Monthly Archives: mars 2017

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Pologne éternelle. Hommage III. Autant que certains lisent ( moi le premier, même si traduttore traditore)

Le Ciel et la Terre

« Sois réel ! – Tu rêves toujours le ciel,
Imminente la tombe par des influx incessants
Elle convoite tes os et tes cendres !
– Oh oui ! Pourtant où qu’il soit
L’homme voit plus de ciel
Que de terre…

Le même

Pologne éternelle. Hommage II. (J’ai déjà pas beaucoup de lecteur…)

Niebo i Ziemia

« Rzeczywistym badz ! Co ? Ci sie wciaz o niebie troi,
Podczas gdy grob, pradami nieustannemi,
Kosci twoich, prochow twych pozada !
– Och ! Tak, wszelako, gdziekolwiek czlowiek stoi,
O wielekroc wiecej niebos oglada,
Nizeli ziemi… »

Cyprian-Kamil NORWID (1821- 1883)

Pologne éternelle. Hommage 1.

Incertitude

Quand je ne te vois pas, je ne soupire pas, je ne pleure pas.
Je ne perds pas mes esprits quand je t’aperçois ;
Pourtant, quand je ne t’ai pas regardée depuis un moment,
Quelque chose me manque, quelqu’un m’est nécessaire ;
Et me languissant, je me pose la question :
Est-ce de l’affection ? Est-ce de l’amour ?
Quand tu disparais de ma vue, je ne peux pas
Dans mon esprit faire surgir ton image.
Pourtant, je ressens plus d’une fois malgré moi,
Qu’elle est tout près de ma mémoire.
Et à nouveau je me répète la question :
Est-ce de l’amitié ? Est-ce de l’amour ?
Quand tu poses ta main sur ma main,
Quelque part une paix m’envahit.
Il se peut que par un rêve léger je finisse ma vie,
Ou me ramènent à la vie les battements de mon cœur,
Qui me posent bien fort cette question :
Est-ce de l’amitié ? Est-ce aussi de l’amour ?
Quand j’ai composé cette chansonnette pour toi,
L’esprit poétique n’a pas guidé mes lèvres :
Plein d’étonnement, je n’ai pas moi-même réalisé
D’où sont venues les pensées pour ces rimes ;
Et j’ai écrit à la fin cette question :
Qu’est-ce qui m’a inspiré ? L’amitié ou l’amour ?

Adam MICKIEWICZ (1798-1855)

CHAP 28 ( Fin d’entrainement)

« Walk on the walk side. »
C’est pas vraiment de ça dont parle Lou reed, mais j’y étais presque « on the walk side »,
« Sors des sentiers battus, ça faisait longtemps. ET « Walk » depuis toujours.
Forcément, je rêve.

35 miles de la cote.

C’était presque fini.

Cabine avant.
Elles étaient encore enlacées. Rien à faire ici, sauf à les regarder, si enlacée qu’elles ne faisaient plus qu’une.
Je me suis assis sur le bord encore libre de la double couchette.

Dehors. Le câble vibrait encore, avec plus loin, sourd, le grondement de notre remorqueur de fortune.
L’acide ca donne ça comme grondement: « conndnd çq hc udwchc ».

En remontant, je me suis allongé à nouveau sur le roof, enroulé dans la couverture mitée.
Le soleil sortait de l’horizon.
J’ai tendu la main vers vénus et j’ai décollé.
Le câble s’est mis à siffler, découpant net les crêtes.L’écume crépitait en rythme.
J’ai bondi, en jetant la couverture, et me suis accroché au mat.
Le cargo virait.

Je voyais encore tous les phares malgré l’aube, sauf celui de la Havane, caché par la coque rougeoyante de l’énorme masse rouillée devant mon voilier.
Donc il s’était détourné la ou j’allais.
Adieu les trop, adieu le vol de caisse. Dans 2 heures, on serait arrivé, et dans 3, amarrés.

A cuba.

CHAP 27

J’ai repris le walkman.
Dring. Non. Avec l’acide de toute façon je n’avais plus rien que le émotions, et pas mal d’ailleurs.
C’est complique de vivre avec des gens qui ne sont pas dans les étoiles, quand on est dans les étoiles.

Il y a eu des lumières.

Fond mauve, cargo géant, presque noir, câble, et des points blancs.
Je suis redescendu dans la cabine, cherché dans le buffet.
J’ai sorti la carte de Cuba.
J’ai regardé.
Je suis remonté sur le pond avec les jumelles.
Les points ils m’aveuglaient, mais quoi ?
En bas de nouveau, , j’ai cherché. Dans les tiroirs du bas, il y avait un compas.
J’ai remis mon téléphone en charge : je risquais d’en avoir besoin, et justement, il y avait un câble.
J’ai fouillé.
Le compas, ça ne suffisait pas.
Sous des liasses de papier à l’envers, sûrement des brouillons, j’ai trouvé une règle Cras.

J’ai pris une feuille de brouillon, de l’huile une éponge, et j’ai rendu la feuille transparente.
Frottée sur mon jean, elle est restée transparente, mais ne risquait plus de salir la carte.
Posée, et règle.
J’ai cherché un stylo. Buffet parfait, on trouvait tout.

Les phares, c’était Harlem, Mariel, la Havane, Matanzas, Varadéro, et la Teja.
Le plus brillant c’était forcément le plus près : Varadero.
Moins de 80 miles de la Havane, à l’ouest.
Calculs. Trigonométrie, notes.
L’acide freinait tout, mais il accélérait aussi.
Merci Cras.
23°24’N 81°24’W.
On était à l’ouest, mais vraiment plus très loin.
Je n’avais ni envie de boire, ni de fumer, ni de rien : juste de me poser écrire, et d’aimer.
A la barre, Cecilia c’était envolée.
Je suis allé voir.
Dans la cabine, les deux filles dormaient, enlacées.

J’ai repris les jumelles, réglé.
La cote se dessinait, plus noire que le noir de la nuit.
En face, Varadelo, et 10° à l’ouest, la Havane.
A El PAtriarca, à la pointe de la presqu’ile, il y avait surtout un port de plaisance, pas de voiliers sûrement, de la viande cuite et recuite sur des engins genre Bertram ou Aquasport. On pouvait, sur les quais sud y amarrer un cargo, mais pourquoi ?

Quatres miles de higway pour arriver à Valadero.
Et après bien qu’y faire ?
Je suis resté sur le pont.
J’ai attendu en rèvant, les idées.
Un Catalina, c’est du haut de gamme, mais pas vieux. Pas de pont en acajou : le plastic, c’est froid.
Je suis redescendu chercher dans la cabine et je suis remonté sur le roof.
Faut pas rêver d’accords mais ma pensée volait de notes en notes dans la nuit. Impossible de comprendre. Du trafic antiblocus ? Une autre trafic louche ?

Ca vraiment cassé : je n’aime pas comprendre.
« The Jack » D’AC/DC est reparti tout seul.

She gave me the Queen
She gave me the King
She was wheelin’ and dealin’
Just doin’ her thing
She was holdin’ a pair
But I had to try
Her Deuce was wild
But my Ace was high
But how was I to know
That she’d been dealt with before
Said she’d never had a Full House
But I should have known
>From the tattoo on her left leg
And the garter on her right
She’d have the card to bring me down
If she played it right

She’s got the Jack

Poker face was her name
Poker face was her nature
Poker straight was her game
If she knew she could get you
She play’d ’em fast
And she play’d ’em hard
She could close her eyes
And feel every card
But how was I to know
That she’d been shuffled before
Said she’d never had a Royal Flush
But I should have known
That all the cards were comin’
>From the bottom of the pack
And if I’d known what she was dealin’ out
I’d have dealt it back

She’s got the Jack
Alternative Lyrics:
The Jack (live)

Here’s a song of the record High Voltage
This one is a song about the clap
Now we call it `She’s got the Jack’
We’d like to give this one to you

Psssst
Gonorrhea, oh no, I just had my first dose
Of gonorrhea

She gave me her mind
Then she gave me her body
But it seems to me
That she gave it to anybody
But I made her cry
And I made her scream (scream for me)
[Audience screams]
I took her high
And I curdled her cream
But how was I to know that she had been there before
She told me she was a virgin
She was number nine, ninety-nine on the clinical list
And I fell in love with the dirty little bitch

She’s got the Jack
(I hate to tell you this darling)

I searched her mind
And then I searched her body
…But so did everybody
But she gave me her heart
And she gave me her soul
And a great, big – warn out
Empty hole
But how was I to know it had been filled in before
She said, « Bon, I’ve never had the urgency »
She was number nine, ninety-nine on the critical list
And I fell in love with the dirty little bitch

She’s got the Jack
(I’ll kill her)
(Oh and it hurts)

You know, I woke up one morning, and there it was on the sheets – the clap
Now I know you all call it the clap over here so what I’m gonna do
I’m gonna say « She’s got the –« , and I want you all to shout out
Just what it is she’s got, in this case it’s the clap
And if you wanna know who gave it to her, don’t look at me

She’s got the …
(I wanna hear your voices)
She’s got the … clap
She’s got the … clap
She’s got the … clap
(That guy down there, whatta you doing?)
She’s got the … clap
(Yeah, you show me)
She’s got the … clap
She’s got the … clap
(She got that too, ha?)
She’s got the … clap

Je ne connaissais personne des AC/DC
Mais il y avait des enregistrements studio.
Le vendredi, c’était «Beat club sessions. », avec Gallagher

Cuba, c’est pour les curieux. Ou les amoureux, Et. je suis les deux.

En 72, je suis allé voir Winter, au RockPAlast.
Suzie Q. LA plus belle version blues rock enregistrée (à part les autres).
Copenhague.
Susie aussi, j’étais amoureux.
Un Albinos, bourré d’héroïne et de dieu sait quelle merde, avec un guitare sans importance, il et tellement usé, mais une rage d’amour en 8 vers. Enfin 8 vers, comme il les répète, ça dure bien un quart d’heure, avec les solos.
Divin.
Il y avait trop de monde, j’étais trop jeune, j’ai même pas essayé d’approché Winter.
Il y avait un roadies,
C’est qui Susie ?
« Ben ? Elle là. »
Je l’ai remercié
Et, tu veut quelque chose mec ?
Fait gaffe en tout cas ».
Non, je veux rien,et j’y vais.
Je me suis avancé lentement vers cette minuscule brune, moitié caché derrière le rideau rouge du RockPalast.
Elle n’as pas bougée.
« Bonjour Susie »
« Dégage,ou j’appelle Johnny. »
C’était pas la première gifle de ma vie mais c’est bien celle qui m’a fait le plus mal.
Je suis parti juste avec un rêve dans la tête, et des larmes aux yeux.
Enfin, j’avais la chanson, et je ne risquais pas de l’oublier.
Divin : magique et triste.

Cuba ( j’arrête les nombres : pour les curieux, c’est le 26)

CUBA 26

MC5 à fond, c’est ça :
Bien avant les punk, c’étaient des punk.
On ne commence pas un vers avec « Motherfucker. »

Kick out the jams motherfuckers !
Yeah! I, I, I, I, I’m gonna
I’m gonna kick ’em out ! Yeah !
Well I feel pretty good
And I guess that I could get crazy now baby
Cause we all got in tune
And when the dressing room got hazy now baby
I know how you want it child
Hot, quick and tight
The girls can’t stand it
When you’re doin’ it right
Let me up on the stand
And let me kick out the jam
Yes, kick out the jams
I want to kick ’em out!
Yes I’m starting to sweat
You know my shirt’s all wet
What a feeling
In the sound that abounds
And resounds and rebounds off the ceiling
You gotta have it baby
You can’t do without
When you get that feeling
You gotta sock ’em out
Put that mike in my hand
And let me kick out the jam
Yes ! Kick out the jams
I want to kick ’em out

Le Catalina avançait au rythme du cargo. La houle me berçait.
Le 3eme acide montait, ça faisait trop, nettement trop, mais à la Havane, avec mes 4 derniers passeports, et les 250$, j’aurai ma vie. Et les deux filles : celle que j’aimais, et celle qui m’aimait.

Avec Julia, un soir, les soirs, tous les soirs, on récitait.
J’ai tout posé dans un garage, mais à l’époque, les livres, je les comptais au mètre ou la la tonne. A l’unité, je n’aurais pas eu le temps de les lire.
Poèmes : 25 mètres.
Dictionnaires 200 kg.
Fiction : ça tourne, je revend, alors je ne sais pas.
Polard idem.
Philo 15 mètres (ça m’endors, sauf Nietzsche, mais lui aussi il était fou, et amoureux)
Sciences 20 mètres.
Ecrivain ( j’enlève oliplo ( je ne sais pas bien dire)) 20 mètres.
Oliplo : non : j’ai vérifié « Oulipo », 2 rayons, et cent fichiers, autant de livres.
« Ou joue ? 
Pas de E ? »
En français ? Je ne suis pas doué mais bon .

La. Enfin : jus de fruit. On a bu. j’ai pris ( je dirais nichons, mains dans « seins » il y a un  « E » donc tant pis ; nichons pas Joli, mais pas de « e »)
Calins,
J’ai pris son amour,
J’ai pris le Jazz ( plagia)
Tard.
Pas trop
A poil
Moi aussi
L’un a
On a fait
On a vu
On a pris plaisir

J’arrete, j’ai remis un « e »

Fatigué, j’ai pris la Desdichada, et je lui ai lu.
Elle est resté scotchée. A la fin, deux heures c’est pas long, (mais que faire d’une poupée quand tu parle d’une autre poupée?)
A coté, dans le salon ou je vivais, je l’avais la Desdichada, un mannequin, habillé, avec un couteau de GI, une Kalachnikov, un billet de 1 dollars collé entre ses seins, un gilet de Sioux, et au pieds, la misère du monde :
Une fiole d’absinthe, un couple de marié, une grenade à fragmentation, une autre balle 7,62, un paquet de cigarette…et des merdes.
Elle a écouté. Elle a compris, qu’on pouvait devenir fou d’un mannequin, jusqu’à inviter des amis à dîner avec elle, après l’avoir habillé et maquillé. Qu’on pouvait s’entre tuer pour un bout de plastic, à 20 ans.
Je lui ai donné le livre.

Mon mot de passe, quand j’avais le Wi-fi, c’était un titre de Perec.

Ma mère est italienne, mon père français : alors, dans cet appartement, à NY, je n’étais pas génétiquement chez moi.

Et le mot de passe, c’était que de la poésie.

Le LSD, ça dégage, surtout trois en 12 heures.

Le cargo avançait doucement.
Je refaisait les mesures, Cassiopée était au bon endroit enfin : d’après la latitude et l’heure.
Le ronron ( cette distance, c’était du ronron) des diesels augurait la chance d’arriver
J’ai ouvert le téléphone: toujours pas de réseaux. Merde, si Martha se débrouillait, on avait 5 milliards, juste en Van Gogh  : J’aurai rhabillé ma nana comme elle voulais. Plus besoin de voler des escarpins. C’est du vol différent, mais on ne risque pas la tôle.

Cassiopée a doucement disparu.
Gamma d’abord. Enfin ,on, c’est Lambda.
Caph et Shedir étaient toujours la. Mais c’est Ruchbah que j’aime.
Alors j’ai laissé s’éteindre la nuit.

L’acide m’empêchait de vraiment dormir, Les étoiles, je n’avais qu’ à lever un bras pour y aller.
Je n’ai pas bougé. J’ai repris le sextant.
J’ai regardé la marque  « Sextant d’étude, école de bordeaux, 1957. »
Ah bon ? Il marchait bien ce truc ? Au moins le prix de dix mois d’hôtel à la Havane.
Mais je préférais encore savoir ou j’allais mourir, que de payer un endroit ou je ne voulais pas vivre.
J’ai repris, re -mesuré, enlevé les filtres.
Polaris était là.
Oui, on avait vraiment dérivé. Le cargo nous poserai ou je voulais aller.
Mais je voulais écrire seul.
J’étais amoureux.
Et une autre était amoureuse.

Va faire ça?

CUBA 25

H. c’était fini.
Je suis passé à I.
J.
K.
L.
M.
N.
O, P Q R S T U V W.
J’ai laissé tombé.
Je me suis décollé de Julia. Je suis sorti de la cabine, du salon, et prendre l’air.
Cécilia tenait toujours la barre.
Elle m’a sourit.
« Ca va ? »
« Non ».
« Viens contre moi, j’ai froid ».
Je me suis assis, pas trop près.
Elles s’est décalée, et le compas a bondi à 160.
« Fait attention ! »
Je me suis rapproché, et je l’ai remise droite.
Le Catalina est doucement revenu à 170.
Elle a posé sa tête sur mon épaule.
« J’ai froid c’est vrai ».
Je l’ai enlacé, remis son pull sur ses épaules. 
« Donne la barre. »
Elle a lâché, pris ma main, et s’est allongée sur mes genoux, contre mon ventre.
J’ai levé les yeux, regardé  le ciel.
Devant, en face, Cassiopée : Ça ne collait pas.
J’ai donné un coup de pied dans le compas, il a bougé, vite.
Putain de bateau. On allait nulle part.
Compas cassé ?
J’ai posé Cécilia, et suis descendu chercher le sextant.
Je repris les mesures. On était pas à 170° on partait vers le nord, à peut près l’inverse de ce qu’il fallait
J’ai redonné un coup de pied dans le compas, il a explosé.
J’ai repris un acide, plus la peine de ne pas planer, quand tout plane.
Et je me suis posé pour mesurer.
Le Catalina, il disait 170°, les étoile 2°
Autant dire qu’on remontait droit en Floride.
« Allo Houston, on a un problème », j’aurais dis, dans une capsule Apollo.
Julia dormais, Cécilia aussi.
Le ciel disait tout, encore fallait-il le lire.
J’ai encore repris les mesures.
De toute façon, avec l’acide, ça devenait de plus en plus compliqué de comprendre sérieusement le sextant.
2°15minutes : On remontait en Floride.
De toute façon…
Brusquement, le Catalina a bougé.
J’ai regardé sur à l’avant. On était empêtré dans un vieux bout de filet.
Je me suis accroché au pont, et j’ai plongé dans le noir.
L’eau était gelée mais si on ne bougeait pas, c’est nous qui serions gelés.
Je suis remonté, prendre un couteau, j’ai replongé, et coupé le nylon.
Au fond, un cargo illuminait : Rouge : « Rouge sur rouge, rien ne bouge, vert sur vert, tout est clair ».
Ca craignait. Vraiment.
Je suis sorti de l’eau, et j’ai cherché fébrilement, dans le salon du Catalina, une lampe torche.
Je suis remonté sur le pont, j’ai grimpé sur le mat, avec la torche.
… – – – …
« SOS »
Après, j’ai déconné.
— . .-. -.. . .-.- -.-. . .-.. ..- .. –.- ..- .. .-.. .. .-. .-
« Merde à celui qui lira. »
Encore …—…
Et encore.
Et encore.
Le cargo à tourné, il est devenu vert.
Il s’est rapproché.
Je suis descendu du mat.
Je me suis séché
J’ai attendu.
A 100 mètres, un halogène m’a aveuglé.
Le cargo a doucement ralenti.
J’ai entendu du bruit.
Ils descendaient un canot.
Bruit de moteur.D’oreille, un Mercury.
2 moteurs même, les hélices n’étaient pas synchro.
Une minute après, deux marins étaient là.
Ils on accostés, et sont montés.
« Ca va ? »
« Non, le compas est cassé, je vais à Cuba mais c’est plus le bon sens. »
Un des marins a sorti un gps.
« Vous venez d’où ?»
« Miami »
« Vous savez ou vous êtes ? »
« Dans lez choux, sinon non.
Je vais à Cuba »
« On va aussi à La Havane. Je vous tracte ? »
« Ce serait gentil ».
Il est passé à l’avant, et jeté le reste du filet que j’avais découpé.
« Je reviens ».
Les moteurs du zodiak ont grondés.
2 minutes après, il sont revenus.
Le mec a accroché un mousqueton à son câble, et à l’enrouleur.
Il est reparti vérifier qu’il était bien accroché à l’arrière du cargo.
Et plus rien.
Le Catalina a tourné doucement.
Il est revenu, a dit, « je rentre, on vous tire lentement, vous voulez pas venir dîner, ou déjeuner vu l’heure ?»
« On est trois, il y a ce qui faut, merci, on reste ».
De toute façon, les filles dormaient.
Le Saint Peter III a repris sa route, et nous derrière.
Plus de rouge, ni de vert, juste un câble qui fouettait l’eau.
J’ai remis le pull sur Cécilia.
Effectivement, Cassiopée avait repris la bonne place.
Je suis descendu dans la cabine, et j’ai remis la couverture sur Julia.
Pour un écrivain, passer son temps a couvrir de laine ses amantes, ça se posait la.
J’ai pris le walkman qui traînait par terre, j’ai remis MC5. A fond. Et je me suis couché sur le pont. On entendait par dessus les diesels du cargo.
J’ai repris le sextant : la polaire :
Bon dieu: on avait sacrément dérivé.

Cuba 24 ( c’est encore pair, il va falloir attendre 27 pour un nouveau premier)

Je suis sorti des souvenirs.
J’ai posé le Walkman, et j’ai repris Julia dans mes bras.
Le Catalina ne vibrait pas. Cecilia devait faire du bon job.
Je me suis allongé.
Je me suis relevé.
Je suis passé dans le salon.
Je suis remonté.
Effectivement Cecilia gardait l’œil rivé sur le compas, et c’était bien 170°.
J’ai fouillé dans ma poche, retrouvé le sac de coke. Il n’y en avait plus beaucoup.
J’ai ouvert les tiroirs, trouvé un couteau.
Je me suis refait un rail.
Je tiendrais debout jusqu’à Cuba.
La poudre est montée.
Moi aussi.
« Cecilia ?
Je te remplace ?»
« Va t’occuper de ta femme, j’ai rien à faire qu’à tenir ce bout de bois »
« Tu veux ? »
« Rien, je pense, ça suffit »
« Tu penses ? A quoi ?»
« A Cuba, j’arrive d’Irlande, tu me baise, je barre tu es amoureux on va écrire, à la Havane, tu crois que c’est facile ? »
J’ai baissé les yeux, et je suis redescendu dans le Catalina.
J’ai aligné ce qui restait de coke, et j’ai tout aspiré.
J’ai rejoint la cabine ou Julia dormait.
Je me suis collé contre elle.
Je l’ai enlacé.
Elle ne bougeait pas. Rien.
Décidément, la fatigue, ça plombe.

Je me suis collé au plus prêt.
Et j’ai récité.
Doucement. Pas doucement, en silence.
A. rien.
B. non plus.
C. Chopin, le cadeau 1 de Franck.
J’ai sauté à M.
Et je suis revenu à elle.
Le coeur de ma Julia battait sous ma paume, lentement.
J’ai compté : 65 max.
Elle était chaude. Je me suis collé encore plus, mais dormir et la coke, c’est plutôt incompatible.
Alors je n’ai plus bougé, et j’ai continué de compter.
E.
F.
G.
H. « En marge » : c’était parti.
J’avais rencontré Harrison quelques années avant, avec Julia.
Un drôle de ranch, dans le Minnesota. Mais je l’avais tout lu ce type, et il me fascinait.
On a frappé, il est arrivé, lentement.
« Vous voulez quoi ?»
« Parler »
« La véranda est par là, j’arrive »
On s’est posé avec Julia, au soleil.
Elle était si belle dans sa robe à fleur, et vu l’heure et la chaleur ; l’odeur devenait intéressante.
Jim est revenu, en traînant dans ses pantoufles.
« Tu veux parler de quoi .T’es journaliste ? »
« Non, lecteur, c’est tout »
Je lui ai récité le début d’un beau jour pour mourir.
Il a cligné des yeux.
Il a regardé le décolleté de Julia.
Il s’est relevé, et parti puis revenu avec du bourbon et trois verres.
« On parlera quand tu auras bu un verre, et elle aussi »
Il s’est servi, a but au goulot, et a rempli les deux autres verres.
« Julia, c’est pas son truc tu sais »
« Ben foutez le camp alors »
Julia a croisé les jambes, très haut.
Elle a pris le verre, décroisé les jambes.
Harrison regardait ailleurs du coup.
Elle a posée le verre, et recroisé les jambes.
J’ai pris le mien, j’ai cogné celui de Jim. On a avalé ensemble.
« Bon, tu veux parler de quoi ? »
« Comment tu écris ? »
« Je me pose la, et je regarde
Et je bois
Et j’ai une Underwood. Je mets les feuilles,je tape, ça sort tout seul. »

« Dalva aussi ? »
« Tout mec, tout, juste du bourbon et un couché de soleil »
Il s’est resservi, m’a resservi. Julia croisait et décroisait les jambes, son verre était sur la table.
Il s’est levé, a traîné à nouveau ses pantoufles.
Derrière, sur son buffet, il y avait une platine. Il s’est baissé. 2 minutes après il sortait un lp. Il l’a posé sur la platine, s’est rebaissé pour allumer une multiprise.
La platine a démarrée.
Chet baker.
Même Julia a sursauté.
Il a monté le son. La trompette devenait trop forte, mais d’une telle douceur.
Il s’est rassit.
« Tu connais d’où ?»
« De toujours, tes livres je ne les prête plus, je les vole et je les offre »
« Connard ».
Il a fini son deuxième bourbon.
J’ai fait pareil.
De toute façon pour parler, il en faudrait bien quatre.
J’ai tapé au hasard :
« Héraclite ?
C’est quoi la vitesse du temps ?
« Prend garde ô voyageur, la route aussi marche. » Rilke.
Ça l’a scotché le Jim, que je lui sorte ça.

Ben oui, je le connaissais par cœur.

« Tu connais Klein ? »
« Je l’ai lu, c’est tout.»
Il s’est resservit un verre.
J’ai continué.
« Rien n’est moins intéressant, sinon pour les exégètes futurs, qu’un écrivain en pleine période créatrice ».
Il s’est resservi encore un autre verre. Et a allumé une clope.
La: plus besoin d’alcool, il allait me parler.
Julia a décroisé les jambes. Il ne regardait plus.
La fumée embrumait sa véranda.
« Le temps, la moindre des choses, c’est d’être sans cesse au présent : avant c’est intouchable, après ça n’existe pas. »
Il a écrasé sa clope.
« La courbe du temps ?
Pourquoi tu parles de ça ?»
J’ai continué.
« Je vais me suicider ou mourir en essayant, pensa Walter au bord de la Tamise-à marée basse et très féminine.»
Et j’ai arrêté.
Il a repris une clope. Un autre verre ( putain, il allait vraiment plus vite que moi)
Et il a raconté.
« Ou suis-je ? Dans un canyon glacé… »
Julia, s’est collé contre moi.
« T’es où dans ce monde ? »
« Nulle part, j’invoque des symétries implicites 
Tu connais Dirac ?
Ma poésie, c’est des maths mais il ne faut pas le dire. Dirac, il a dit l’équation est belle, donc elle est juste »
« Oui, mais Dalva, j’ai rien vu de ça ? »
«Tu n’avais qu’a mieux lire 
le temps est subjectif, la chronologie aussi.
Dalva, c’est juste une poésie sur des équations».
J’ai pris la main de Julia.
J’ai dit, au hasard « 6,626 10^-34″

Il a sourit.
Il a dit « Planck, prend plutôt la réduite ; 1,054 1°^-34″. Il s’est resservit un verre.
Il m’a dit « causalité ».
Je l’ai levé ma chérie, j’ai admiré sa robe.
J’ai embrassé Jim sur le front.
Et on est parti.

Cuba pas de titre (c’est 23 au moins)

J’ai pris Julia.
Elle a cessé de pleurer.
J’ai pris le walkman de Franck.
J’ai fouillé.
Il y avait tout MC5, c’était le deal.
Il y avait le cadeau aussi. J’ai appuyé la touche « rewind ».
C’est revenu au début.
Play.
Et un autre cadeau, juste pour moi, celui là. All the stuff and more, les 2 albums: Ramones. j’ai regardé mon tee shirt.

20 ans avant, on peignait avec un pote, enfin quand je ne couchais pas avec les modèles.
A genoux, dans un petit appartement, à Providence, a 100 pieds de l’école d’art, et en face de l’école de filles.
On barbouillait en rêvant, il n’y avait pas de voisins, alors l‘ampli il les crachait a fond, les Ramones.
Le jour, on regardait les filles sortir en jupes, de l’école.
Et la nuit, peinture.
Sauf un jour, ou je suis sorti, j’ai pris un échiquier, je me suis poliment pointé
« Vous savez jouez au échecs »
« … »
« Je ne vous demande que si vous savez jouer aux échecs ? »
« Oui mais… »
« Mais rien, on fait une partie ? »
Elle a lissé sa jupe , relevé sa mèche.
« Ma maman… »
« Ta maman, tu la reverra bien assez vite, on fait un blitz ? »

Je lui ai pris la main, elle l’a lâché.
On est allé au bord de Rhode Island Hospital.
Elle suivait.
Il y avait un parc, et des tables.

Les trois quart des tables étaient occupées.
Des vieux, qui réfléchissaient, avant de pousser leur pièce.

J’ai trouvé une table libre.
J’ai ouvert l’échiquier.
« Tu veux les blancs ? »
Elle ne disait rien, elle tirait sa jupe. En baissant les yeux.
« Bon, tu prends les blancs
assis toi».

J’ai installé les pièces.
« Allez : commence »
Elle a bougé un pion.
D2-D4.
Ça commençait mal: son roi était en ligne directe.
E7-E5
Elle a pris mon pion : Forcé, c’était cadeau, mais empoisonné.
Les échecs, c’est la guerre. J’ai sorti un cheval.
Elle a bougé un autre pion.
L’autre cheval.
2 coup après, elle était mat. Ca lui allait au teint, elle était mate.
« Une autre ? »
« Non, je dois rentrer »
« Prend 5 minutes, je peins, vient voir »
Elle s’est relevée, relissé sa jupe.
J’ai remballé l’échiquier.
Quand j’ai repris sa main, elle ne l’a pas lâché.
On a doucement quitté le bord de mer, et on est retourné à l’appartement de Jean Claude.
Il était vautré, ses pinceaux renversés, et du goudron un peu partout.
J’ai serré la main de la fille.
« c’est quoi ton nom ? »
« Aurélie ».
« Viens Aurélie, je te fais un café »
On a enjambé Jean-Claude.
Elle a relissé sa jupe, si fort, que j’ai cru qu’elle allait tomber.
Dans la cuisine, je lui ai proposé une chaise, et j’ai fait le café.
Dans le salon, j‘ai remis les Ramones, à fond. Jean Claude a grogné, s’est retourné, et rendormi.
«  Tu connais les Ramones ?»
« Non »
« Tu veux autre chose ? »
« Non »
Je lui ai servi une tasse.
« Alors, les peintures, tu veux les voir ? »
« Oui »
Enfin un oui.
Je lui ai repris la main, et je l’ai emmené derrière, dans notre lieu de travail.
Des tableaux, il y en avait partout.
Ceux de Jean-Claude, les miens, 3 photos de géants, et un pick up.
Elle est resté sans voix.
Je suis repassé au salon, j’ai viré le Ramones et sorti le Velvet: la banane de Warhol.
J’ai reposé la cellule, en écartant le premier morceau. Directement sur « I’m waiting for the man »
Je suis retourné dans notre atelier. Aurélie était assise. Elle regardait, et elle ne lissait plus sa jupe.
J’ai chanté avec Lou reed. J’ai juste un peu changé les paroles.
« I’m waiting just for you. »
« J’ai pas 27 dollars dans la poche. »
Ca a sauté : « Come on baby. »
Elle a tourné la tête.Je lui ai pris le menton, et je l’ai embrassé.

22 , chap, cuba, 22 n’est pas un nombre premier, déjà il est pair…

On descendait trop vite.
J’ai repris. Dans l’ordre: ses seins, ses yeux sa bouche. Et le sextant.
A l’oeil, 70 miles avant de changer de cap.

Everybody
Love my babe

Le sextant s’est envolé, et Polaris a bougé. Trop vite.
Je suis retourné voir Cécilia. Elle ne voulais plus trop écrire, juste me reprendre.
Mais elle gardait le cap.
Bébé, je suis a l’ouest.
Non, on est au sud, et Key West, j’ai pigé, c’est dans trois heures maintenant.
« Mais ta fille elle dors , et moi je te veux. »

« Tu fais quoi sous acide ? »
J’ai coincé la barre, et j’ai enlevé son pull.
Elle a jeté le reste.
Elle sentait acre. Sûrement de deux heures avant.

J’ai encore invoqué. Road house blues, au milieu du pacifique: « Let it rool », toute la nuit.
On était grand large. Dans mes bras elle ne déconnais pas, au moins, mais pour écrire…
Le sextant s’est posé. Il est descendu : le Catalina changeait de couleurs dans la nuit.
Cécilia a gémit, puis hurlé.
« I got myself a bier 
Let it rool »
J’ai remis mon jean et le tee shirt Ramones.
Elle a repris la barre. J’ai remis le cap à 195°, stupide, ça allait nous écarter, mais le lsd, ça n’aide pas a réfléchir.
Elle l’a remise doucement à 170°.
Je l’ai rhabillé. Le string, le reste.
Elle m’a embrassé.
Je suis resté couché sur le pont.

Elle a coincé la barre.
Elle est descendu dans le Catalina.
Le vent se levait. Le bateau commençait à vibrer
Pas moyen de me relever.
La grand voile a claqué, et fait un aller.
Tout a vibré plus fort.
Cecilia est remonté, avec du café.
« Et ma coke ? »
« Dans ta poche, tu ferais mieux de dormir, ta fille elle est en bas, et elle pleure »
Elle m’a relevé.
Je suis descendu.

Oui, dans la cabine avant, Julia pleurait.
Je l’ai serré.
J’ai enlevé ses écouteurs. Adieu MC5.
« Je t’aime bebe »
Elle a relevé la tète.
« Et tu faisais quoi tout à l’heure ? »
« L’amour. C’est interdit ?»
« Juste avec moi »
« Écoute, on l’emmène, elle écrira »
« Elle te baladera surtout »
« A Cuba, on sera trois, c’est tout »
« Je ne veux pas
Juste toi »
Je l’ai embrassé.
J’ai pris le téléphone. Pas de réseau
La ou on était, ce n’était pas surprenant.
Mais Cuba, c’était plus très loin.

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