S’entraîner à l’oxymore: la méthode.

L’oxymore est un art difficile. Après le « ah ouais… » prononcé mi-sceptique, et mi-dubitatif, suivant la lecture du modèle incontournable « Cette obscure clarté qui tombe des étoiles… », l’apprenti poète, inexorablement, va tenter « cette ombre lumineuse qui monte aux étoiles… » puis biffer et poser son stylo.
Aujourd’hui, grâce à Photoshop, une méthode est infaillible :
Soit par exemple, une œuvre d’art bien connue, en français moderne : « piquenique » (enfin, depuis la réforme de 1990, avant, c’était « pique-nique », avant encore « picnic », et Littré qui propose déjà « piquenique », puisque ce terme est d’étymologie anglaise, et ne provient pas d’un absurde « piquer la nique » aurait préfèré « pikenike »).
Édouard_Manet_-_Le_Déjeuner_sur_l'herbe

Un nouveau titre possible :«  Nègres batifolant dans la neige » n’est pas à proprement parler un oxymore, encore que le sens commun puisse s’en trouver heurté.
Mais voila à votre disposition des dizaines de demi-alexandrins.
« Ce tendre airain de chair… »
« Leurs yeux noirs albinos… »

Ps : Avec Van Dongen, c’est plus difficile.

fernande-olivier

Quand à Van Gogh, cela n’a plus aucun sens.

chambre_arles

Tentez le Douanier Rousseau, ou un classique, ou mieux, un primitif flamand.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Post Navigation

Clef two-factor authentication