Monthly Archives: février 2017

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Cuba Chap 20 ( on va faire une pause.)

Dans deux jours on était à Cuba.

Chap plus loin ( 19 ?) One more time.

Une fois j’avais
Un petit jeu
J’aimais rouler
dans mon cerveau.

Ok, je ne traduis plus, je suis nul, à ce jeu.

Once I had a little game
I liked to crawl back in my brain
I think you know the game I mean
I mean the game called ‘Go Insane’
Now you should try this little game
Just close your eyes, forget your name
Forget the world, forget the people
And we’ll erect a different steeple
This little game is fun to do
Just close your eyes, no way to lose
And I’m right there, I’m going too
Release control, we’re breaking through

Release control, on va passer. Les portes de le perception Huxley non ?

Le ciel se remettait a briller, et Cecilia a rêvasser. 195°.Elle tenait le cap, ses seins explosait sous le pull.
Je suis retourné dans l’armoire. Il y avait des jumelles. Il me fallait un capteur,pour le phare sinon, ou s’échouerait n’importe ou, au mieux.
Radiobalise, j’ai trouvé en bas.
J’ai visé au jugé, mon estime n’était pas si mal.
J’ai rebranché le tel sur la batterie portable ( encore un vol mais bon), et compté.
Compté chaque seconde. On ne devais pas être loin de Key West.
Elle s’est rapproché. J’ai dit que je ne le dirais pas. Je ne le dirais pas nom plus.
Il me restait encore de la coke, et les milliards de Van Gogh
« Trouve un truc, sur ce bateau je suis perdu. »
Le Lsd disparaissait a peine., j’ai sorti un des A de ma poche, et j’en ai mangé un autre?
Tu en veux ?
« Non, ses seins fonce.
I had a little game
I liked to crawl back in my brain
I think you know the game I mean
I mean the game called ‘Go Insane’
Now you should try this little game
Just close your eyes, forget your name
Forget the world, forget the people
And we’ll erect a different steeple
This little game is fun to do
Just close your eyes, no way to lose
And I’m right there, I’m going too
Release control, we’re breaking througholaients.
Mes yeux, elle cherchait vraiment.
Pas moyen de lui faire comprendre.
« C’est Julia ma nana! merde!
Tu veux baiser, ou tu veux écrire ? »

« Les deux »
« On a déjà baisé, écrit maintenant ».

Cuba chap 18

La nuit tombait
Et Cécilia laissait tomber ses fringues.
En mer, on est mieux nu, et elle n’avait pas de pudeur.
Julia se peignait, dans la cabine du fond.
J’avais le cap, le port de Miami était loin, encore 2 miles et on serait hors des eaux territoriales
Il fallait aller à Key West, et puis au sud encore.
Key west cap 195°.
Après, la Havane 170°.
Sans compter les courants.
Et l’estime.
J’ai coupé le moteur.
J’ai hissé la grand voile.

Et j’ai tourné les yeux, Cécilia à se prélasser nue sur le pont du Catalina, j’avais pas envie de voir.
J’ai sorti le grand foc.
J’ai accroché, tiré.
c’est con, il y avait un enrouleur mais il était cassé.
La voile a claqué dans le début de vent.

« Cécilia ?
Mets une culotte, et vient m’aider, je ne peux pas barrer et faire le reste »
Elle a minaudé.
« Mets une culotte merde.
Prends la barre, et regarde le compas : reste à 195 »
Elle s’est retourné, et a cesser de me foutre son cul dans les yeux.
Elle est descendue dans la cabine, et elle est revenu, habillée.
« La barre ? c’est ce truc ? »
« Oui. Tu la bouge doucement, et tu regarde cet autre « truc », la, l’aiguille doit rester à 195, au moins 15 heures. Je viendrais te remplacer, mais là, ils y a des choses plus importantes, à moins que ça soit les requins qui t’importent »

Elle a fait la moue, et elle a poussé la barre a font.
La grand voile a dégagé. Le Catalina s’est couché. J’ai baissé la tête. J’ai gueulé.
« Arrête tes conneries ».
J’ai repris la barre, remis le Catalina grand large, J’ai pris Cécilia, sa main, sur la barre.
« Tu fais ça, et tu arrêtes tes conneries. »
Elle s’est collée : Même habillée, elle me cherchait.
« Comme ça ? ».
« Oui
Non, en bas il y a Julia, je l’aime. Toi aussi je t’aime, mais juste pour écrire, avec moi, à Cuba, rien d’autre, sinon fallait rester en Irlande. »
« 195:pigé ? Je vais voir ce qu’on peut manger. »
Jamais je n’aurais du l’attendre.
Je suis descendu
Les réservoirs d’eau étaient rempli.
Il y avait des boites de conserves : crabe, haricots, de la semoule. Pâtes, riz…
Le gaz marchait. Assez de vaisselle pour huit : un Catalina, 42 pieds, forcément.
J’ai trouvé du riz, une casserole, du sel, un briquet.
Du ketchup. Ça ne serait pas du homard ce soir, mais on mangerait
Je suis remonté.
Cécilia ne bougeait pas, Le cap était bon: dans 15 heures Key West.
Je suis redescendu, j’ai pris son pull, et je suis revenu lui poser sur le dos.
« Donne la barre, et enfile ce truc, tu as la chair de poule. »
Ma Julia se reposait: pas étonnant, deux mois sans dormir. Je l’ai recouverte de la couverture sous le lit de la cabine.
Et je suis remonté.
Je me suis collé contre Cécilia : Elle a frémit
« Donne la barre, ça s’appelle un quart »
Elle m’a pris la main, j’ai enlevé doucement.
« J’ai dit la barre, pas ta main. 
On va écrire c’est tout. »
« … »
« C’est tout », le reste on l’a déjà fait bien avant.
Elle a baissé les yeux et enfilé son pull.
« Va surveiller l’eau, quand ça bout tu mets le riz:2 verres. 15 minutes»

Le bleu s’assombrissait. Moi aussi dans mon tee shirt j’avais froid.
J’ai regardé derrière, à 0 degré. La polaire était déjà là.
J’ai coincé la barre.
Dans le salon, il y avait une armoire, et dans l’armoire, un sextant.
Ma montre, elle est calé sur une horloge atomique.
J’ai pris le sextant.
Je me suis assis sur le toit du Catalina, j’ai réglé.
Latitude : facile 25,10
Longitude, j’ai sorti le tel, l’heure. Et la calculatrice. Polaris disait -80 à peut près
On était a Key Largo, d’après mes calculs et la carte du salon.
Un quart du trajet. Ça allait plus vite que prévu.

« c’est cuit »
J’ai recoincé la barre, rangé le sextant, et suis allé réveillé mon bébé.
Cécilia faisait la gueule.
Pas dis quelle n’était venu que pour écrire.
Je lui ai fait une bise dans le cou.
A coté du sextant, dans l’armoire, il y avait d’autres cartes, avec les déclinaisons, et un ampli pour ipod.
Mais pas d’ipod. J’ai fouillé.
Sous la table, il avait glissé.
J’ai cherché des piles.
J’ai trouvé. Les gens sont tous pareils, ils cachent leurs objets juste la ou on les cherche, il n’y a que Poe, et mon Aston, pour déroger.
J’ai remis en marche le truc. Connard : sur l’ipod : Madonna, Rhianna, Loana, des femmes en « A ».
J’ai mis Madonna, je déteste mais son ex est un génie alors.
« Like a virgin »
Like, c’est sûr. Virgin…
Julia est venu s’installer. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu de regard de haine aussi 7.62.
On (j’ai) servi le riz.
Il y avait une bouteille de vin français, dans le mini frigo
Pas d’ouvre bouteille.
Je suis ressorti, regardé les autres étoiles, j’ai cassé net le goulot sur l’accastillage du Catalina.
On a bu.
Et mangé le riz au ketchup.
Après, j’ai recollé Ceci lia à la barre : « toujours 195, à l’œil, c’est huit heure avant Key West »

A Key West, quelques années avant, j’y ai vu le plus beau concert de ma vie. Clapton, avec Derek and the Dominos: Le morceau : « Keys to the highway ». Comment prendre le large sur une île grande comme un petit doigt ? Il n’y a pas de highway, rien. Flagger avenue, c’est tout, comme la « diagonal » à Barcelone.
Deux trois bars, un marchant d’article de pèche, un starbuck, une supérette : la fille était belle, endormie sur sa caisse.
Mais le concert…
Winter l’a fait, « key to the highway » les Stones aussi, ça ne m’étonnerait pas que les Guns s’y soient amusés. Little Big Bronzy, Keith Ritchards, robert Cray, Jeff Beck….
Le concert, de la magie.
c’est con de ne plus avoir que Key West comme balise pour changer de cap.

I got the key to the highway,
Billed out and bound to go.
I’m gonna leave here running;
Walking is most too slow.

I’m going back to the border
Woman, where I’m better known.
You know you haven’t done nothing,
Drove a good man away from home.

When the moon peeks over the mountains
I’ll be on my way.
I’m gonna roam this old highway
Until the break of day.

Oh give me one, one more kiss mama
Just before I go,
‘Cause when I leave this time you know I,
I won’t be back no more.

Key West, tout compris, en long, ça fait 4 miles. Avec l’Aston, j’ai fait trois fois le tour avant la fin de la chanson.

J’ai récité.
J’étais seul, à la barre, les filles traînaient en bas.

J’ai repris le sextant.
24,80°
Longitude pas moyen d’être plus précis toujours -80, et j’en avait marre des calculs, des sinus, des équations
Islamadora, à l’oeuil . Bon dieu qu’il allait vite le Catalina.
Je suis redescendu. Les filles étaient enlacées, dans Thésée.
J’ai ressorti le sac de coke, et me suis fait un rail : Rien.
Alors, j’ai pris une des seringues, me suis fait mon mix, et j’ai piqué. Ça a explosé la. Je pouvais garder le bateau.
J’ai tourné la tête, en gardant le cap.
Alderamin, Errai.
J’ai quitté Cephée, pour le Cygne.
Le cygne c’est une merveille.
La tète, c’est Deneb ( la queue donc) puis Giena, et au fond Albireo. Et la voie lactée.
En mer le ciel est clair.
Pourquoi la tête c’est la queue ?
J’ai boogé encore un peu : Altair, juste en dessous. L’aigle
Les trois belles de l’été. Tu parles. Ca dépend où et quand, on est. 24,80°. J’ai refais les mesures, on descendait encore. Après Key West, il fallait changer de cap, sinon le pacifique à mourir.
La coke ne suffisait plus.
Je suis allé chercher Cecilia.
« Tu as compris le quart, c’est ton tour, moi je me couche »
« Tu veux pas te coucher avec moi ? »
« Merde non ! On écrira, c’est tout »
Elle s’est frottée, je l’ai poussé
« Va la haut et garde le cap : 195, il ne reste que quelque heures, après on tourne »
Elle s’est frotté plus fort
« Me fait pas chier, jamais j’aurai du t’attendre »
« Tu viens écrire, ou coucher ? »
Elle s’est relevé.
« Les deux mec, les deux ».
« ben je t’ai dit 
Je te prends pour écrire, je suis amoureux, tu pige ça ? 
Elle dort à coté, j’y tiens

« Avant tu n’étais pas comme ça ».
« Je ne suis pas différend »
J’ai pas envie de faire du mal c’est tout »
Elle s’est relevé, elle a posé son pull, son soutien gorge, baissé son jean, et tombé sa culotte. Elle m’a embrassé. Elle m’a caressé. Je n’ai plus su quoi faire.
J’ai laissé mes mains courir sur elle.
Putain d’ipod avec du Madonna.
J’ai invoqué hendrix
De toute façon, j’étais juste en descente, l’acide, c’est bien douze heures, ça faisait six
Elles s’est posée sur moi.
On était au dessus du sol.
On volait, on respirait le bleu noir de la nuit, et chaque étoile entrait et faisait tout exploser.
J’ai pas envie de raconter la suite.
J’ai repris le cap.
On avait bougé, 190, je n’avais plus la longitude.
Des années avant, un jour en mer, j’ai attrapé mon amante, dans la petite mer d’Europe le « maditairané », je pense. Cabine avant, vagues, câlin. Quand on est ressorti, la fille du skipper sifflait une chanson française «  Elle préfère l’amour en mer ».
J’ai pris de la crème anti soleil, et je lui ai dessiné un lapin sur le dos, à la gamine.
Le lendemain, elle avait des coup de soleil partout, sauf sur le lapin.
Et on était coincé. L’ancre était indécrochable, aux « balarbe », je ne sais pas le dire des îles la bas, dans la petite mer.
J’ai pris un masque, et j’ai plongé, en suivant la chaîne.
8 mètres, 10 mètres, 12 mètres, 15 mètres, 18 mètres, 20 mètres, 22 mètres, 25.
Plus de souffle rien mais l’ancre était la, bloquée. J’ai tiré : rien. Alors, j’ai doucement manipulé, elle s’est décoincé des roches, Et je suis remonté. Pas mort. Le skipper a rembobiné. On est parti.
Je ne sais pas quand je vais mourir, mais ça, c’est limite.

J’ai repris le sextant, et mon téléphone.
Plantation key
Encore un peut au sud, et toujours vers -80 en longitude.
Pas de lune. Ciel de plus en plus noir. Tant mieux, elle arrivait mes copines
Sheliat et Sulafat
Alkaid, Alioth, Mizar Merek…
J’aime bien que la première étoile de la grande ourse s’appelle Alkaid.

Cuba chap16 (yeah yeah one more time)

Julia resplendissait
Martha savais.
Faire.
Il ne fallait qu’attendre Cécilia,15 heures, et les reproches.
Je suis redescendu dans le garage. L’Aston brillait sous les halogènes.
J’ai ouvert le coffre
Vide, ça tombait bien.

Et ça a mal fini.
Pour elle : Cecilia 1
L’oxycontin, c’est plein de merde : ca bouche les veines, même si tu filtre, et même si tu fait très attention. Du talc dans des vaisseaux minuscules, ça bouche.
Et tu es paralysé.
Ces cons le font exprès.
Plus de doigts.
Plus de sensations.
Juste un shoot, encore, encore, et encore.
Jusqu’à disparaitre.
Je suis naïf.

Tous les jours, au bar, à menton ( oui, j’avais fait un détour) je regardais descendre Lise.
Enfin, je l’appelais Lise. Du soleil, et un ange qui illuminait la route chaque jour,en robe blanche, à 10 heures
Avec John ( ça ne s’invente pas John Dupont) le barman.
On jouais.
Un jour, je me suis levé, j’ai posé la bière, et je suis allé voir cette fille, dans le chemin.
J’ai traversé la route. Je lui ai pris la main, je lui ai dit « Ich libe dich, Y love ou, Shalom, je sais pas, je t’aime  kisivem»
Ses yeux m’ont fait presque tomber. Mais j’ai serré sa main. Elle était plus chaude et douce que tout ce que j’avais pus rêver.
John, au fond, était perplexe. Il est fou lui aussi.

Elle a souri et accepté une invitation, pour le soir même, sur la plage.
Pour le soir, c’était loin.
En fait, c’était surtout mon herbe qui l’intéressait.
Pas moi.
Dans l’AM, je suis allé boire un verre, dans le centre ville.
Je me suis retrouvé à 2 mètre d’une femme, âgée ( forcément 50 quand tu à 20…), avec trois amies(?)
J’ai rapproché mon fauteuil.
Elle a congédié ses amies.
On a parlé.
Elle n’a donné son adresse, et un rendez vous, pour le soir.
Le soir, j’y étais.
Lise m’attendait (enfin, mon herbe, encore que son cul….)
On a parlé ( j’ai les lettres dans ma chambre)
Mari barré, impuissant.
Elle me draguait.
J’étais con.
Elle a sorti une boite d’acajou.
« Mon Boulot, c’est courtière en pierre précieuses. Ca vient de Ceylan »
Imagine.
1 heure du mat.
Des centaines de pierres bleu.
Elle offre.
Ses yeux disaient « reste ».
J’aurais du rester.
Elle m’a donné une bague en or.
Plus désirante que ça, tu meurt.
Elle m’a pris la main.
Et elle m’a dit « investi dans l’or ».
Et elle a raconté », des dizaines de turquoise sur son bureau. Ceylan, les courtiers, la moitié poli et taillé, l’autre brute.
J’avais pas un radis.
Le lingot en septembre 49 000 francs
Plus tard, « j’y reviendrai », je suis rentré, j’ai dit à ma mère « achète de l’or »
Elle m’a ri au nez. Pas d’argent.
Septembre 49 000 $
Noel 105 000 $
J’ai trop vécu.
Je suis épuisé.
De ces hauts et bas, que j’amplifie avec l’alcool.
Au entre de traitement des addictions du Texas
Sur les bancs, tout le monde fume : ce n’est pas comme ailleurs.
Et fume…
Ou c’est des shoot.
Caché les seringues et la coke, dans les faux plafond.

John, il m’a logé, à l’époque.
Sa fille, une hollandaise magnifique, l’a quitté.
Elle m’a écrit un ans après
D’Amsterdam : modèle
Et puis plus rien.
Je pleure ok, mais il y a des raisons
L’année d’après,
Je suis allé a paris.
Et j’ai retrouvé le gars de la plage de Menton: serveur
Il n’avait pas le temps de parler.Café, café café rosé…
Je suis sorti.
J’ai acheté un flask au magasin français d’en face. j’en ai volé un autre.
Je suis revenu.
Paris brillait, je n’étais venu que pour lui.
Mon café était encore chaud.
Je lui ai demandé les toilettes.
J’y ai tout bu.
Et je suis parti, en pleurant, encore.
Des jours je me demande en quantité, s’il y a plus de larmes que d’alcool.

Je veux juste aller à la havane, et écrire des poèmes, et boire de Mojitos.
La je me perd.
Ca va vraiment trop vite.
« One more time. »
J’ai encore invoqué.

Yeah, keep your eyes on the road, your hand upon the wheel
Keep your eyes on the road, your hands upon the wheel
Yeah, we’re goin’ to the Roadhouse
We’re gonna have a real
Good time

Non. C’était « give me a women »
Give me a witness, darling, I need a witness, babe
I got the poontang blues, yeah
I got the poontang blues, yeah
Top of my head down to the bottom of my cowboy shoes, alright
Perdu c’était pas le bon.
J’ai réinvoqué

Build me a woman, make her ten feet tall
You got to build me a woman, make her ten feet tall
Don’t make her worthless
Don’t make her small, right, oh, come on
You got to build me a woman, make her ten feet tall
Build me a woman, make her ten feet tall
Don’t make her worthless, don’t make her small
Build me someone I can ball all night long

Quand j’invoque, ça vient, toujours.

Cuba chap15

Bleu.
Par dessus la crasse, le soleil donnait du bleu.
J’ai bougé doucement, et j’ai laché l’épaule de Julia.
Elle a grogné, s’est retournée.
Je me suis levé, et j’ai remis mes fringues sales. Pas de peignoir à ma taille, pas de peignoir du tout d’ailleurs.
Je suis passé dans la cuisine, fouillé. J’ai trouvé une casserole, et de l’earl gray : jolie boite.
J’ai fouillé encore : des biscottes suédoises.
Dans le réfrigérateur, du beurre, et dessus, du miel.
L’eau bouillait.
J’ai fait des tartines.

Julia, elle ne mange rien le matin, sauf si je lui fait des tartines ou que je vais acheter un Bagel.
J’ai fouillé encore plus : un plateau. Et une théière. J’ai fait le thé.
Pas de Martha : de toute façon, à 15 heures, on serait parti. Pas de diego non plus:ils devaient prendre l’air.
J’ai tout installé sur le plateau, et je suis revenu dans la chambre.
Un baiser, un autre, ses yeux me sont tombé dessus comme un tsunami.
Je n’ai pas laissé tomber le plateau. Je l’ai posé, et je lui ai mis tous les coussins derrière. Dieu qu’elle était belle.
Je l’ai relevé, et lui ai mis le plateau sur le ventre.
Ses yeux me sont retombé dessus
J’ai pleuré
Elle a sourit
Elle a dit merci
Elle a bu son thé
Mangé ses tartines
Elle mangeait, je la dévorais
Je suis allé chercher un bol pour moi, et j’ai partagé le thé
Le bleu montait
Ma Julia, elle était vivante
Le soleil a fini par s’encadrer dans la fenètre
Je suis sorti de la chambre pour retrouver mes lunettes de soleil.
Je suis revenu
Elle était nue, sous la couverture ses seins son ventre son sexe me racontaient l’histoire du monde
Le bleu montait encore, et j’ai pleuré encore
« On se barre à 15 heures »
Elle a sourit
« Comme tu veux mon amour ».
« On attends Cécilia, et on dégage. »
« C’est qui ? Cecilia ? »
« Une ex, elle veut venir écrire »
« A cuba, mais vous êtes malades ? »
« Elle s’en fout, elle ira ou je vais 
Tu a lu Frankenstein ?»
« ??? »
« Je te ferais lire à Cuba »
« Mais cette fille ? »
« Ma femme c’est toi, t’occupe pas de mes anciennes, il faudrait des années. Tu es la, c’est le présent, je ne la lacherais pas, mais c’est toi que j’aime »
Elle a posé son bol, elle a levé ses yeux, m’a regardé. Ca disait tout ce que tu veux, c’était tellement délavé que ça ne pouvait pas être un mensonge. Elle s’est redressé, ses seins on bougés, à peine. J’ai repleuré.
Je suis reparti dans la cuisine.
Martha était en silence, sans le « dring », rentrée, avec diego. Sourire encore.
Onze heure. Encore Quatre a attendre.
Un autre sonnet
Un cookie
Un rail
Martha m’a pris la main
« Tu es un vieil homme. Et ce qui t’attend, c’est la mer »
Tout était dit, voila ce que j’allais faire à Cuba.

Cuba chap14

Je suis revenu au présent.
Diego galopait, on rentrait, il suffisait de suivre Amélia Street, et d’oublier les Cécilia.
Pavillon. Dring.
On est entré. J’ai posé diego.
J’ai doucement dit « Martha ? »
Elle est arrivé, toujours en sourire.
« Ta femme est debout, je l’ai retapé,
Il faut partir là, sinon tu va avoir des ennuis, et moi aussi. »
« Mais il y a une fille qui veux écrire, elle est en Irlande, je l’attends ? »
Je suis passé dans le salon. Julia resplendissait : Elle enfilait des escarpins. On pouvait partir d’Orlando, mais j’attendais Cécilia.
J’ai rappelé.
« Tu veux écrire ? Je t’attends deux jours, après faudra chercher »
« Je veux écrire, attends, je prens un vol, je serai où es tu ? »
« Orlando, mais ça finira mal, après deux jours, sinon Cuba. C’est la que je vais »
« Attends moi s’il te plait »
J’ai expliqué à Martha le plan. Elle a encore sourit, et elle m’a dit « Ne bouge plus, vous partirez tous les trois, mais ne bouge plus ».
Je me suis collé contre Julia.
Et je n’ai plus bougé.

J’ai écrit dans ma tête.
Un autre sonnet.
C’est facile.
Ca ne vaut rien.
Ca passe le temps, j’avais deux jours.
Je me suis doucement relevé, embrassé mon coeur, et je suis aller chercher au fond du salon le reste de porto. Putain, il me fallait de la coke.
« Martha ? »
Un autre sourire, sorti direct de la cuisine.
« T’as pas un dealer ? »
« « J’ai dis, tu ne bouges pas »
« Oui, moi non, mais…. »
« Si, mais tu ne bouge pas »
Elle est sorti, encore ce « dring »
Je suis retourné au canapé.
J’ai enlevé les escarpins rouges de Julia
J’ai posé mes mains sur elle.
Je l’ai soulevé.
Je l’ai posé dans la chambre de Martha.
J’ai ouvert la fenètre, ça sentait le ranci
Et je me suis posé contre elle.
Enlacé.
Collé.
Teléphone, encore.
« J’ai un vol, je suis a Orlando demain 14h 50 »
« Je ne bouge pas, on écrira ensemble »
Il me restait six boites d’oxycontin.
Dans la cuisine, il y avait un pilon : le lp, faut le briser.
J’ai écrasé 3 comprimés
Pilé, citron.
J’ai cherché une cuillère.
J’ai chauffé
Et je me suis piqué : C’était l’opposé de ce que je voulais, mais Martha n’était pas revenue, alors.
C’est quand j’ai plongé dans les rèves du dragon, quelle est rentrée
« Tiens connard »
Je me suis relevé des songes.
Elle m’a donné son petit sac.
J’ai ouvert.
J’ai titubé vers la cuisine, et pris un couteau
J’ai vidé un gramme
Je l’ai aligné
« T’as une paille ? »
« T’es vraiment con mec »
Elle m’a donné une paille de jus d‘orange, neuve.
J’ai pris le rail.
Ca explose.
Je me suis retrouvé réveillé, et plus saoul.
Je suis sorti sur le balcon, il y avait encore du porto.
« Cecilia arrive demain ».
« Tu me l’a déjà dit ».
« Je ne bouge pas promis »
J’ai fait un autre rail.
Et puis, j’ai repris une seringue, et je me suis envoyé la coke direct dans le cerveau.
Martha m’a pris la main.
« Faut arreter tout ça mec, tu veux écrire, c’est pas comme ça que tu y arrivera. Prends ta femme, ton amour, je ne sais pas. Attends l’autre, une ancienne je parie. Va à Miami, vole ton bateau, file a cuba. Et écrit, écrivez. »
La coke, en shoot, ça monte vite, très vite.
J’avais dix romans dans la tête.
Et trop de mémoire.
La Cécilia des poubelles, elle devenait quoi ? Je sais doser, mais ce genre de truc, c’est pas fiable.
J’avais promis de ne pas bouger, mais cette fille derrière une poubelle, comment ne pas s’en inquiter, et quoi faire ?

Speedball. Ah sûr, j’étais bien barré. J’ai embrassé Martha, refermé le sachet de coke. Et je me suis recollé contre mon amour. Coke : plus question de dormir, Julia, trop épuisée pour avoir envie de faire l’amour.
J’ai compté.
C’est un truc con
Tu compte
« 1 » : des que tu pense à autre chose :
« 2 » : des que tu pense à autre chose :
« 3 »
Etc.

Cuba chap13

Avant la Sicile et Julia, j’avais quelques dollars d’héritage. Une cousine, qui ne m’avait pas oublié.
Cancer du colon. Elle suivait un protocole. Le genre de truc qui te tue en te faisant croire que tu vis.
Elle le savait, qu’elle allait crever, alors elle avait dispatché ses actions, ses options. J’aime les gens qui, avant de mourir, ouvrent un tableur, mettents les noms, leur affection, des pourcentages, et arrivent à des nombres.
Moi, ça faisait 47 222 dollars (c’est ce que le courrier disait), largement de quoi quitter mon squat, mon appart. En fait j’aime les gens tout court, et je donne, mais la, c’était bienvenue ce fric. Mais à quel nom ? Le mien était grillé , j’avais largué un passeport pour la junkie : je n’en avais plus que quatre. Et aucun d’hautentique.
Le téléphone a vibré.
Impossible, un prépayé, personne n’avait le numéro.
J’ai décroché.
« Salut, je suis une amie de Franck ».
« ??? »
« Cecilia. »
« Cecilia ? »
C’est revenu .

Un « Canon » comme on disait au MIT. Les vendredis, des pipes, à tours de lèvres. Je n’ai jamais joué a ce truc. Mais je l’aimais bien Cécilia. Et pas ma queue. Son front, et un baiser.
Blonde vraie, j’ai vérifié, douce et perdue.
« Quoi ? »
« J’en ai marre, je veux écrire »
« Ben on est deux mais la, je promène un chien , je suis amoureux, et je ne taille pas de pipes. Enfin, pas encore. Tu es où ? »
Elle a raccroché.
Bon dieu Miami s ‘éloignait, et Cuba encore plus.
Le chien.
Cécilia en vrac.
L’autre Cécilia pire.
La femme de ma vie.
Les caissières.
Le chien l’Aston Marta avec 5 milliards, un bateau à voler.
J’ai recomposé le numéro.
« Cécilia ? Je suis en bas d’Amélia street, viens. »
« T’es con ? Je suis à Kilkenny, au fond de l’Irlande, je ne risque pas d’être la dans les 5 minutes »
« On t’attends : tu veux écrire, tu viens. 
Mais j’ai ma nana, et je suis amoureux, pas de plan foireux. »
« Même… » « NON ! Pas de même, tu viens écrire, c’est tout ! »
J’ai raccroché.
J’ai respiré.

Sur Amélia street, j’avais bousculé un gros riche, et piqué son porte feuille. Tout à la poubelle sauf les dollars.

J’ai trainé mon Diego, et je suis allé dans un bar, Wi-fi.
J’ai rechargé le tel. En fait, je suis allé un mile plus loin, et j’ai baratiné, et volé un tel haut de gamme. Carte sim, google. Ca roulait.

Petit, je sifflais dans les téléphones. Ils y croyaient les téléphones.: bonne fréquence, et je ne payais pas mes appels.Blue box après.

J’ai relu le courrier qui trainait dans ma poche. Il fallait monter à Topeka, au nord.

Avant Julia , au lieu de travailler, je me promenais.

J’avais pris un billet, avec un passeport Joe Down, pour l’Europe. Arrêt à Copenhague
Du fric. Un hôtel 3 étoiles.
Et des histoires. Nikita, ou Zoé.
J’ai traversé la France à pieds
Pour Barcelone.
3 mois.

A Barcelone, je suis allé dans un bar à putes, Madre levito.
Je n’aime pas l’idée de « putes » ( et quand je dis « je n’aime pas », c’est pour rester poli), mais c’est dans ce genre de bar que personne, un fois bu ton verre, ne t’emmerde.
J’ai pris une bière. C’était du Tarantino (de la pisse quoi) J’ai raconté l’histoire au barman. Il n’a pas rit.
J’ai fini la 86.
Je me suis levé.
Diego a compris qu’on partait, il m’a sauté dessus.
On a traîné en descendant les Ramblas.
Dans les oreilles, Jean Leloup, le Canadien.
Nul. Il pas trouvé les ecstasy : c’était si simple : la troisième à gauche : en face du mercato de la Boqueria.
Je n’ai pas pris la troisième à gauche.
Je suis rentré dans le marché.

Enfin, j’ai essayé.

C’est devenu un lipogramme. Sans « Je ».
Le marché était plein, ça sentait la viande, le poisson, les fleurs, les épices, et la sueur.
Tout les vendeurs criaient.
C’était humide et chaud, par endroit étouffant.
Les clients s’excusaient de se cogner.
Le safran brillait.
Les thons aussi, les bonites, et la viande, entre les poivrons, les aubergines, les courgettes, les haricots les pois chiche le
Lambrusco ( pourquoi du Lambrusco en Espagne?)

Cuba Chap12 ( ou comment s’éloigner du sujet)

Je me suis relevé. J’ai repris le livre, remis tous les dessins dans l’enveloppe. Au fond du garage, il y avait l’escalier pour retourner dans le pavillon.

Je suis monté.

« Martha !»
Pas de réponse.
« Martha ! »
Elle est arrivé, toujours en sourire.
« Tiens, cache ce truc. Un Van Gogh, chez Christie, c’est 80 millions de dollars le tableau. C’est des croquis, et c’est de lui. Alors soit tu enlève un zéro parce que c’est petit, sans couleurs, soit tu en rajoute un parce que c’est inconnu. Après, tu multiplie par 65 , ça fait plus de 5 milliards».

Elle a pris l’enveloppe, elle a ouvert, et regardé.
« Tu veux faire quoi ? »
« Tu as de la ficelle ? ». Elle a ouvert un tiroir, et m’a tendu une pelote.
J’ai bricolé une laisse.
Tout vibrait trop vite. J’ai enveloppé soigneusement dans la ficelle de coton Diego, enroulé trois fois le reste sur mon poignet valide, j‘ai tâché de siffler, histoire de faire le maître, et je suis sorti. Pas besoin de tirer, c’est lui qui galopait.
La cloche du pavillon a fait « ding ».

Après un mile, une fille m’a accosté. Blafarde, anorexique même, les yeux rouges, mal cernées par trop de marscara.
« Tu viens chérie ? »
« Non, je ne viens pas, je vais à Cuba, mais avant, je promène le chien
Tu veux quoi ? »
« Te donner du plaisir mon chou »
« Bon, t’as ta dope ? Tu veux une seringue ? »
« J’ai rien, viens mon chou »
«Mon chou mon cul ! Bouge pas : tu entends ! Bouge pas, je reviens »
Je ne lui ai pas laissé Diego, les junkies faut rien leur laisser.
J’ai pris le chien dans mes bras, et je suis entré dans la station Shell, à dix pieds.
« Bonjour madame ».
La caissière a levé l’œil, trop bleu.
« Je cherche une pharmacie, et un sandwich »
« Les sandwich, c’est là, mais… » Elle a baissé les yeux et la voix. « Ils sont dégeulasses »
« Ca Madame, je m’en doute, mais je ne vais pas la laisser crever
Vous pouvez me garder mon chien dix minutes ? »
Elle m’a souri, son bleu en a dégouliné encore un peu plus, mais finalement, ça cachait ses pattes d’oie.
Je lui ai passé Diego, frétillant, par dessus le comptoir. Elle l’a caressé, et mis entre ses jambes, sous la caisse.
« La pharmacie ? »
« Au bout d’Amelia street, à gauche »
J’ai mis la main dans mon dos : plus de petit français, Franck l’avait « détruit » comme il dit. Il faudrait faire autrement.

Dehors, il y avait la lune, et Vénus. En regardant mieux, Jupiter se couchait, et mars était invisible, mais je savais qu’il était là.
Il faisait déjà trop jour pour en voir plus, des étoiles. J’ai récité leurs noms.
Trops d’alcool, plus de mémoire, je connaissais 120 noms, et presque autant d’histoires. Il ne m’en restait qu’une 30aine.

On a marché, le long d’ Amélia Street.
Tous les 10 mètres, Diego pissait. Les chiens marquent leur territoire, il paraît.
Tous les 3 mètres, je regardais le ciel : Et je retombais en souvenir dans mes mythes. Artcurus, le Bouvier, ses chiens de chasse, pour protéger sa mère contre Hercule, derrière. Cassiopée, qui ne branlait rien, sauf à viser Mirach, encadrée par Almaak et Alpheratz. A un doigt à droite, Andromède. Bref, j’étais autant dans les étoiles que diego a lever la patte sur chaque arbre.
L’air était frais. Tant mieux, pas de fontaine pour plonger la tête dans l’eau.

Je suis arrivé devant la pharmacie sans idées.
J’ai fait le tour des rayons. Il y avait deux caméras, ça risquait d’être chaud.
La pharmacienne comptait de petits papiers verts.
« Bonjour madame, mon chien est malade, je dois lui faire une injection par jour, mais j’ai cassé la seringue, une petite vous voyez, genre pour diabétique »
Elle a entassé ses papiers verts, et m’a dit « je vais vous chercher ça monsieur ».
Elle s’est levé lentement, et direction l’arrière boutique.
J’ai contourné le comptoir.
Les pharmacie, je connais. Des rayons, des rayons, des rayons. Par ordre alphabétique.
A, B, C… O : Oxycontin, j’ai ouvert le tiroir, pris les 7 boites de 30 mg, et je suis retourné devant le comptoir.
« Voila » elle a dit en revenant avec sa boite de seringues, « C’est 7 dollars. »
J’ai fait semblant de fouiller dans ma poche.
« Zut, j’ai oublié mon porte feuille,je suis très pressé, mon chien va mal, je vous laisse mon passeport ? Je repasse demain.»

Franck m’en avait donné 5, des passeports : celui là serait pour la bonne cause.
Elle l’a pris, et m’a donné les seringues.

J’ai remonté Amélia Street.

La fille était vautrée la ou je l’avais laissé.
« C’est bon. Ne bouge pas »
Je suis re-rentré dans la station Shell.
Diego a sauté par dessus le comptoir, aboyé. Ça a réveillé la blonde au bleu.
« Merci madame, il me faudrait aussi un briquet, et un café »
« La machine est là, et les briquet, à gauche. »
« Il me faut un vrai café, avec une tasse en porcelaine, et une cuillère, je sucre, vos trucs plastique, c’est imbuvable »
Elle a soupiré, s’est levé, est passé dans la salle adjacente. Je me suis assis sur le seul canapé sky propre. J’ai attendu.

Elle est revenu avec un café brulant. J’avais volé le briquet, et pris la cuillère acier.
« Ou sont les toilettes ? »
« Au fond, à droite. »
Je me suis levé. Le temps qu’elle retourne à son comptoir, je suis sorti avec Diego, et ma cuillère.

« Tu t’appelles comment »
« Mon chou… »
« Tu t’appelles comment, merde, j’ai tout »
« Cécilia »
Je l’ai soulevé par les aisselles, elle sentait l’aigre et la mort, et elle ne pesait rien.
Il y avait une ruelle.
Je l’ai posé contre une poubelle.
Oxycontin, eau d’une flaque, cuillère, briquet, ça bouillonnait. Pas très hygiénique, mais au point ou elle en était.
Seringue.
Pas de ceinture.
« Vire ton soutien gorge »
« Mon chou »
« Ta geule mon chou, donne moi ce soutien gorge ! »
Elle a enlevé son tee shirt des Ramones, et j’ai dégrafé.
Je lui ai fait un garrot de fortune, en nouant les bonnets.
« Serre le poing.
Serre.»
Il n’y avait presque plus de veines, j’ai massé, j’ai trouvé, j’ai piqué, elle a respiré.
Diego attendait.
J’ai embrassé Cécilia sur le front, prié pour elle un dieu qui n’existe pas, et on est rentré.

Cuba Chap11

C’est idiot, dès que je rentre dans une librairie, tout revient.
Je suis retourné au roadster, avec mes sept livres.
Diego a remué la queue.

Les livres: un polar, deux compilations de Yeat, fripées, l’intégrale d’Ezra Pound, et deux inconnues. Inconnues enfin, c’est toujours des inconnues : Sylvia Plath, « Collected Poems ». Suicidée.
Le dernier je n’ai pas regardé. Quand on pleure, on ne voit rien.
Si, en fait, j’ai regardé, c’est celui qui sentait le plus fort: Salammbô. Et je me retrouvais 3 jours en arrière avec Matho, dans les faubourgs de Carthage.
En fait, j’avais pris aussi des poèmes de Lalla Romano. Ça faisait huit.
Incompréhensible. Une page en Italien, en face, une traduction. Même pas doué : ça ne collait pas.

Alors, j’ai reculé.
Ma tête, c’est un magnétoscope. Marche, arrêt, pause, avance rapide, retour au début.
Mode recul rapide.

Le V8 tournait. J’ai fait caler la Virage. Son ronron calibré me donnait le tournis.
Silence. Enfin, pas au fond de mon crane.
J’ai invoqué : j’ai composé.

Il fallait arrêter les conneries, filer cher Martha, mettre Julia dans l’Austin, Prendre un truc pour Diego, et filer à Miami, avant le soir.

J’ai redémarré l’Aston, façon Franck, deux fils, une étincelle.
Regardé les plaques bleues, à chaque carrefour, et suis redescendu jusque chez Martha.
Ce roadster, j’étais de moins en moins sûr que le plan « La lettre volée » était une bonne idée.

J’ai même fini par trouver que c’était une très mauvaise idée.

A 500 mètres de chez Martha, j’ai viré à droite, dans une impasse incolore.
Je suis descendu de la Virage. J’ai sifflé. Diego a levé une oreille, puis est descendu aussi.
Il m’a suivi, a pied, jusqu’au pavillon.

« Alors, cette voiture ?»
Martha avait ouvert la porte avant même que je sonne.
« C’est qui lui ? ».
« Diego, je l’emmène ».
« Ok, il pue. »
« La voiture, j’ai merdé je pense. Mais elle est toujours la, à côté »
« Entre ».
« Donne moi à b… ».
« Non ! ».
Le salon était encore empli de la senteur ocre des cookies.
Entre sauver les gens, et cuisiner des gâteaux, elle ne devait pas se reposer.
Le son était trop fort. Je me suis assis, en premier. J’ai tourné la tête pour repérer d’où ça venait. C’était surtout ma tête qui tournait : la télé, elle était en face.

J’ai respiré, doucement, comme j’ai appris à l’hôpital.
Je me suis enfoncé dans le canapé, et j’ai posé les mains de chaque coté de mes cuisses.
« Eh monsieur ? Dessine moi une chèvre ».
Fox News Channel venait de faire un break d’infos.
Le gamin à l’écran, de la pub, et du St Exupéry.
Sauf que c’est un mouton, dans St Exupéry.

Franck m’a toujours filé plein de disques. J’ai invoqué. Pas St Ex : une copie. Un français. C’est revenu : juste avant de « C’est le Concorde ».

La pub a finit. Fox New Channel a reprit ses infos.

Mes mains n’étaient pas au même niveau. La gauche surtout.

J’ai tourné les yeux, la tête, les épaules.
Forcément : à gauche, Julia était presque contre moi. Entre une cuisse et un divan, il y a tout de même bien 8 pouces.

Elle souriait, réparée par la grande Martha.
Remaquillés, ses yeux donnaient le noir de l’enfer. J’ai sombré. Enfin, j’ai chaviré avant de sombrer.

Elle m’a enlacé, j’ai viré mes mains, elle m’a embrassé, j’ai remis mes mains.
« Bébé ? On y va ? La ou c’est ton truc».
« On y va. Dans quatre heures on sera sur le bateau».

J’ai cherché la télécommande, je ne l’ai pas trouvé, alors j’ai laissé Fox News Channel débiter.

Julia s’est collé sur mon épaule.
On est resté un moment immobile.

Une porte a grincé. J’ai ouvert un œil.
Martha était devant moi, dans son tablier de coton fleuri.

« Mec, j’ai ouvert le garage, et sorti ma Ford. Il y a de la place.
Va chercher ton bolide, rentre le. Je fermerais, on ne le verra plus. Vous partirez plus tard. »

Je me suis levé. Julia s’est allongé dans le chaud de ma place, Diego à ses pieds. C’est vrai qu’il puait.

Je suis passé dans la salle de bain, pour me rafraichir. Lavabo. Eau froide sur la nuque. Pas de serviette, ça sècherait seul.
Je suis sorti.
Et je suis retourné à la Virage.

J’ai refais le plan Franck. Deux fils, une étincelle, un ronronnement. Le V8 m’a ramené devant le pavillon.

Une fois rentré, j’ai cherché la fermeture du garage.
« UP, down », j’ai pris Down.
Le portail s’est mit en marche. Fermé.

Le jaune de l’Aston ne serait plus dans les yeux de passants curieux.

Au fond du garage, il y avait un établi, des outils, et trois vieux essuie glaces .

J’ai allumé l’autoradio. Dedans, un CD de Nina Hagen. J’ai monté le son, et j’ai cliqué jusqu’à arriver à « Naturträne ».

Je suis retourné à l’établi, la voix de Nina repeignait la pièce en ultraviolet.

Avec une pince, j’ai coupé un essuie glace. J’ai arraché le caoutchouc. Avec une lime, j’ai affuté la lame de métal.

J’aurai mieux fait de remonter, et de reprendre ma Julia, et un cookie, mais la curiosité.

Deux morceaux d’acier, mes mains : le coffre de l’Aston n’a pas tenu 15 secondes.

Un sac noir, un sac à main, un livre, et une grande enveloppe.
Le sac noir, je n’ai pas regardé. Le sac à main: Un permis de conduire avec une jolie blonde, une carte de résident(e), des photos d’enfants, Et 36 dollars. Le livre : Vincent Van Gogh : Le brouillard d’Arles Carnet retrouvé.

J’ai ouvert l’enveloppe de kraft.

Dedans, des feuilles de compte jaune. Et des dessins.
J’ai déchiffré une feuille.
Le Français, je ne vais pas vite.

Café de la gare de Soulé Arles.
20 mai 1890
Madame Duchary demande si
illisible.

Putain ! Arles ! 1890 !

J’ai posé la feuille et pris un dessin.
Je me suis accroché à la portière, j’ai monté le son, puis assis pour ne pas tomber.
Il n’y a que Van Gogh qui pouvait faire ça.
Sauf qu’il n’existe pas de croquis de Van Gogh.
J’ai vidé l’enveloppe : mis de côté les notes, et compté les images. 65. Signées, en bas à droite « vincent » en minuscules tremblées.
J’ai repris le livre, et feuilleté.

J’ai repris les images.

Le livre parlait des images. Il faut être con pour ne pas piger plus vite: Carnet retrouvés.

Je suis resté par terre un moment, à reprendre mon souffle.
J’ai rouvert les yeux, et vérifié.
A mon avis, j’avais dans les mains 65 trésors.
C’est pas une Aston que j’avais volé, c’était un musée.

Cuba chap10.

J’avais dépassé Lake Eola. Trop au nord pour chez Martha. J’ai fais demi-tour.
Sur Ridgewood street, un starbuck, et une librairie.
Les starbucks, c’est pas mon truc, mais les librairies si.
J’ai garé la Virage.
J’ai dit “Diego, pas bouger !”.
Il a levé la tête, et s’est recouché.
Je suis sorti du métal chrome, pour du goudron, puis une porte verre et acier, une sonnerie à l’ancienne, et le sourire étriqué d’une gamine, que sa mère avait du poser, en remplacement, comme caissière.
Dans les librairies, ça sent le papier.
Et le papier,ça sent bon.
Je n’y vais jamais, trop cher. Tout est trop cher quand on a zéro vrais dollars.
Mais il y avait un rayon “Sold”.
J’ai reniflé.
Sonnerie. Personne. Sonnerie. Personne. J’ai volé 6 livres, mais j’étais de nouveau dans mes souvenirs.

Et les souvenirs.

Quand Julia s’est réveillée l’allemande était partie, plus son cul mais l’adresse.
Je l’ai pris par la main, Julia.
Je l’ai trainé chez Polani.
Sonnerie à l’ancienne aussi.

Les sonneries, c’est des remonte-souvenirs.

J’ai tapé sur le carillon, j’aime le son.
Julia tenais juste contre moi.
Je voulais la poser sur un édredon, un truc rouge, genre Van Gogh, et l’embrasser.

Un sicilien pur race est arrivé , pour le coup, au comptoir.

“Che volete ?”
“Una stanza.”

“E ‘al primo piano, 113.
Qui sono le chiavi.
Mi paghi subito 5000 lires”

Perdu. Son italien était aussi mauvais que le mien. Encore un qui arrivait d’ailleurs.

J’ai sorti quelques billets, posé sur le comptoir, et pris la clé.

On, enfin je, est monté.

Je l’ai posé, ma chérie. C’était loin de la chambre de vincent, à Arles. Pas l’édredon prévu, juste une couverture mal lavée., une chaise, et un lit simple. Et pas de bar.
Je suis redescendu, j’ai re-sonné le faux italien.
“C’est crade : vous avez une femme de ménage, ou un balai ?”
“No domestica prima di domani
La scopa, lo è.”
Il est repassé dans son arrière salon, puis revenu avec une balayette, et une pelle.

“Tiens Monsieur”.
Décidément, il était Sicilien comme moi Grec.

Je suis remonté avec sa balayette.
J’ai tout posé dans l’entrée.
J’ai glissé un fauteuil jusque devant le lit.
Je me suis assis.
Je l’ai regardé, Julia.

Son coeur palpitait doucement. Ca faisait tout vibrer.
20 ans avant, je jouais de la guitare. Une Gibson, l’ampli: un Peavey, à lampe, à fond, je cassais les vitres. Mais la Juste elle, ça cassait les vitres.
Je me suis décidé. J’ai posé mes lèvres sur son frond. Je suis descendu doucement. J’ai remis une main sur sa joue.
Je l’ai embrassé, j’ai poussé un peu son chemisier, et mis la main sous son soutien gorge.
Décalqué.
Pour le coup, la Sicile était rayée de la carte.

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