Cuba pas de titre (c’est 23 au moins)

J’ai pris Julia.
Elle a cessé de pleurer.
J’ai pris le walkman de Franck.
J’ai fouillé.
Il y avait tout MC5, c’était le deal.
Il y avait le cadeau aussi. J’ai appuyé la touche « rewind ».
C’est revenu au début.
Play.
Et un autre cadeau, juste pour moi, celui là. All the stuff and more, les 2 albums: Ramones. j’ai regardé mon tee shirt.

20 ans avant, on peignait avec un pote, enfin quand je ne couchais pas avec les modèles.
A genoux, dans un petit appartement, à Providence, a 100 pieds de l’école d’art, et en face de l’école de filles.
On barbouillait en rêvant, il n’y avait pas de voisins, alors l‘ampli il les crachait à fond, les Ramones.
Le jour, on regardait les filles sortir en jupes, de l’école.
Et la nuit, peinture.
Sauf un jour, ou je suis sorti, j’ai pris un échiquier, je me suis poliment pointé
« Vous savez jouez au échecs »
« … »
« Je ne vous demande que si vous savez jouer aux échecs ? »
« Oui mais… »
« Mais rien, on fait une partie ? »
Elle a lissé sa jupe , relevé sa mèche.
« Ma maman… »
« Ta maman, tu la reverra bien assez vite, on fait un blitz ? »

Je lui ai pris la main, elle l’a lâché.
On est allé au bord de Rhode Island Hospital.
Elle suivait.
Il y avait un parc, et des tables.

Les trois quart des tables étaient occupées.
Des vieux, qui réfléchissaient, avant de pousser leur pièce.

J’ai trouvé une table libre.
J’ai ouvert l’échiquier.
« Tu veux les blancs ? »
Elle ne disait rien, elle tirait sa jupe. En baissant les yeux.
« Bon, tu prends les blancs.
assis toi».

J’ai installé les pièces.
« Allez : commence ».
Elle a bougé un pion.
D2-D4.
Ça commençait mal: son roi était en ligne directe.
E7-E5
Elle a pris mon pion : Forcé, c’était cadeau, mais empoisonné.
Les échecs, c’est la guerre. J’ai sorti un cheval.
Elle a bougé un autre pion.
L’autre cheval.
2 coup après, elle était mat. Ca lui allait au teint, elle était mate.
« Une autre ? »
« Non, je dois rentrer »
« Prend 5 minutes, je peins, vient voir ».
Elle s’est relevée, relissé sa jupe.
J’ai remballé l’échiquier.
Quand j’ai repris sa main, elle ne l’a pas lâché.
On a doucement quitté le bord de mer, et on est retourné à l’appartement de Jean Claude.
Il était vautré, ses pinceaux renversés, et du goudron un peu partout.
J’ai serré la main de la fille.
« c’est quoi ton nom ? ».
« Aurélie ».
« Viens Aurélie, je te fais un café ».
On a enjambé Jean-Claude.
Elle a relissé sa jupe, si fort, que j’ai cru qu’elle allait tomber.
Dans la cuisine, je lui ai proposé une chaise, et j’ai fait le café.
Dans le salon, j‘ai remis les Ramones, à fond. Jean Claude a grogné, s’est retourné, et rendormi.
«  Tu connais les Ramones ?»
« Non »
« Tu veux autre chose ? »
« Non »
Je lui ai servi une tasse.
« Alors, les peintures, tu veux les voir ? »
« Oui »
Enfin un oui.
Je lui ai repris la main, et je l’ai emmené derrière, dans notre lieu de travail.
Des tableaux, il y en avait partout.
Ceux de Jean-Claude, les miens, 3 photos de géants, et un pick up.
Elle est resté sans voix.
Je suis repassé au salon, j’ai viré le Ramones et sorti le Velvet: la banane de Warhol.
J’ai reposé la cellule, en écartant le premier morceau. Directement sur « I’m waiting for the man »
Je suis retourné dans notre atelier. Aurélie était assise. Elle regardait, et elle ne lissait plus sa jupe.
J’ai chanté avec Lou reed. J’ai juste un peu changé les paroles.
« I’m waiting just for you. »
« J’ai pas 27 dollars dans la poche. »
Ca a sauté : « Come on baby. »
Elle a tourné la tête.Je lui ai pris le menton, et je l’ai embrassé.

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