NY 4

Vite par se rabattre sur les despés, ou le vin, de l’écossais, il n’y en aurait plus.
Il y avait des chants d’oiseaux partout et je croisais de jolie filles presque toute avec leur mobile collé à l’oreille, et des couples de vieux a peu près tous avec des caddies traînant au bout de leurs bras vieux et fatigués. Si, une joggeuse au cul de pomme, m’a doublé, j’ai admiré.
J’avais oublié mes lunettes de soleil, le monde était brillant et taillé à la serpe.
Le mode maniaque, ça commence comme ça, comme le décolleté d’Helsein et de sa secrétaire, comme le cul de pomme, comme pas dormir aussi. Demain, sûr que je frôlerai les filles dans mon chemin, pour le supermarket, c’est l’inverse de celui de mon frère ainé quand il rentre a midi pour déjeuner. On est chacun à un angle de la Martin luther King Street, mais lui, c’est côté Adam Clayton PowellJr, et moi Malcom X.
Résultat, vu l’heure, on s’est croisé.
– Maman est morte.
– Je sais, je m’en occupe.
– Tu veux venir boire un café ?
– Pas le temps.
Mon frère n’a jamais le temps.
D’ailleurs il ne s’occupe de rien non plus, c’est l’autre, le con, qui avait du se charger des emmerdes.
Il a repris sa route, moi aussi. J’ai refait le coup des trois gorgées. Mes amis imaginaires finiraient la rue et la joggeuse, je ferai semblant de tenir son rythme et lui sourirai, histoire qu’elle enlève son walkman des oreilles et qu’elle me parle.

J’ai encore ressorti la bouteille. Déjà du coté à moitié vide.
J’ai fait demi tour.
La porte automatique du supermarcket s’est ouverte trop lentement, maintenant, je devenais speed, putain de manie. J’ai faillis lui envoyer un coup de poing.
Je suis rentré, et j’ai refait un sourire au vigile et posé mon premier sac dans une consigne, sans mettre de fric, j’avais pas de monnaie, et pas l’envie de passer par l’autre entrée pour avoir un jeton. Speed. Tant pis si on me fauchait mes premières courses, je commençais a délirer un peu.
Le vigile jouait avec un gosse, il ne m’a pas redit bonjour, occupé à faire semblant d’engueuler un petit pour une histoire de tétine sale qu’il ne fallait pas reprendre, et la mamie en garde du chiard gloussait. Il m’a adressé un sourire gêné en même temps, et a regardé vite fait mon caddie histoire de ne pas se faire engueuler par le patron.
Je suis allé direct au fond du supermarcket et j’ai pris du jus d’orange, un sirop « mojitos » et je suis remonté coté viande et plats cuisinés. L’allée, c’était celle des produits de beauté, j’ai acheté du lubrifiant, à tout hasard et pour que mon caddie ne soit pas vide, parce qu’après ça tournait : et encore 200 mètres dans le rayon alcool.
J’ai regardé, ca brillait encore plus que toute à l’heure et j’ai pensé « merde à Irène , merde aux A.A. », vive Hemingway
J’ai repris de l’alcool pour mon seul vrai ami : moi. Une bouteille de rhum, et du Lambrusco. Tout à l’heure ma chérie goûterai, elle aimerai sûrement: du rouge italien qui fait des bulles ?
Je suis ressorti et rentré avec mes deux sacs, dans ma Malcom X street

Baby dormais encore.
J’ai refais du thé. Je l’ai embrassé, fait cuire des pâtes, fabriqué de la sauce carbonara :c’est l’avantage d’être allé en Italie, d’être doué en cuisine et de lire, et d’être speed, et aussi de savoir taxer en douce des sachets de parmesan.
La table était mise. Le soin contrastait avec la vaisselle ébréchée. Tout aligné parfaitement, et des serviettes papier en origami de papillon.

10 minutes après, elle est sortie de la chambre, nue.
Je lui ai servi un thé et lui ai dit : « dans trois minutes on mange, deux, magne ».

Elle a fait la moue, a posé le thé, s’est tournée, a tortillé les fesses, puis est reparti dans la chambre. Dommage, j’aurai bien profité du spectacle plus longtemps et même tout le repas.

J’en ai profité pour réfléchir, en réalignant encore ce qui semblait de travers.

Une page par jour, ça doit être possible, vraiment maniaque, c’est 5 chapitres, alors.
Enfin, je travaillais tous les soirs et la, je sentais que je montais en pression.
Après, j’essaierai un autre éditeur, et encore s’il fallait.
J’avais juste pas envie de laver des ascenseurs, en fait.
Juste de faire des poèmes et des romans.
Et de donner tout ce que je pouvais à ma chérie.
Mais ce job, il fallait que j’y aille, j’avais vraiment besoin de dollars.

Ma chérie est enfin revenu habillée, enfin, avec un peignoir.
Dans la cuisine, ça sentait bon.
J’ai servi les pâtes, et mis la sauce.
J’ai ouvert le Lambrusco et nous ai servi tous les deux.
J’ai pensé « Salut Irène, ce coup, c’est vraiment bye ». Le nombre de fois que j’ai dit Bye aux A.A. Ce coup c’était comme les autres un »bye » provisoire, quelqu’un un jour me forcerait bien à y retourner, mais ça ne préparerait qu’un autre « bye » provisoire.
Mon bébé n’a même pas remarqué que mon verre était rouge.
On a trinqué.
55 jours : fini. La, c’était devant témoin : fini quoi.
Le problème quand tu passe en mode maniaque, c’est aussi que tu oublie tes bonnes résolutions, mais avec mon bébé, j’avais jamais rien caché, et celle la de bonne résolution, je la gardait. Sauf que l’honnêteté a deux tranchants, plus besoin de trouver des astuces pour mentir, de chewing gum à la menthe ou autres conneries qui ne font pas illusions longtemps, mais une barrière de moins.
On s’est resservi, les pâtes étaient trop chaude, puis encore. J’ai ouvert la deuxième bouteille de Lambrusco, là, ma chérie m’a vue faire. Elle a capté, m’a regardé, et ses yeux se sont mis à pétiller et à pleurer en même temps.
J’allais lui faire l’amour sans cesse, et des conneries aussi, elle était sûre. Elle avait vu le lubrifiant jeté négligemment dans la chambre. Les conneries, ça avait déjà commencé.

– Je veux sortir, elle a dit.
-Ben sors ?
– J’ai pas d’argent, et je veux acheter.
– Quoi ?
– Je ne sais pas, juste acheter.
– La semaine prochaine, j’aurai un salaire, mais la, on a rien baby.
Les pâtes finies, je l’ai pris dans mes bras, et j’ai viré son peignoir.
C’était chaud, c’était doux : Elle était chaude, elle était douce. Ok elle est trop maigre, mais c’est mon bébé. Et les gens qu’on aime, ils sont toujours beau.
J’avais encore trop de musique dans la tête.
Je l’ai posé dans le lit.
J’ai ouvert ma boite d’herbe.
Je suis allé chercher une clope.
Je ne fume plus depuis plus de deux ans, mais l’herbe, il faut la couper, alors il me faut du tabac, l’herbe pure c’est chaud, et les conneries, ça le devenait.
Je suis allé dans le salon, j’ai remis le pick up en marche, avec un autre disque, Lou Reed je crois, non, Babylon Bus de Marley et j’ai monté le son. Lou reed, c’est quand ça redescend, quand ça monte, c’est toujours Babylon Bus. J’ai rempli la pipe.
J’ai cherché un briquet et mis le feu, et ma chérie a pris une taffe.
Après, ça été une fin de journée d’enfer.
Après Marley, j’ai mis un disque français, en attendant le temps du Velvet : Je ne comprenais pas les paroles, juste le son.
J’ai laissé tomber.
Ma chérie était la. J’admirais.
Même trop fine, elle était belle.

Elle dormait doucement, couchée sur le coté, les cheveux en vrac, épuisée.
Je l’ai écouté respirer doucement et j’ai fini de planer en composant jusqu’à m’assoupir : l’herbe est un bon calmant, meilleur que les saloperies des hp
J’ai sursauté.
J’avais rendez vous le lendemain. Le réveil me disait qu’on y était au lendemain, j’avais du dormir et j’étais encore raide et saoul.
Helsein. MCE.
Je suis sorti du lit.
Je me suis lavé la figure, et après j’ai mis de la crème sur les yeux gonflés.
Et je me suis habillé, avec des fringues sales, la machine ne tournait plus : encore une raison de trouver de l’argent.

J’ai embrassé mon bébé, j’ai mis des chaussures, et je suis parti.

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