CUBA Chap 2 ( il faut toujours s’entrainer)

Dégagez ! Dégagez !

J’ai pris Julia par les épaules.
Des flics.
Ca sentait, ça se sentait, et ils avaient l’air d’être de (très) mauvaise humeur.
Je l’ai tiré, par les bras. Elle s’est laissé traîner, râpée sur le béton et les escaliers.
Elle n’avait plus qu’un escarpin, l’autre, disparu, pieds nus du coup.
Trop de fumée : putain de grenades.
Une porte : « EXIT »: comme dans un film.
On est passé, je l’ai porté, 3 étages vers les sous sols, parking. Sans bateau, ni Lincoln.
Mais un baiser, dans le sang des éraflures.

CUBA.

« On ira chéri ? ».
« On y va ! ».

Porte bleu. Coup de pied. Plus de porte.
Gardien ? Un Oeuil noir de Julia : Plus de gardien.
Câbles arrachés, pas de jus pas d’IP (192.168.0.1 fini et les autres aussi) tout droit devant.

Trois nuits avant, j’avais retrouvé une ancienne amante.
Pizza, vin italien (Chianti pourri, mais,bon.) et après midi de sexe.
Elle a beaucoup parlé, mais j’étais dans mon truc, alors…
Juste : « Picasso a dit : j’ai plus de rouge, alors, je prends du bleu ». Un mauvais jeu de mot, à mon goût, serait l’inverse : « j’ai des bleus, alors je prends du rouge ». Ma dernière psy n’a pas aimé, mais je lui ai pris la main : 5 secondes chrono, ses deux mains. Six mois que j’y pensais.
Pourquoi parler ?
37° parfois, ça dit tout. Elle a entendu ? N’importe, j’ai toujours dix kilos de moins sur l’âme.

Une fille extra, qui en avait déjà croisé bien, des salopards comme moi, mais qu’importe, aux premiers regards, quoi qu’en disent les psychiatres., les barrés, classés « maniaco-dépressif » repèrent, s’ils évitent de se laisser abrutir.
Je sais lire l’amour ?
C’est con : ça tombe comme des pierres, forcé d’en prendre au moins une sur la tête.
Et la, des coup sur la tête, il y en avait déjà trop. Cinquante au moins, aux urgences., le reste chez les flics.
Le sang partout, c’est le bordel, ça salit, et un plaisantin dans mon genre ne sait pas bien laver. Savon, eau froide, pas bouillir. Ou aller voler encore, de nouveaux jeans ?

A Atlanta, j’avais un pote. Vigile.
Il voyait bien que j’avais les poches peines de lubrifiant vaginal quand je sortais en payant juste mon litre de lait fermenté, et il ne disait rien ( ça vaut cher, ces trucs ( les lubrifiants, le lait c’est 1,45$)), mais, il me demandait en douce, à la porte coulissante, ce que j’avais acheté, et combien ça coûtait.
J’ai toujours eu les nombres en têtes, alors, je lui disait où quoi, comment combien.

Un soir, il a pris une balle : pas de bol, elle n’était pas pour lui, il était simplement dans l’axe d’un con : dans l’axe, c’est radical.
C’est le bijoutier d’en face qui devait prendre.
Et c’est moi qui ai pris : un collier torsadé, en or, 3500$, pour Julia, dans la vitrine explosée.
Et j’ai couru, avec mon litre de lait, et mes dix paquets de lubrifiants, avant que les sirènes ne bloquent tout le quartier.

Le plan Lincoln, c’était un peu grâce à lui. Son patron en avait une, il savait faire, il m’a appris, contre deux verres. Facile.

Le collier torsadé elle s’en fout, c’est deux cent grammes d’or. Elle préférerai un chalumeau, pour en faire un lingot. Mal barré.

Le seul truc qu’elle porte, c’est un petit bracelet de pierre bleues. Les gens disent turquoise, mais pour moi, turquoise, c’est bien plus lumineux. Tu éteins la lumière, et le « turquoise » éclaire tout, même les porte-jarretelles, pas les pierres, toujours.

Sauf que :
J’ai pas un dollars, toutes les Lincoln que j’ai volé sont en cendre. Julia dors par terre, et je ne suis pas à Cuba. Et j’ai soif. Et je ne tiens pas assez à la vie pour craindre la mort ( j’aime les français, et Dumas)

Mon premier plan pour Cuba a foiré. l’autre évadé s’est pendu. Et après, il a juste fallu changer de ligne, j’ai jeté mon portable : sa mère était folle. Téléphones insensés, à toute heure, j’étais fatigué.
Alors juste de l’amour, peut-être que c’est plus simple ?

CUBA.

Réveil en sang. Julia ronronne. Un baiser, un calin. Je vais à la poste, réclamer mes annuaires papier, pour leur faire bouffer un par un, à ces cons, en récitant: Yeats, Chaucer, Tennyson, on peut même changer de pays, et là, il va y avoir du monde.

Sur le chemin, un magasin. Café en poudre pour ma belle, lait encore, et toujours Jack Daniels : depuis que je n’ai plus de coke, difficile de se réveiller quand on est toujours éveillé.
La serveuse m’a jeté un regard louche, et vérifié mon billet. C’est passé, j’ai toujours su imprimer des faux, mais c’est quand même la chaise électrique, au Texas. Des vrai je n’en ai plus depuis longtemps.
J’ai bu au goulot, et je suis rentré, au parking.
J’ai pris de l’eau dans un bidon des poubelles, au distributeur du service santé juste à côté, deux gobelets, je suis sorti. Devant toujours le noir. Comme la veille, ou comme dans ma tête ? Pourtant, c’était tôt.
Devant : annexe du service de santé de Dallas. Une main dans les cheveux, et
« Bonjour Madame, je peux faire chauffer l’eau ici ? »
« Non ».
« Ben je pisse sur le comptoir alors. C’est autorisé ? ».
« Non plus, et monsieur, encore un mot et »
« Et quoi connasse, tu appelles les flics ? Je veux juste un peu d’eau chaude ».
« Donnez votre bidon, le micro onde est la, et partez vite après, parce que oui, je vais devoir appeler ».
J’ai filé avec mon eau, et j’ai fait ce que j’ai pu pour Julia.
Les parking, c’est froid, et elle est pas très équipée physiquement, surtout pieds nus
Après le café, elle me demande si mon frère ne peut vraiment rien faire. Non, ce con peut faire, il ne veut pas faire.
CUBA
« Mais tu me dira un jour » ?
« Quand on y sera, donne moi une gorgée de café, non laisse faire, juste ta main ».
De toute façon, ce café était imbuvable, mais il avais remis ma Julia pieds nus capable de se relever du béton, et de n’être plus une sorte de cadavre place 611-B.
On pouvait repartir.
« Ne bouge pas »
Je suis ressorti du parking, et j’ai rodé un peu.
Deux miles plus loin, un souk. Un arabe intelligent ( pas question de lui fourguer mes faux billets), des chaussures, 37 : la bonne taille. J’ai fait semblant de négocier le prix d’une paire d’escarpin, en en mettant une autre dans ma culotte, et je suis parti. En courant. Julia aura de quoi marcher.
Sur le retour vers mon amour, le téléphone a vibré.
« Bonjour, ici le commissariat du Comté de Perry, Alabama , vous êtes bien…»
« Bonjour, bien sur, que souhaitez vous »
« Il y a 3 mois, vous étiez chez nous pour… disons… »
« Passez les détails, s’il vous plaît »
« Bien, nous avons un chapeau et 250$ d’argent liquide, à votre nom, et je voulais savoir si vous pensiez …»
« Bien sur monsieur, mais je n’ai pas encore eu le temps, et quelques soucis, gardez le tout, je passerai dès que je peux, au revoir ».
250$ et mon chapeau. Mais à Atlanta ? De toute façon, c’était sur la route, pour Cuba.

A Atlanta, il y a trois choses a retenir dont deux à mourir de rire, .
Dans l’ordre :
Une nuit au commissariat pour état d’ivresse sur la voie publique.
Une école de jeune fille, catholique méthodique.
Et juste en face, un bordel, elles n’ont qu’a changer de trottoir apparemment. « Walk on the wild side ».
Choisissez ce qui vous fait rire.

Je suis rentré retrouver Julia ( un jour je saurais dire « rrrulia » )

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