Cuba chap13

Avant la Sicile et Julia, j’avais quelques dollars d’héritage. Une cousine, qui ne m’avait pas oublié.
Cancer du colon. Elle suivait un protocole. Le genre de truc qui te tue en te faisant croire que tu vis.
Elle le savait, qu’elle allait crever, alors elle avait dispatché ses actions, ses options. J’aime les gens qui, avant de mourir, ouvrent un tableur, mettents les noms, leur affection, des pourcentages, et arrivent à des nombres.
Moi, ça faisait 47 222 dollars (c’est ce que le courrier disait), largement de quoi quitter mon squat, mon appart. En fait j’aime les gens tout court, et je donne, mais la, c’était bienvenue ce fric. Mais à quel nom ? Le mien était grillé , j’avais largué un passeport pour la junkie : je n’en avais plus que quatre. Et aucun d’hautentique.
Le téléphone a vibré.
Impossible, un prépayé, personne n’avait le numéro.
J’ai décroché.
« Salut, je suis une amie de Franck ».
« ??? »
« Cecilia. »
« Cecilia ? »
C’est revenu .

Un « Canon » comme on disait au MIT. Les vendredis, des pipes, à tours de lèvres. Je n’ai jamais joué a ce truc. Mais je l’aimais bien Cécilia. Et pas ma queue. Son front, et un baiser.
Blonde vraie, j’ai vérifié, douce et perdue.
« Quoi ? »
« J’en ai marre, je veux écrire »
« Ben on est deux mais la, je promène un chien , je suis amoureux, et je ne taille pas de pipes. Enfin, pas encore. Tu es où ? »
Elle a raccroché.
Bon dieu Miami s ‘éloignait, et Cuba encore plus.
Le chien.
Cécilia en vrac.
L’autre Cécilia pire.
La femme de ma vie.
Les caissières.
Le chien l’Aston Martin avec 5 milliards, un bateau à voler.
J’ai recomposé le numéro.
« Cécilia ? Je suis en bas d’Amélia street, viens. »
« T’es con ? Je suis à Kilkenny, au fond de l’Irlande, je ne risque pas d’être la dans les 5 minutes »
« On t’attends : tu veux écrire, tu viens. 
Mais j’ai ma nana, et je suis amoureux, pas de plan foireux. »
« Même… » « NON ! Pas de même, tu viens écrire, c’est tout ! »
J’ai raccroché.
J’ai respiré.

Sur Amélia street, j’avais bousculé un gros riche, et piqué son porte feuille. Tout à la poubelle sauf les dollars.

J’ai trainé mon Diego, et je suis allé dans un bar, Wi-fi.
J’ai rechargé le tel. En fait, je suis allé un mile plus loin, et j’ai baratiné, et volé un tel haut de gamme. Carte sim, google. Ca roulait.

Petit, je sifflais dans les téléphones. Ils y croyaient les téléphones.: bonne fréquence, et je ne payais pas mes appels.Blue box après.

J’ai relu le courrier qui trainait dans ma poche. Il fallait monter à Topeka, au nord.

Avant Julia , au lieu de travailler, je me promenais.

J’avais pris un billet, avec un passeport Joe Down, pour l’Europe. Arrêt à Copenhague
Du fric. Un hôtel 3 étoiles.
Et des histoires. Nikita, ou Zoé.
J’ai traversé la France à pieds
Pour Barcelone.
3 mois.

A Barcelone, je suis allé dans un bar à putes, Madre levito.
Je n’aime pas l’idée de « putes » ( et quand je dis « je n’aime pas », c’est pour rester poli), mais c’est dans ce genre de bar que personne, un fois bu ton verre, ne t’emmerde.
J’ai pris une bière. C’était du Tarantino (de la pisse quoi) J’ai raconté l’histoire au barman. Il n’a pas rit.
J’ai fini la 86.
Je me suis levé.
Diego a compris qu’on partait, il m’a sauté dessus.
On a traîné en descendant les Ramblas.
Dans les oreilles, Jean Leloup, le Canadien.
Nul. Il pas trouvé les ecstasy : c’était si simple : la troisième à gauche : en face du mercato de la Boqueria.
Je n’ai pas pris la troisième à gauche.
Je suis rentré dans le marché.

Enfin, j’ai essayé.

C’est devenu un lipogramme. Sans « Je ».
Le marché était plein, ça sentait la viande, le poisson, les fleurs, les épices, et la sueur.
Tout les vendeurs criaient.
C’était humide et chaud, par endroit étouffant.
Les clients s’excusaient de se cogner.
Le safran brillait.
Les thons aussi, les bonites, et la viande, entre les poivrons, les aubergines, les courgettes, les haricots les pois chiche le
Lambrusco ( pourquoi du Lambrusco en Espagne?)

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