Cuba chap 18

La nuit tombait
Et Cécilia laissait tomber ses fringues.
En mer, on est mieux nu, et elle n’avait pas de pudeur.
Julia se peignait, dans la cabine du fond.
J’avais le cap, le port de Miami était loin, encore 2 miles et on serait hors des eaux territoriales
Il fallait aller à Key West, et puis au sud encore.
Key west cap 195°.
Après, la Havane 170°.
Sans compter les courants.
Et l’estime.
J’ai coupé le moteur.
J’ai hissé la grand voile.

Et j’ai tourné les yeux, Cécilia à se prélasser nue sur le pont du Catalina, j’avais pas envie de voir.
J’ai sorti le grand foc.
J’ai accroché, tiré.
c’est con, il y avait un enrouleur mais il était cassé.
La voile a claqué dans le début de vent.

« Cécilia ?
Mets une culotte, et vient m’aider, je ne peux pas barrer et faire le reste »
Elle a minaudé.
« Mets une culotte merde.
Prends la barre, et regarde le compas : reste à 195 »
Elle s’est retourné, et a cesser de me foutre son cul dans les yeux.
Elle est descendue dans la cabine, et elle est revenu, habillée.
« La barre ? c’est ce truc ? »
« Oui. Tu la bouge doucement, et tu regarde cet autre « truc », la, l’aiguille doit rester à 195, au moins 15 heures. Je viendrais te remplacer, mais là, ils y a des choses plus importantes, à moins que ça soit les requins qui t’importent »

Elle a fait la moue, et elle a poussé la barre a font.
La grand voile a dégagé. Le Catalina s’est couché. J’ai baissé la tête. J’ai gueulé.
« Arrête tes conneries ».
J’ai repris la barre, remis le Catalina grand large, J’ai pris Cécilia, sa main, sur la barre.
« Tu fais ça, et tu arrêtes tes conneries. »
Elle s’est collée : Même habillée, elle me cherchait.
« Comme ça ? ».
« Oui
Non, en bas il y a Julia, je l’aime. Toi aussi je t’aime, mais juste pour écrire, avec moi, à Cuba, rien d’autre, sinon fallait rester en Irlande. »
« 195:pigé ? Je vais voir ce qu’on peut manger. »
Jamais je n’aurais du l’attendre.
Je suis descendu
Les réservoirs d’eau étaient rempli.
Il y avait des boites de conserves : crabe, haricots, de la semoule. Pâtes, riz…
Le gaz marchait. Assez de vaisselle pour huit : un Catalina, 42 pieds, forcément.
J’ai trouvé du riz, une casserole, du sel, un briquet.
Du ketchup. Ça ne serait pas du homard ce soir, mais on mangerait
Je suis remonté.
Cécilia ne bougeait pas, Le cap était bon: dans 15 heures Key West.
Je suis redescendu, j’ai pris son pull, et je suis revenu lui poser sur le dos.
« Donne la barre, et enfile ce truc, tu as la chair de poule. »
Ma Julia se reposait: pas étonnant, deux mois sans dormir. Je l’ai recouverte de la couverture sous le lit de la cabine.
Et je suis remonté.
Je me suis collé contre Cécilia : Elle a frémit
« Donne la barre, ça s’appelle un quart »
Elle m’a pris la main, j’ai enlevé doucement.
« J’ai dit la barre, pas ta main. 
On va écrire c’est tout. »
« … »
« C’est tout », le reste on l’a déjà fait bien avant.
Elle a baissé les yeux et enfilé son pull.
« Va surveiller l’eau, quand ça bout tu mets le riz:2 verres. 15 minutes»

Le bleu s’assombrissait. Moi aussi dans mon tee shirt j’avais froid.
J’ai regardé derrière, à 0 degré. La polaire était déjà là.
J’ai coincé la barre.
Dans le salon, il y avait une armoire, et dans l’armoire, un sextant.
Ma montre, elle est calé sur une horloge atomique.
J’ai pris le sextant.
Je me suis assis sur le toit du Catalina, j’ai réglé.
Latitude : facile 25,10
Longitude, j’ai sorti le tel, l’heure. Et la calculatrice. Polaris disait -80 à peut près
On était a Key Largo, d’après mes calculs et la carte du salon.
Un quart du trajet. Ça allait plus vite que prévu.

« c’est cuit »
J’ai recoincé la barre, rangé le sextant, et suis allé réveillé mon bébé.
Cécilia faisait la gueule.
Pas dis quelle n’était venu que pour écrire.
Je lui ai fait une bise dans le cou.
A coté du sextant, dans l’armoire, il y avait d’autres cartes, avec les déclinaisons, et un ampli pour ipod.
Mais pas d’ipod. J’ai fouillé.
Sous la table, il avait glissé.
J’ai cherché des piles.
J’ai trouvé. Les gens sont tous pareils, ils cachent leurs objets juste la ou on les cherche, il n’y a que Poe, et mon Aston, pour déroger.
J’ai remis en marche le truc. Connard : sur l’ipod : Madonna, Rhianna, Loana, des femmes en « A ».
J’ai mis Madonna, je déteste mais son ex est un génie alors.
« Like a virgin »
Like, c’est sûr. Virgin…
Julia est venu s’installer. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu de regard de haine aussi 7.62.
On (j’ai) servi le riz.
Il y avait une bouteille de vin français, dans le mini frigo
Pas d’ouvre bouteille.
Je suis ressorti, regardé les autres étoiles, j’ai cassé net le goulot sur l’accastillage du Catalina.
On a bu.
Et mangé le riz au ketchup.
Après, j’ai recollé Ceci lia à la barre : « toujours 195, à l’œil, c’est huit heure avant Key West »

A Key West, quelques années avant, j’y ai vu le plus beau concert de ma vie. Clapton, avec Derek and the Dominos: Le morceau : « Keys to the highway ». Comment prendre le large sur une île grande comme un petit doigt ? Il n’y a pas de highway, rien. Flagger avenue, c’est tout, comme la « diagonal » à Barcelone.
Deux trois bars, un marchant d’article de pèche, un starbuck, une supérette : la fille était belle, endormie sur sa caisse.
Mais le concert…
Winter l’a fait, « key to the highway » les Stones aussi, ça ne m’étonnerait pas que les Guns s’y soient amusés. Little Big Bronzy, Keith Ritchards, robert Cray, Jeff Beck….
Le concert, de la magie.
c’est con de ne plus avoir que Key West comme balise pour changer de cap.

I got the key to the highway,
Billed out and bound to go.
I’m gonna leave here running;
Walking is most too slow.

I’m going back to the border
Woman, where I’m better known.
You know you haven’t done nothing,
Drove a good man away from home.

When the moon peeks over the mountains
I’ll be on my way.
I’m gonna roam this old highway
Until the break of day.

Oh give me one, one more kiss mama
Just before I go,
‘Cause when I leave this time you know I,
I won’t be back no more.

Key West, tout compris, en long, ça fait 4 miles. Avec l’Aston, j’ai fait trois fois le tour avant la fin de la chanson.

J’ai récité.
J’étais seul, à la barre, les filles traînaient en bas.

J’ai repris le sextant.
24,80°
Longitude pas moyen d’être plus précis toujours -80, et j’en avait marre des calculs, des sinus, des équations
Islamadora, à l’oeuil . Bon dieu qu’il allait vite le Catalina.
Je suis redescendu. Les filles étaient enlacées, dans Thésée.
J’ai ressorti le sac de coke, et me suis fait un rail : Rien.
Alors, j’ai pris une des seringues, me suis fait mon mix, et j’ai piqué. Ça a explosé la. Je pouvais garder le bateau.
J’ai tourné la tête, en gardant le cap.
Alderamin, Errai.
J’ai quitté Cephée, pour le Cygne.
Le cygne c’est une merveille.
La tète, c’est Deneb ( la queue donc) puis Giena, et au fond Albireo. Et la voie lactée.
En mer le ciel est clair.
Pourquoi la tête c’est la queue ?
J’ai boogé encore un peu : Altair, juste en dessous. L’aigle
Les trois belles de l’été. Tu parles. Ca dépend où et quand, on est. 24,80°. J’ai refais les mesures, on descendait encore. Après Key West, il fallait changer de cap, sinon le pacifique à mourir.
La coke ne suffisait plus.
Je suis allé chercher Cecilia.
« Tu as compris le quart, c’est ton tour, moi je me couche »
« Tu veux pas te coucher avec moi ? »
« Merde non ! On écrira, c’est tout »
Elle s’est frottée, je l’ai poussé
« Va la haut et garde le cap : 195, il ne reste que quelque heures, après on tourne »
Elle s’est frotté plus fort
« Me fait pas chier, jamais j’aurai du t’attendre »
« Tu viens écrire, ou coucher ? »
Elle s’est relevé.
« Les deux mec, les deux ».
« ben je t’ai dit 
Je te prends pour écrire, je suis amoureux, tu pige ça ? 
Elle dort à coté, j’y tiens

« Avant tu n’étais pas comme ça ».
« Je ne suis pas différend »
J’ai pas envie de faire du mal c’est tout »
Elle s’est relevé, elle a posé son pull, son soutien gorge, baissé son jean, et tombé sa culotte. Elle m’a embrassé. Elle m’a caressé. Je n’ai plus su quoi faire.
J’ai laissé mes mains courir sur elle.
Putain d’ipod avec du Madonna.
J’ai invoqué hendrix
De toute façon, j’étais juste en descente, l’acide, c’est bien douze heures, ça faisait six
Elles s’est posée sur moi.
On était au dessus du sol.
On volait, on respirait le bleu noir de la nuit, et chaque étoile entrait et faisait tout exploser.
J’ai pas envie de raconter la suite.
J’ai repris le cap.
On avait bougé, 190, je n’avais plus la longitude.
Des années avant, un jour en mer, j’ai attrapé mon amante, dans la petite mer d’Europe le « maditairané », je pense. Cabine avant, vagues, câlin. Quand on est ressorti, la fille du skipper sifflait une chanson française «  Elle préfère l’amour en mer ».
J’ai pris de la crème anti soleil, et je lui ai dessiné un lapin sur le dos, à la gamine.
Le lendemain, elle avait des coup de soleil partout, sauf sur le lapin.
Et on était coincé. L’ancre était indécrochable, aux « balarbe », je ne sais pas le dire des îles la bas, dans la petite mer.
J’ai pris un masque, et j’ai plongé, en suivant la chaîne.
8 mètres, 10 mètres, 12 mètres, 15 mètres, 18 mètres, 20 mètres, 22 mètres, 25.
Plus de souffle rien mais l’ancre était la, bloquée. J’ai tiré : rien. Alors, j’ai doucement manipulé, elle s’est décoincé des roches, Et je suis remonté. Pas mort. Le skipper a rembobiné. On est parti.
Je ne sais pas quand je vais mourir, mais ça, c’est limite.

J’ai repris le sextant, et mon téléphone.
Plantation key
Encore un peut au sud, et toujours vers -80 en longitude.
Pas de lune. Ciel de plus en plus noir. Tant mieux, elle arrivait mes copines
Sheliat et Sulafat
Alkaid, Alioth, Mizar Merek…
J’aime bien que la première étoile de la grande ourse s’appelle Alkaid.

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