Le Battement d’ailes du papillon

6 heures 35.

Première cigarette. Par la fenêtre ouverte, je regarde. Un passant. Sa marche plutôt rapide est inégale : fréquents ralentissements, arrêts, ponctués de regard vers l’arrière. Il doit promener son chien. Entre les arbres de ma rue, pourtant, je n’aperçois pas l’animal. L’homme se dirige maintenant, décidé, vers le centre du trottoir. Il sort de sa poche un gant, s’accroupit. Il doit ramasser une crotte ? Reprise de sa route sinueuse. Il est loin maintenant, jette le gant dans une poubelle, accélère, mains dans les poches et col relevé, fini par disparaître.
Ma cigarette devenue mégot, je m’apprête à me renfermer. Un tourbillon blanc m’incite à regarder, encore un peu. Queue-de-setteriforme, le tourbillon folâtre, puis s’immobilise, au milieu du trottoir. Son propriétaire renifle, truffe humide sur goudron humide, puis, après quelques tours sur lui-même, s’installe et pose. Rien n’a changé, excepté le gant dans la poubelle.

J’ai peur d’être en défaut de conclusion définitive, mais demain, à 6 heures 34, je descendrai ôter la crotte nouvelle, histoire de perturber le temps qui passe.

Un commentaire sur “Le Battement d’ailes du papillon

  1. Ah, les setters ! j’en ai eu un. Un setter anglais presque tout blanc.
    A moi aussi il m’a fait le coup du gant.
    Sur une plage naturiste. J’avais l’air fin, les fois suivantes, a poil avec ma boite de kleenexs et mon petit sac en plastique.
    J’adore ces chiens.

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