CUBA chap1. ( Il faut bien s’entraîner) voir notes ( quand je les mettrais)

– Il ne reste que les places 14a et 14b, mais c’est en première…
J’ai regardé la fille.
Mignonne Pas trop grande, blonde. Chignon, faux costard, mais bon.
Bas résille et minijupe, chapeau cucul : l’hôtesse de l’air standard quand même, les frères Simoni ont encore le sens du décorum.
Je suis descendu du jet, plus vite que Julia.
Puis allé sur un bord du terrain de ce vol mafieux.
J’ai descendu ma braguette, et j’ai pissé en visant bien les bandes blanches. Sous la lune, les gouttes ressemblaient à des étoiles filantes.
4 yeux me regardaient.
2 écureuils, surpris. Mais qu’est ce qu’ils foutent encore là ?
Havana, c’est plus cool non ?
J’ai même pas refermé la braguette, et je suis retourné en titubant à la salle d’attente n°4
Plus aucune idée d’où était Julia : je titube trop vite.
Une main dans la poche arrière : le flask 6 oz en argent qu’on m’avait offert pour mes 20 ans avait disparu, mais surtout, surtout, ce qu’il y avait dedans, enfin, à ce moment.
A cette heure, difficile de rester à niveau.
Il y avait un duty free encore ouvert, avec une drôle de fille, moitié blonde, moitié maquillage, avec un cul d’éléphant, mais j’aime les éléphants.
– Ça la, s’il vous plaît.
J’ai vu son cul d’éléphant pivoter dans la lumière du néon au dessus du comptoir.
Elle a pris un escabeau, le Jack était en haut, moi en bas. Sa mini jupe s’est assez relevé pour découvrir une culotte blanche aussi belle que des défenses.
Bon dieu, si les éléphants portent ce genre de culotte, je vais prier pour qu’on les bute.
En revenant, ses tongs faisaient « chlic » sur le carrelage immonde.
Ongles de pieds vernis de l’an dernier, du noir qui craquelait.
– 9,85 $.
J’ai récupéré un sac de carton et ma bouteille, j’ai donné 10$ en disant – gardez le reste, et je suis allé me vautrer plus loin, sur 2 banquettes bleues.
A droite une fille révisait un truc de biologie, mini-jupe rayée, lunette de myope et sac à dos haut de gamme.
A gauche, un papy, les yeux dans le vide, appuyé sur sa canne sculptée. A regarder le ciel ? Ou ma pisse qui s’était envolée ?
Julia m’a retrouvé, et réveillé.
– Bon mec, on ira demain .
– Cuba, c’est toujours demain ! Raz le cul !
Elle a pris ma bouteille du sac et bu une gorgée, vérifiant gauche et droite. Les cops, il faut faire gaffe au Texas. 
Elle m’a rendu la bouteille et pris la main.
– On n’a pas un dollar. Sans ce plan avion Simoni, pas possible.
– T’as bien vendu la Lincoln non ?
– Elle était pas à moi. Si on est pas barré d’ici demain, c’est en taule qu’on va cuver chérie.
– On n’a qu’a en voler une autre ?
Mais c’est quoi ? Ton truc, avec Cuba ?
Julia est un bijou.
Du haut en bas et «  Top of my head down to the bottom of my cowboy shoes ».

Châtain clair, deux trois mèches vertes, mi-long, des oreilles belles comme des coquillages du pacifique, toujours deux écouteurs, avec MC5 à fond dedans, ou encore plus hard.
Un grand front, lisse et toujours étonné.
D’immenses yeux noirs qui brillent (même sans coke).
Un rimmel nickel.
Des lèvres à faire rêver l’humanité entière.
Un long (très) cou.
Des mains qu’on couperait pour les garder.
Après, c’est du détail : 85C, 65, 90.
Et des fringues de poubelles (forcément, six mois que c’est moi qui les pique pour elle).
Un bijou.
Mais surtout de l’amour. Tant d’amour.
Et partout depuis deux ans avec moi : mes galères, mes piaules pas payées, mon lit mes draps mes bras mon sexe.
Un jour elle a même cassé un talon aiguille sur la tronche d’un clodo qui essayait de me bloquer, dans cette impasse de merde, à Atlanta.
Il est pas mort mais ça aurai pu. C’est mon frère qui a arrangé le coup, mais il ne veut plus me voir depuis, connard crane rasé de cops de la FDA respectueux de la famille et de la loi mon cul oui.
Alors oui, je l’amène à Cuba, Julia.
Mais là, elle suit, sans savoir pourquoi, juste avec moi.
Plus rien à faire de tout ces plans foireux.
Plus de paris truqués, d’informatique de hacker, plus de peinture, plus de call girls, plus de vieux cons, plus de fric, plus d’hp, plus de dope, plus de psy, plus rien.
Hemingway, c’est tout. Et une machine. Et du papier.
Je me suis fait braqué l’ordinateur, mais une Underwood, c’est possible. En plus c’est sur une mini que j’ai appris à taper, et si elle n’avait pas rendu l’âme, je l’aurai gardé, jusqu’à ce putain de cambriolage.
C’est la bas que j’arriverais peut-être à écrire.
Avec google map, j’ai même déjà trouvé un quartier qui me plairait. Tout à porté de jambes, et tant de personnages à peine floutés, d’événements, qu’il n’y aurait qu’à décrire, ce serait déjà barré.
Et pour les Mojitos, je sais faire, mais je suis si souvent fauché, ou bourré, que je préférerais un barman, et des dollars.
Elle dit oui, Julia, à tout, sans savoir, elle ouvre ses yeux, et m’embrasse.
– Ce que tu veux mon chéri.
Je fond.
Le pépé s’est levé, et la fille biologiste avec : le comptoir les appelait.
On était cool, sur quatre places, du coup. On s’est étendu plus à l’aise.
Mais Cuba ?
– Chéri ?
Et si on volait un bateau, pour changer des Lincoln ?
– De Round Rock à la Havane ?
Déjà Round rock – Miami, c’est 20 heures en voiture.
– File moi ta bouteille, enfin, pose la et embrasse moi.
Je fond d’avance.
On s’est embrassé. Le truc de l’amour, c’est que quel que soit l’état, et même, si comme ces poètes Français, François même, on se flingue, on est bien.
Après, elle s’est juste enroulé contre moi : plus de cops, de vigiles, et la banquette juste à nous.
Bon dieu que Julia elle sent bon, même dans un hall, et qu’elle est douce.
– T’es con chérie, on fait du stop jusqu’à Miami, et de là, on traverse ?
– Une heure d’avion ? A Miami, je suis fiché. Et en bateau 5 jours  ?
– 5 jours de câlins, t’es contre ? Et c’est pas 5, on s’en fout, c’est juste nous, il n’y a pas de temps.
– Viens .
J’ai fini la bouteille, je suis retourné au duty free, refourgué un autre faux billet, gentiment laissé la monnaie. Elle m’a repris la main.
Vingts minutes à pied, sur la 35, Austin, derrière, puait toujours. L’essence, le gazole, la fumée, la mort, je ne sais plus, mais ça puait sûr.
Un chauffeur hilare, nous a ramassé, a monté le son, et nous a posé en ville, avec le beau sourire des édentés.
On est allé mangé un tacos au Tio Dan Duffy. Le patron nous a filé 2 adresses : un hôtel, et un squat : je tenais encore assez debout, alors, on a pris le squat.
Les squats j’ai peur. Un jour, un couteau m’y a laissé une sale cicatrice, pour rien.
Là, j’étais remonté, et j’avais Julia à protéger. Rien à foutre : juste-elle, et Cuba .
Rue noire, porte noire. Nuit noire. Il y avait bien une étoile, mais je n’ai jamais retenu tous leur noms. (Sûrement Vénus, mon frère m’a appris autrefois qu’à cette heure là, c’est la seule à briller autant, et dans les hp, j’ai vérifié : rien d’autre à faire).
Lumière douce et reggae. Steel Pulse : ok cool.
On est rentré. Pas un mouvement, même le batteur n’a pas bougé d’un pouce.
Si : le chanteur nous à passé un pétard, et repris son micro avec un joli mouvement de dread et un autre sourire.
Un jour, je compterais les sourires, ils n’y en a pas beaucoup, je devrais y arriver.
On s’est assis, par terre, pas loin des retours d’amplis. Le squat tremblait, Julia tremblait, mais elle était contre moi, donc tout allait.
Une black minuscule s’est pointée, avec une couverture, un sourire. Robe à fleurs pastel, avec un « Anarchie » au marqueur dessus. Elle à dit
– Le dernier matelas libre qui reste, il est là .
On a fait tourner le pétard, écouté « Handsworth révolution » : version Texas ça pulse, presque fini la bouteille, et on s’est effondré.

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