sa tarte, mais comme il sortait son portefeuille, j’ai rien dit
J’ai enfin eu des réserves et donc de quoi acheter à boire sans être obligé de voler à nouveau. Il a pris à droite, dans l’allée du parking.
il a pilé: les pneus on hurlé, mais il a laissé ronfler son V8.
– Magne toi, je me gare pas !
Je suis sorti.
Dans la station, j’ai fait les rayons, et j’ai trouvé : du correct, enfin, du à 40%
Je suis passé à la caisse, et pour faire bien, j’ai acheté de la bouffe à chien.
La caissière n’a pas levé les yeux de son scanner électronique.
J’ai payé, cette fois en flippant, avec une carte de crédit, pas trop à moi, volé dans la poche arrière d’un jeune con. D’ici deux jours elle finirait, déchirée, à la poubelle, le liquide de mon frère, çe serai pour le petit, et pour nourrir ma chérie.
Je suis retourné dans la chevrolet de mon frère, avec mon sac. Je lui ai donné la boite pour son chien, j’ai sorti mon couteau, découpé la capsule, et j’ai bu 5 ou 6 gorgées de ce whisky de merde, et puis j’ai posé le sac papier au fond de la voiture. Ce serai pour demain.
5 minutes après, pendant qu’il continuait de faire joujou avec son bolide, ça allait mieux
On était encore à une heure de chez mon père.
– Elle devient quoi ? Miranda ?
-Je sais pas, je l’ai pas revu depuis le lycée.
Trop con mon frère : c’était la plus agréable fille, et elle l’aimait.
Il s’était tiré, par peur, et il s’était collé avec une brave fille, maman maintenant, mais sans rien d’autre que son ménage ses gosses et ses âneries.

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