Author Archives: Patrice

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Sont arrivés sur ce blog, outre les nombreux adulateurs de « callipyge », « rachitisme » et « booty factory », des quidams en recherche ( désespérée ? ) d’informations sur des sujets tels que :

– « ondinisme hitler »
– « alfred herrausen wermacht »
– « la fosse à enfouir vif »
– « mustapha ourad wikipedia »
– « rika zaraï salope juive »
– « foisonnement accumulateur »
– « pepin la bulle version rock »
– « double infini plume »
– « session plénière de l’académie pontificale des sciences »
– « psychiatre fou nue »
– « dans tous les cas où la loi prononcera la peine de mort contre un accusé, le supplice sera le même, «quelle que soit la nature du délit dont il se sera rendu coupable ; le coupable sera décapité ; il le sera par l’effet d’un simple mécanisme. »
– « fenetres, ombres »
– « j’aime les fruits de l’homme, alice godel »

J’espère sans trop y croire les avoir satisfait.

Maïeutique poule

Bon, tu le pond.
– Oui.
– Oui qui ! le fermier passe dans 5 minutes.
– Oui je te dis, il est la l’oeuf. ( mais j’ai mal au cul )
– Bonjour.
– Bonjours monsieur, vous voyez pas que ma femme pond là ! On pourrait pas se voir comme les cons du bar d’en face ? Allez venez.
– Elle gueule, non ?
– C’est les femmes.
– Oui mais elle, la, elle gueule fort, il va être beau l’œuf.
C’est les femmes vous dis-je.
Je suis, voyez vous, orchestre ambulant, je peux vous aider à ce qu’elle accouc..
Pondre monsieur, mes femelles pondent !
Ho mon dieu, excusez moi, c’est superbe, je ne vous demanderai rien, mais je vais l’aider. Excusez moi, j’y retourne.

Pousse
Poom
Poom
Tchack a tchack
rie, crie, va crie.
Encore
Pousse
Poom
Poom
Tchack a tchack

C’est bon, il est nickel,
Bel œuf.
Couine et vomi pas.

(Nina Hagen, Naturträne )

Vrac

Les draps se lavent
Sperme desséché qui cri
Marre des haikus : ils grincent
Trop souvent

pourquoi pas
en trois pieds
faire un vers

reinhardt
vian
d’autres

pas de points
ni de virgule
ni de majuscule

Tu parles de règles : ont dirait des pigeons sur des stands de tir.

C’est un lieu, évidemment. Mais doit on doit s’y plier, ou suivre des règles normalisantes et si sévères : on a pas le droit de formater sa tête ainsi pour «  s’entrecomprendre » Pessoa est illisible pour un écolier moyen. La ou il va toucher, c’est l’âme, et l’école n’a pas ( ou rarement) eu cet objectif. Alors Pessoa, c’est tes amis, ta famille, un inconnu, mais pas dans le « programme »

Guy Debord entait un alcoolo fini ! Il est parfois illisible, mais il est parfois sorti de chemins battus (j’ai parlé de Pessoa parce qu’en ai lu récemment)
Il y a 3 alcoolos ( mélangés a divers degrés )
– Ceux de Beaudelaire ( enivrer vous, etc.) il y en a un belle lignée : ça fait mal ( très mal) et ça fini aussi mal, mais çà explose.
– Ceux qui tournent en rond sans jamais ou rarement trouver la catharsis, finissent mal mais mieux bien encore que le reste du monde ( de toute façon : tout fini pareil, alors, c’est triste juste de perdre un Hendrix a 27 et un Buko a 73, mais bon.)
– Ceux qui s’en foutent pas mal et ont juste froid ( au ventre disent ils, à l’âme, mais le sentent t’ils)

Bref

Alexandrin

« Un I majuscule écrit en Garamond Gras ».
Merci Perec.

Maïeutique Munch

Mais arrête de crier comme ça, tu va me faire rater mon paysage.
Soit gentille, et je te peindrai en madone.

Maïeutique Salomé I

– Bon ok, t’a gagné, c’est quoi mon gage ?
– Pète la tête à Jean-bat.
– Quoi ? Mais c’est pas un gage normal ça.
– Si : Pète la tête à Jean-bat.
– Mais il est même pas dans le jeu lui, et il a rien fait.
– Pète la tête à Jean-bat.
– Et pourquoi Jean-bat ?
– Il plaît pas à maman.

Maïeutique poïétique

Qu’est ce que tu fait à taper sur ce caillou avec ton os de renne ?
De la poïétique.
De la quoi ?
Poïétique, j’étudie si en lui tapant dessus, ce caillou va pas me donner autre chose.
Tu va casser ton os oui.
Alors ce sera une autre poïétique.

Expérimentation médicale improvisée

J’ai sauvé en la sortant avec un stylo improvisé en radeau une sorte de mouche rayée de mon mojitos.
Sur ma table elle zigzaguait fortement.
Mais elle s’est dirigée vaille que vaille vers des flacons de nicotine, les a escaladé, suçoté, puis s’est envolé.

apophtegme 2

Le temps efface tout, c’est dommage de le laisser faire à notre place, on le perd.

apophtègme 1

Le sujet est l’esclave du verbe, le complément le spécialise.

NY 2

– Bonjour , je suis Mr Hallowen, comme la fête, James, j’ai un rendez vous avec le DRH d’EMC.
La fille de l’accueil était aussi crevé que moi, mais bien plus belle. Pas de poches sous les yeux, elle, juste de petites cernes et un air morose devant son ordinateur.
J’ai sorti mon iphone et tapoté un peu. Les iphones j’y connaît rien, j’ai juste récupéré celui la dans une poubelle d’un hp, et changé la glace chez un copain réparateur dans la 8ème.
J’avais dans l’idée que ça ferai bonne impression. Mais elle n’a pas levé le nez, occupée avec le sien, de téléphone, et son imprimante.
Elle a raccroché mais elle traînait la fille, avec ses papiers, et un nouveau coup de téléphones auxquel elle n’a pas répondu, elle a juste juré, et « fuck » ça faisait bizarre avec son look , alors j’ai rangé le téléphone bidon et je l’ai regardé, détaillé.
Mains manucurées rouge et long, rose vif presque fuschia, regard triste, trop de fond de teint ,pailleté, en plus, ça cachait pas vraiment ces cernes.
Jupe ( de ce que j’en devinait) et corsage à fleurs manches courtes, assez échancré pour deviner un peu de dentelle.
Un tatouage sur le bras gauche, une sorte de geko simplifié avec un nom arabe en dessous.
Sur son fauteuil, elle n’avait manifestement pas eu envie de l’enfiler, un tee shirt de la boite. EMC en grosse lettres blanches sur un fond bleu, avec un logo. Un mélange de ménage et d’ascenseur, genre monsieur madame, plus un seau et un balai. Je me suis un peu avancé et penché. En fait, on le voyait son soutient gorge, rose plus bas que la dentelle, même s’il n’y avait pas grand-chose dedans.
Après, dessous plutôt : trop serré sous la jupe, un peu maigre, j’ai vu ça parce qu’elle a donné un cou de pied dans son bureau, et s’est penché en arrière pour prendre ses aises.
Jambes croisées.
Bas gris.
Escarpin noirs.

Elle a raccroché le 3ème coup de fil qu’elle avait fini par daigné prendre un fois son imprimante remise en marche.

– Voilà:Mme Helsein vous attend.
quatrième étage, troisième bureau à gauche.

J’ai encore tiré ma cravate, et sorti mon plus beau sourire.
Au pire, je pourrais essayer de lui proposer un rencard, dans un chinois ou un indien, si je me faisait lourder.
– Votre prénom c’est ?
Elle n’a pas répondu, décidément, je suis nul en drague.
Je suis allé au milieu du hall et j’ai cherché les escaliers : je hais les ascenseur, sauf dans les films.
Deux par deux les marches.
Après quatres étages, deux marches par deux, ça fait que deux étages.

Je suais, du coup, et j’ai sorti un mouchoir papier pour m’essuyer le front.
Couloir, à gauche, un deux trois quatre cinq six, j’ai frappé et je suis rentré, c’était marqué « EMC DRH » « Entrez sans frapper », et dessous un autocollant « Mme Helstein », avec le « t » barré au bic.
Je me suis assis, dans un espace de moquette et de velours.
Et j’ai attendu, sur une sorte de canapé, avec des pois de toute les couleurs, à chier.

Helsein elle s’appelait donc la DRH, sûrement une allemande: Un plan de fou d’aller la dedans. Genre j’aurai peur : non j’ai peur.

Entretenir des ascenseurs, moi qui suis à peine capable de faire la vaisselle ?
Mais j’avais besoin d’argent pour payer l’appartement, la bouffe, ma chérie ne savait rien faire d’autre que le code de la Visa qu’on m’avait reprise, et faire l’amour. Et l’éditeur avait l’air de se moquer de mon dernier manuscrit, comme des autres, comme les autres.

Une femme est sortie de derrière l’immense porte en chêne sculpté qui grinçais un peu.
En fait, c’était une copie mal faite, la porte.

– Monsieur, si vous voulez entrer, Je suis Mme Helsein.
– Bonjour, oui.
Son bureau était drôle : j’aurais bien critiqué mais j’ai fermé ma gueule, il me fallait ce boulot. Critiquer le bureau d’une DRH devant elle, ça commençait les idées tordues. Déjà, en matant comme ça la secrétaire, et le plan votre prénom, j’aurais du m’en douter, voir venir.
– Asseyiez vous.
J’ai posé mon cul devant son immense bureau, sur un fauteuil ridicule.
Le sol en moquette bleu pale.
Son bureau, chêne encore, un téléphone.
Un cendrier presque empli de mégots, et un paquet de cigarettes.
A gauche, un briquet de luxe,
Des dossier bien empilés, à sa gauche aussi.
Juste quelques feuille qui traînaient, manifestement Mme Helsein était ordonnée et tabagique.
Derrière, du son, sur un Sony : je n’ai pas reconnu : un classique, style 1700, mais qui ? De toute façon, le son n’était pas fort.
Et un bar. J’ai louché dessus. Ca continuait de commencer.
J’ai relevé ma tête, bien droit, et les épaules, pour avoir l’air a la hauteur de la tache que je lui demandait, et paraître un gars fiable, honnête, travailleur. Un pote en hp m’avait donné un cour de maintien devant une DRH, c’est tout ce que j’avais.

Helstein était belle et monstrueuse d’arrogance et de pouvoir.
Belle oui : une brune, parfaitement maquillée, dans un tailleur de quelqu’un de Paris, mais je ne connais pas leur nom aux tailleurs de Paris, ou à peine.
J’ai regardé son chemisier, c’était brûlant : il me cramait les yeux, mais j’étais pas la pour ça. « Cramer les yeux » : ça continuait de continuer de commencer.

– Donc, vous voulez laver nos putains d’ascenseurs ?
« Putain ? » Ca augmentait encore l’angoisse, son ton, son regard, et son juron, mais j’avais besoin de ce boulot.
– Madame oui.
Et plus rien, le vide.
J’aurais pu lui raconter que si je ne payais pas mes deux semaines de retard de loyer, je me ferait foutre dehors.
J’aurais pu lui raconter que j’avais déjà lavé des vitres sur des grattes ciel.
J’aurais pu…
Je n’ai rien dit. Je l’ai juste regardé.
Même pas en face, j’avais déjà rebaissé la tête et mes yeux fouinaient.
Le bureau, ses seins, le bar, le téléphone, la pile de papier pour savoir si c’était d’autres candidatures.
Mes yeux sont remontés.
Sur ses yeux à elle, de fer, gris et perçants.
Je suis remonté encore doucement.
J’ai tout vu.
Quand on a dessiné des nues des heures, on déshabille quelqu’un en 10 secondes.
– Vous avez des références ?
-J’ai lavé des vitres, un peu partout à NY.
Et j’ai bossé 3 ans pour une banque, ou je faisais tout le nettoyage.
– Quelle banque ?
– Je vous donnerai un cv demain si vous voulez : une succursale de Goldmans Sach : huitième avenue, juste à coté du Washington square, il y a un japonais excellent.
J’ai toujours été doué pour inventer n’importe quoi.
– C’est aujourd’hui qu’il fallait l’emmener le CV.
Bon, je vous prends, dès demain, parce que j’ai trop de commandes et pas assez de monde. Mais à l’essai seulement. Si dans une semaine les clients sont contents, je vous garde, sinon un chèque et bye, vous irez voir ailleurs.
Vous venez demain, 8 heures, pile, c’est ici : voyez la secrétaire, elle vous donnera les instructions et le matériel.

– Merci madame.
Je me suis levé, lui ai jeté un dernier regard, en captant le maximum de ce que je pouvais capter, et je suis sorti de son bureau pendant qu’elle allumait une autre cigarette : l’odeur de la précédente était encore présente.

Je suis reparti, j’ai descendu les escaliers, et, après un sourire à la secrétaire qui n’a pas daignée y répondre, une fois sorti, dès la première poubelle, la cravate, je l’ai défaite et jetée.

Conseils littéraires

Outre la délectation, les toilettes sont de haut lieux de culture rapide qui peut amplifier cette dernière (avant dernière plutôt) si l’on sait correctement et sur place s’informer.
Y poser donc, à portée de main :
« Comment ne pas devenir un vieux con »1 : Passé l’âge de 15 ans, c’est nécessaire, et feuilleter ( tout est à feuilleter, on ne va pas y passer la nuit non plus).
Ce sont comme dit, des lieux de délectation alors comment faire ?
Pour commencer, se détendre et se trouver bienheureux en France avec « Le best of des lois les plus bizarres dans le monde entier »2.
Après ces prolégomènes ‘découvert’ dans « le petit livre des mots inconnus au bataillon 2»3, continuer par « 150 idées pour emmerder le monde »4
Vous voila cultivé, armé et détendu.
On peut passer aux choses sérieuses.
« L’art de péter »5 sera bien utile pour votre ego et vous mettra en train.
Laisser vous dès lors aller.
« In caca véritas »6 conclura cette séance que je vous souhaite quotidienne.
Bonus : en partant, quelques « Brèves de comptoir » prises aux hasard vous feront rire.

Ps: Je n’en ai de fait acheté qu’un exemplaire de chaque et me le suis offert personnellement, on verra plus tard pour les constipés de mon entourage, je ne suis pas assez au fait de ces choses.

1. Sophie Marie Larouy Mademoiselle Navie, Marabout.
2. Marc Hillman, Librio.
3. Larent Gaulet, First.
4. Catherine Guenec, First.
5. Pierre Thomas Nicolas Hurtot, Petite Biblio Payot, Irrésistible.
6. Josh Richman D’Anish Sheth Tebo, Glenat.
7. Jean Marie Gourio, une demi douzaine d’éditeur.

BOTUL

L’œuvre intégrale (à ce jour) de Botul est à lire. BHL vous le dira.
J’ai juste acheté celui la pour l’offrir et donner gout à ce philosophe injustement méconnu.

Championnat

Qui gagne ?

La nature ?

L’homme ?

L’animal ?

Et qui ne doit pas marcher sur qui ?

15 Juin 2016

411ème Anniversaire de la naissance de Rembrandt.
On s’en fou, l’ordinateur sait en faire des presque vrai:

61ème anniversaire de Marky Ramone.
L’ordinateur ne s’est pas encore intéressé à son jeu, pourtant, les Ramones, c’est bien aussi.

Pologne éternelle. Hommage III. Autant que certains lisent ( moi le premier, même si traduttore traditore)

Le Ciel et la Terre

« Sois réel ! – Tu rêves toujours le ciel,
Imminente la tombe par des influx incessants
Elle convoite tes os et tes cendres !
– Oh oui ! Pourtant où qu’il soit
L’homme voit plus de ciel
Que de terre…

Le même

Pologne éternelle. Hommage II. (J’ai déjà pas beaucoup de lecteur…)

Niebo i Ziemia

« Rzeczywistym badz ! Co ? Ci sie wciaz o niebie troi,
Podczas gdy grob, pradami nieustannemi,
Kosci twoich, prochow twych pozada !
– Och ! Tak, wszelako, gdziekolwiek czlowiek stoi,
O wielekroc wiecej niebos oglada,
Nizeli ziemi… »

Cyprian-Kamil NORWID (1821- 1883)

Pologne éternelle. Hommage 1.

Incertitude

Quand je ne te vois pas, je ne soupire pas, je ne pleure pas.
Je ne perds pas mes esprits quand je t’aperçois ;
Pourtant, quand je ne t’ai pas regardée depuis un moment,
Quelque chose me manque, quelqu’un m’est nécessaire ;
Et me languissant, je me pose la question :
Est-ce de l’affection ? Est-ce de l’amour ?
Quand tu disparais de ma vue, je ne peux pas
Dans mon esprit faire surgir ton image.
Pourtant, je ressens plus d’une fois malgré moi,
Qu’elle est tout près de ma mémoire.
Et à nouveau je me répète la question :
Est-ce de l’amitié ? Est-ce de l’amour ?
Quand tu poses ta main sur ma main,
Quelque part une paix m’envahit.
Il se peut que par un rêve léger je finisse ma vie,
Ou me ramènent à la vie les battements de mon cœur,
Qui me posent bien fort cette question :
Est-ce de l’amitié ? Est-ce aussi de l’amour ?
Quand j’ai composé cette chansonnette pour toi,
L’esprit poétique n’a pas guidé mes lèvres :
Plein d’étonnement, je n’ai pas moi-même réalisé
D’où sont venues les pensées pour ces rimes ;
Et j’ai écrit à la fin cette question :
Qu’est-ce qui m’a inspiré ? L’amitié ou l’amour ?

Adam MICKIEWICZ (1798-1855)

CHAP 28 ( Fin d’entrainement)

« Walk on the walk side ».
C’est pas vraiment de ça dont parle Lou Reed, mais j’y étais presque « On the walk side »,
« Sors des sentiers battus, ça faisait longtemps. ET « Walk » depuis toujours.
Forcément, je rêve.

35 miles de la cote.

C’était presque fini.

Cabine avant.
Elles étaient encore enlacées. Rien à faire ici, sauf à les regarder, si enlacée qu’elles ne faisaient plus qu’une.
Je me suis assis sur le bord encore libre de la double couchette.

Dehors. Le câble vibrait encore, avec plus loin, sourd, le grondement de notre remorqueur de fortune.
L’acide ca donne ça comme grondement: « conndnd çq hc udwchc ».

En remontant, je me suis allongé à nouveau sur le roof, enroulé dans la couverture mitée.
Le soleil sortait de l’horizon.
J’ai tendu la main vers Vénus et j’ai décollé.
Le câble s’est mis à siffler, découpant net les crêtes. L’écume crépitait en rythme.
J’ai bondi, en jetant la couverture, et me suis accroché au mât.
Le cargo virait.

Je voyais encore tous les phares malgré l’aube, sauf celui de La Havane, caché par la coque rougeoyante de l’énorme masse rouillée devant mon voilier.
Donc il s’était détourné la ou j’allais.
Adieu les trop, adieu le vol de caisse. Dans 2 heures, on serait arrivé, et dans 3, amarrés.

A Cuba.

Cuba Chap 27

J’ai repris le walkman.
Dring. Non. Avec l’acide de toute façon je n’avais plus rien que le émotions, et pas mal d’ailleurs.
C’est complique de vivre avec des gens qui ne sont pas dans les étoiles, quand on est dans les étoiles.

Il y a eu des lumières.

Fond mauve, cargo géant, presque noir, câble, et des points blancs.
Je suis redescendu dans la cabine, cherché dans le buffet.
J’ai sorti la carte de Cuba.
J’ai regardé.
Je suis remonté sur le pont avec les jumelles.
Les points ils m’aveuglaient, mais quoi ?
En bas de nouveau, , j’ai cherché. Dans les tiroirs du bas, il y avait un compas.
J’ai remis mon téléphone en charge : je risquais d’en avoir besoin, et justement, il y avait un câble.
J’ai fouillé.
Le compas, ça ne suffisait pas.
Sous des liasses de papier à l’envers, sûrement des brouillons, j’ai trouvé une règle Cras.

J’ai pris une feuille de brouillon, de l’huile une éponge, et j’ai rendu la feuille transparente.
Frottée sur mon jean, elle est restée transparente, mais ne risquait plus de salir la carte.
Posée, et règle.
J’ai cherché un stylo. Buffet parfait, on trouvait tout.

Les phares, c’était Harlem, Mariel, la Havane, Matanzas, Varadéro, et la Teja.
Le plus brillant c’était forcément le plus près : Varadero.
Moins de 80 miles de la Havane, à l’ouest.
Calculs. Trigonométrie, notes.
L’acide freinait tout, mais il accélérait aussi.
Merci Cras.
23°24’N 81°24’W.
On était à l’ouest, mais vraiment plus très loin.
Je n’avais ni envie de boire, ni de fumer, ni de rien : juste de me poser écrire, et d’aimer.
A la barre, Cecilia c’était envolée.
Je suis allé voir.
Dans la cabine, les deux filles dormaient, enlacées.

J’ai repris les jumelles, réglé.
La cote se dessinait, plus noire que le noir de la nuit.
En face, Varadelo, et 10° à l’ouest, la Havane.
A El Patriarca, à la pointe de la presqu’ile, il y avait surtout un port de plaisance, pas de voiliers sûrement, de la viande cuite et recuite sur des engins genre Bertram ou Aquasport. On pouvait, sur les quais sud y amarrer un cargo, mais pourquoi ?

Quatres miles de highway pour arriver à Valadero.
Et après bien qu’y faire ?
Je suis resté sur le pont.
J’ai attendu en rêvant, les idées.
Un Catalina, c’est du haut de gamme, mais pas vieux. Pas de pont en acajou : le plastic, c’est froid.
Je suis redescendu chercher dans la cabine et je suis remonté sur le roof.
Faut pas rêver d’accords mais ma pensée volait de notes en notes dans la nuit. Impossible de comprendre. Du trafic antiblocus ? Une autre trafic louche ?

Ca vraiment cassé : je n’aime pas comprendre.
« The Jack » D’AC/DC est reparti tout seul.

She gave me the Queen
She gave me the King
She was wheelin’ and dealin’
Just doin’ her thing
She was holdin’ a pair
But I had to try
Her Deuce was wild
But my Ace was high
But how was I to know
That she’d been dealt with before
Said she’d never had a Full House
But I should have known
>From the tattoo on her left leg
And the garter on her right
She’d have the card to bring me down
If she played it right

She’s got the Jack

Poker face was her name
Poker face was her nature
Poker straight was her game
If she knew she could get you
She play’d ’em fast
And she play’d ’em hard
She could close her eyes
And feel every card
But how was I to know
That she’d been shuffled before
Said she’d never had a Royal Flush
But I should have known
That all the cards were comin’
>From the bottom of the pack
And if I’d known what she was dealin’ out
I’d have dealt it back

She’s got the Jack
Alternative Lyrics:
The Jack (live)

Here’s a song of the record High Voltage
This one is a song about the clap
Now we call it `She’s got the Jack’
We’d like to give this one to you

Psssst
Gonorrhea, oh no, I just had my first dose
Of gonorrhea

She gave me her mind
Then she gave me her body
But it seems to me
That she gave it to anybody
But I made her cry
And I made her scream (scream for me)
[Audience screams]
I took her high
And I curdled her cream
But how was I to know that she had been there before
She told me she was a virgin
She was number nine, ninety-nine on the clinical list
And I fell in love with the dirty little bitch

She’s got the Jack
(I hate to tell you this darling)

I searched her mind
And then I searched her body
…But so did everybody
But she gave me her heart
And she gave me her soul
And a great, big – warn out
Empty hole
But how was I to know it had been filled in before
She said, « Bon, I’ve never had the urgency »
She was number nine, ninety-nine on the critical list
And I fell in love with the dirty little bitch

She’s got the Jack
(I’ll kill her)
(Oh and it hurts)

You know, I woke up one morning, and there it was on the sheets – the clap
Now I know you all call it the clap over here so what I’m gonna do
I’m gonna say « She’s got the –« , and I want you all to shout out
Just what it is she’s got, in this case it’s the clap
And if you wanna know who gave it to her, don’t look at me

She’s got the …
(I wanna hear your voices)
She’s got the … clap
She’s got the … clap
She’s got the … clap
(That guy down there, whatta you doing?)
She’s got the … clap
(Yeah, you show me)
She’s got the … clap
She’s got the … clap
(She got that too, ha?)
She’s got the … clap

Je ne connaissais personne des AC/DC.
Mais il y avait des enregistrements studio.
Le vendredi, c’était «Beat club sessions. », avec Gallagher.

Cuba, c’est pour les curieux. Ou les amoureux, Et je suis les deux.

En 72, je suis allé voir Winter, au RockPAlast.
Suzie Q. LA plus belle version blues rock enregistrée (à part les autres).
Copenhague.
Susie aussi, j’étais amoureux.
Un Albinos, bourré d’héroïne et de dieu sait quelle merde, avec un guitare sans importance, il, elle et tellement usé, mais une rage d’amour en 8 vers. Enfin 8 vers, comme il les répète, ça dure bien un quart d’heure, avec les solos.
Divin.
Il y avait trop de monde, j’étais trop jeune, j’ai même pas essayé d’approcher Winter.
Il y avait un roadies,
C’est qui Susie ?
« Ben ? Elle là. »
Je l’ai remercié.
Et, tu veut quelque chose mec ?
Fait gaffe en tout cas ».
Non, je veux rien, et j’y vais.
Je me suis avancé lentement vers cette minuscule brune, moitié caché derrière le rideau rouge du RockPalast.
Elle n’as pas bougée.
« Bonjour Susie ».
« Dégage,ou j’appelle Johnny. »
C’était pas la première gifle de ma vie mais c’est bien celle qui m’a fait le plus mal.
Je suis parti juste avec un rêve dans la tête, et des larmes aux yeux.
Enfin, j’avais la chanson, et je ne risquais pas de l’oublier.
Divin : magique et triste.

Cuba ( j’arrête les nombres : pour les curieux, c’est le 26)

MC5 à fond, c’est ça :
Bien avant les punk, c’étaient des punk.
On ne commence pas un vers avec « Motherfucker. »

Kick out the jams motherfuckers !
Yeah! I, I, I, I, I’m gonna
I’m gonna kick ’em out ! Yeah !
Well I feel pretty good
And I guess that I could get crazy now baby
Cause we all got in tune
And when the dressing room got hazy now baby
I know how you want it child
Hot, quick and tight
The girls can’t stand it
When you’re doin’ it right
Let me up on the stand
And let me kick out the jam
Yes, kick out the jams
I want to kick ’em out!
Yes I’m starting to sweat
You know my shirt’s all wet
What a feeling
In the sound that abounds
And resounds and rebounds off the ceiling
You gotta have it baby
You can’t do without
When you get that feeling
You gotta sock ’em out
Put that mike in my hand
And let me kick out the jam
Yes ! Kick out the jams
I want to kick ’em out

Le Catalina avançait au rythme du cargo. La houle me berçait.
Le 3eme acide montait, ça faisait trop, nettement trop, mais à la Havane, avec mes 4 derniers passeports, et les 250$, j’aurai ma vie. Et les deux filles : celle que j’aimais, et celle qui m’aimait.

Avec Julia, un soir, les soirs, tous les soirs, on récitait.
J’ai tout posé dans un garage, mais à l’époque, les livres, je les comptais au mètre ou la la tonne. A l’unité, je n’aurais pas eu le temps de les lire.
Poèmes : 25 mètres.
Dictionnaires 200 kg.
Fiction : ça tourne, je revend, alors je ne sais pas.
Polard idem.
Philo 15 mètres (ça m’endors, sauf Nietzsche, mais lui aussi il était fou, et amoureux)
Sciences 20 mètres.
Ecrivain ( j’enlève oliplo ( je ne sais pas bien dire)) 20 mètres.
Oliplo : non : j’ai vérifié « Oulipo », 2 rayons, et cent fichiers, autant de livres.
« Ou joue ? 
Pas de E ? »
En français ? Je ne suis pas doué mais bon .

La. Enfin : jus de fruit. On a bu. j’ai pris ( je dirais nichons, mains dans « seins » il y a un  « E » donc tant pis ; nichons pas Joli, mais pas de « e »)
Calins,
J’ai pris son amour,
J’ai pris le Jazz ( plagia)
Tard.
Pas trop
A poil
Moi aussi
L’un a
On a fait
On a vu
On a pris plaisir

J’arrete, j’ai remis un « e »

Fatigué, j’ai pris la Desdichada, et je lui ai lu.
Elle est resté scotchée. A la fin, deux heures c’est pas long, (mais que faire d’une poupée quand tu parle d’une autre poupée?)
A coté, dans le salon ou je vivais, je l’avais la Desdichada, un mannequin, habillé, avec un couteau de GI, une Kalachnikov, un billet de 1 dollars collé entre ses seins, un gilet de Sioux, et au pieds, la misère du monde :
Une fiole d’absinthe, un couple de marié, une grenade à fragmentation, une autre balle 7,62, un paquet de cigarette…et des merdes.
Elle a écouté. Elle a compris, qu’on pouvait devenir fou d’un mannequin, jusqu’à inviter des amis à dîner avec elle, après l’avoir habillé et maquillé. Qu’on pouvait s’entre tuer pour un bout de plastic, à 20 ans.
Je lui ai donné le livre.

Mon mot de passe, quand j’avais le Wi-fi, c’était un titre de Perec.

Ma mère est italienne, mon père français : alors, dans cet appartement, à NY, je n’étais pas génétiquement chez moi.

Et le mot de passe, c’était que de la poésie.

Le LSD, ça dégage, surtout trois en 12 heures.

Le cargo avançait doucement.
Je refaisait les mesures, Cassiopée était au bon endroit enfin : d’après la latitude et l’heure.
Le ronron ( cette distance, c’était du ronron) des diesels augurait la chance d’arriver
J’ai ouvert le téléphone: toujours pas de réseaux. Merde, si Martha se débrouillait, on avait 5 milliards, juste en Van Gogh  : J’aurai rhabillé ma nana comme elle voulais. Plus besoin de voler des escarpins. C’est du vol différent, mais on ne risque pas la tôle.

Cassiopée a doucement disparu.
Gamma d’abord. Enfin ,on, c’est Lambda.
Caph et Shedir étaient toujours la. Mais c’est Ruchbah que j’aime.
Alors j’ai laissé s’éteindre la nuit.

L’acide m’empêchait de vraiment dormir, Les étoiles, je n’avais qu’ à lever un bras pour y aller.
Je n’ai pas bougé. J’ai repris le sextant.
J’ai regardé la marque  « Sextant d’étude, école de bordeaux, 1957. »
Ah bon ? Il marchait bien ce truc ? Au moins le prix de dix mois d’hôtel à la Havane.
Mais je préférais encore savoir ou j’allais mourir, que de payer un endroit ou je ne voulais pas vivre.
J’ai repris, re -mesuré, enlevé les filtres.
Polaris était là.
Oui, on avait vraiment dérivé. Le cargo nous poserai ou je voulais aller.
Mais je voulais écrire seul.
J’étais amoureux.
Et une autre était amoureuse.

Va faire ça?

CUBA 25

H. c’était fini.
Je suis passé à I.
J.
K.
L.
M.
N.
O, P Q R S T U V W.
J’ai laissé tombé.
Je me suis décollé de Julia. Je suis sorti de la cabine, du salon, et prendre l’air.
Cécilia tenait toujours la barre.
Elle m’a sourit.
« Ca va ? »
« Non ».
« Viens contre moi, j’ai froid ».
Je me suis assis, pas trop près.
Elles s’est décalée, et le compas a bondi à 160.
« Fait attention ! »
Je me suis rapproché, et je l’ai remise droite.
Le Catalina est doucement revenu à 170.
Elle a posé sa tête sur mon épaule.
« J’ai froid c’est vrai ».
Je l’ai enlacé, remis son pull sur ses épaules. 
« Donne la barre. »
Elle a lâché, pris ma main, et s’est allongée sur mes genoux, contre mon ventre.
J’ai levé les yeux, regardé  le ciel.
Devant, en face, Cassiopée : Ça ne collait pas.
J’ai donné un coup de pied dans le compas, il a bougé, vite.
Putain de bateau. On allait nulle part.
Compas cassé ?
J’ai posé Cécilia, et suis descendu chercher le sextant.
Je repris les mesures. On était pas à 170° on partait vers le nord, à peut près l’inverse de ce qu’il fallait
J’ai redonné un coup de pied dans le compas, il a explosé.
J’ai repris un acide, plus la peine de ne pas planer, quand tout plane.
Et je me suis posé pour mesurer.
Le Catalina, il disait 170°, les étoile 2°
Autant dire qu’on remontait droit en Floride.
« Allo Houston, on a un problème », j’aurais dis, dans une capsule Apollo.
Julia dormais, Cécilia aussi.
Le ciel disait tout, encore fallait-il le lire.
J’ai encore repris les mesures.
De toute façon, avec l’acide, ça devenait de plus en plus compliqué de comprendre sérieusement le sextant.
2°15minutes : On remontait en Floride.
De toute façon…
Brusquement, le Catalina a bougé.
J’ai regardé sur à l’avant. On était empêtré dans un vieux bout de filet.
Je me suis accroché au pont, et j’ai plongé dans le noir.
L’eau était gelée mais si on ne bougeait pas, c’est nous qui serions gelés.
Je suis remonté, prendre un couteau, j’ai replongé, et coupé le nylon.
Au fond, un cargo illuminait : Rouge : « Rouge sur rouge, rien ne bouge, vert sur vert, tout est clair ».
Ca craignait. Vraiment.
Je suis sorti de l’eau, et j’ai cherché fébrilement, dans le salon du Catalina, une lampe torche.
Je suis remonté sur le pont, j’ai grimpé sur le mat, avec la torche.
… – – – …
« SOS »
Après, j’ai déconné.
— . .-. -.. . .-.- -.-. . .-.. ..- .. –.- ..- .. .-.. .. .-. .-
« Merde à celui qui lira. »
Encore …—…
Et encore.
Et encore.
Le cargo à tourné, il est devenu vert.
Il s’est rapproché.
Je suis descendu du mat.
Je me suis séché
J’ai attendu.
A 100 mètres, un halogène m’a aveuglé.
Le cargo a doucement ralenti.
J’ai entendu du bruit.
Ils descendaient un canot.
Bruit de moteur.D’oreille, un Mercury.
2 moteurs même, les hélices n’étaient pas synchro.
Une minute après, deux marins étaient là.
Ils on accostés, et sont montés.
« Ca va ? »
« Non, le compas est cassé, je vais à Cuba mais c’est plus le bon sens. »
Un des marins a sorti un gps.
« Vous venez d’où ?»
« Miami »
« Vous savez ou vous êtes ? »
« Dans lez choux, sinon non.
Je vais à Cuba »
« On va aussi à La Havane. Je vous tracte ? »
« Ce serait gentil ».
Il est passé à l’avant, et jeté le reste du filet que j’avais découpé.
« Je reviens ».
Les moteurs du zodiak ont grondés.
2 minutes après, il sont revenus.
Le mec a accroché un mousqueton à son câble, et à l’enrouleur.
Il est reparti vérifier qu’il était bien accroché à l’arrière du cargo.
Et plus rien.
Le Catalina a tourné doucement.
Il est revenu, a dit, « je rentre, on vous tire lentement, vous voulez pas venir dîner, ou déjeuner vu l’heure ?»
« On est trois, il y a ce qui faut, merci, on reste ».
De toute façon, les filles dormaient.
Le Saint Peter III a repris sa route, et nous derrière.
Plus de rouge, ni de vert, juste un câble qui fouettait l’eau.
J’ai remis le pull sur Cécilia.
Effectivement, Cassiopée avait repris la bonne place.
Je suis descendu dans la cabine, et j’ai remis la couverture sur Julia.
Pour un écrivain, passer son temps a couvrir de laine ses amantes, ça se posait la.
J’ai pris le walkman qui traînait par terre, j’ai remis MC5. A fond. Et je me suis couché sur le pont. On entendait par dessus les diesels du cargo.
J’ai repris le sextant : la polaire :
Bon dieu: on avait sacrément dérivé.

Cuba 24 ( c’est encore pair, il va falloir attendre 27 pour un nouveau premier)

Je suis sorti des souvenirs.
J’ai posé le Walkman, et j’ai repris Julia dans mes bras.
Le Catalina ne vibrait pas. Cecilia devait faire du bon job.
Je me suis allongé.
Je me suis relevé.
Je suis passé dans le salon.
Je suis remonté.
Effectivement Cecilia gardait l’œil rivé sur le compas, et c’était bien 170°.
J’ai fouillé dans ma poche, retrouvé le sac de coke. Il n’y en avait plus beaucoup.
J’ai ouvert les tiroirs, trouvé un couteau.
Je me suis refait un rail.
Je tiendrais debout jusqu’à Cuba.
La poudre est montée.
Moi aussi.
« Cecilia ?
Je te remplace ?»
« Va t’occuper de ta femme, j’ai rien à faire qu’à tenir ce bout de bois »
« Tu veux ? »
« Rien, je pense, ça suffit »
« Tu penses ? A quoi ?»
« A Cuba, j’arrive d’Irlande, tu me baise, je barre tu es amoureux on va écrire, à la Havane, tu crois que c’est facile ? »
J’ai baissé les yeux, et je suis redescendu dans le Catalina.
J’ai aligné ce qui restait de coke, et j’ai tout aspiré.
J’ai rejoint la cabine ou Julia dormait.
Je me suis collé contre elle.
Je l’ai enlacé.
Elle ne bougeait pas. Rien.
Décidément, la fatigue, ça plombe.

Je me suis collé au plus prêt.
Et j’ai récité.
Doucement. Pas doucement, en silence.
A. rien.
B. non plus.
C. Chopin, le cadeau 1 de Franck.
J’ai sauté à M.
Et je suis revenu à elle.
Le coeur de ma Julia battait sous ma paume, lentement.
J’ai compté : 65 max.
Elle était chaude. Je me suis collé encore plus, mais dormir et la coke, c’est plutôt incompatible.
Alors je n’ai plus bougé, et j’ai continué de compter.
E.
F.
G.
H. « En marge » : c’était parti.
J’avais rencontré Harrison quelques années avant, avec Julia.
Un drôle de ranch, dans le Minnesota. Mais je l’avais tout lu ce type, et il me fascinait.
On a frappé, il est arrivé, lentement.
« Vous voulez quoi ?»
« Parler »
« La véranda est par là, j’arrive »
On s’est posé avec Julia, au soleil.
Elle était si belle dans sa robe à fleur, et vu l’heure et la chaleur ; l’odeur devenait intéressante.
Jim est revenu, en traînant dans ses pantoufles.
« Tu veux parler de quoi .T’es journaliste ? »
« Non, lecteur, c’est tout »
Je lui ai récité le début d’un beau jour pour mourir.
Il a cligné des yeux.
Il a regardé le décolleté de Julia.
Il s’est relevé, et parti puis revenu avec du bourbon et trois verres.
« On parlera quand tu auras bu un verre, et elle aussi »
Il s’est servi, a but au goulot, et a rempli les deux autres verres.
« Julia, c’est pas son truc tu sais »
« Ben foutez le camp alors »
Julia a croisé les jambes, très haut.
Elle a pris le verre, décroisé les jambes.
Harrison regardait ailleurs du coup.
Elle a posée le verre, et recroisé les jambes.
J’ai pris le mien, j’ai cogné celui de Jim. On a avalé ensemble.
« Bon, tu veux parler de quoi ? »
« Comment tu écris ? »
« Je me pose la, et je regarde
Et je bois
Et j’ai une Underwood. Je mets les feuilles,je tape, ça sort tout seul. »

« Dalva aussi ? »
« Tout mec, tout, juste du bourbon et un couché de soleil »
Il s’est resservi, m’a resservi. Julia croisait et décroisait les jambes, son verre était sur la table.
Il s’est levé, a traîné à nouveau ses pantoufles.
Derrière, sur son buffet, il y avait une platine. Il s’est baissé. 2 minutes après il sortait un lp. Il l’a posé sur la platine, s’est rebaissé pour allumer une multiprise.
La platine a démarrée.
Chet baker.
Même Julia a sursauté.
Il a monté le son. La trompette devenait trop forte, mais d’une telle douceur.
Il s’est rassit.
« Tu connais d’où ?»
« De toujours, tes livres je ne les prête plus, je les vole et je les offre »
« Connard ».
Il a fini son deuxième bourbon.
J’ai fait pareil.
De toute façon pour parler, il en faudrait bien quatre.
J’ai tapé au hasard :
« Héraclite ?
C’est quoi la vitesse du temps ?
« Prend garde ô voyageur, la route aussi marche. » Rilke.
Ça l’a scotché le Jim, que je lui sorte ça.

Ben oui, je le connaissais par cœur.

« Tu connais Klein ? »
« Je l’ai lu, c’est tout.»
Il s’est resservit un verre.
J’ai continué.
« Rien n’est moins intéressant, sinon pour les exégètes futurs, qu’un écrivain en pleine période créatrice ».
Il s’est resservi encore un autre verre. Et a allumé une clope.
La: plus besoin d’alcool, il allait me parler.
Julia a décroisé les jambes. Il ne regardait plus.
La fumée embrumait sa véranda.
« Le temps, la moindre des choses, c’est d’être sans cesse au présent : avant c’est intouchable, après ça n’existe pas. »
Il a écrasé sa clope.
« La courbe du temps ?
Pourquoi tu parles de ça ?»
J’ai continué.
« Je vais me suicider ou mourir en essayant, pensa Walter au bord de la Tamise-à marée basse et très féminine.»
Et j’ai arrêté.
Il a repris une clope. Un autre verre ( putain, il allait vraiment plus vite que moi)
Et il a raconté.
« Ou suis-je ? Dans un canyon glacé… »
Julia, s’est collé contre moi.
« T’es où dans ce monde ? »
« Nulle part, j’invoque des symétries implicites 
Tu connais Dirac ?
Ma poésie, c’est des maths mais il ne faut pas le dire. Dirac, il a dit l’équation est belle, donc elle est juste »
« Oui, mais Dalva, j’ai rien vu de ça ? »
«Tu n’avais qu’a mieux lire 
le temps est subjectif, la chronologie aussi.
Dalva, c’est juste une poésie sur des équations».
J’ai pris la main de Julia.
J’ai dit, au hasard « 6,626 10^-34″

Il a sourit.
Il a dit « Planck, prend plutôt la réduite ; 1,054 1°^-34″. Il s’est resservit un verre.
Il m’a dit « causalité ».
Je l’ai levé ma chérie, j’ai admiré sa robe.
J’ai embrassé Jim sur le front.
Et on est parti.

Cuba pas de titre (c’est 23 au moins)

J’ai pris Julia.
Elle a cessé de pleurer.
J’ai pris le walkman de Franck.
J’ai fouillé.
Il y avait tout MC5, c’était le deal.
Il y avait le cadeau aussi. J’ai appuyé la touche « rewind ».
C’est revenu au début.
Play.
Et un autre cadeau, juste pour moi, celui là. All the stuff and more, les 2 albums: Ramones. j’ai regardé mon tee shirt.

20 ans avant, on peignait avec un pote, enfin quand je ne couchais pas avec les modèles.
A genoux, dans un petit appartement, à Providence, a 100 pieds de l’école d’art, et en face de l’école de filles.
On barbouillait en rêvant, il n’y avait pas de voisins, alors l‘ampli il les crachait à fond, les Ramones.
Le jour, on regardait les filles sortir en jupes, de l’école.
Et la nuit, peinture.
Sauf un jour, ou je suis sorti, j’ai pris un échiquier, je me suis poliment pointé
« Vous savez jouez au échecs »
« … »
« Je ne vous demande que si vous savez jouer aux échecs ? »
« Oui mais… »
« Mais rien, on fait une partie ? »
Elle a lissé sa jupe , relevé sa mèche.
« Ma maman… »
« Ta maman, tu la reverra bien assez vite, on fait un blitz ? »

Je lui ai pris la main, elle l’a lâché.
On est allé au bord de Rhode Island Hospital.
Elle suivait.
Il y avait un parc, et des tables.

Les trois quart des tables étaient occupées.
Des vieux, qui réfléchissaient, avant de pousser leur pièce.

J’ai trouvé une table libre.
J’ai ouvert l’échiquier.
« Tu veux les blancs ? »
Elle ne disait rien, elle tirait sa jupe. En baissant les yeux.
« Bon, tu prends les blancs.
assis toi».

J’ai installé les pièces.
« Allez : commence ».
Elle a bougé un pion.
D2-D4.
Ça commençait mal: son roi était en ligne directe.
E7-E5
Elle a pris mon pion : Forcé, c’était cadeau, mais empoisonné.
Les échecs, c’est la guerre. J’ai sorti un cheval.
Elle a bougé un autre pion.
L’autre cheval.
2 coup après, elle était mat. Ca lui allait au teint, elle était mate.
« Une autre ? »
« Non, je dois rentrer »
« Prend 5 minutes, je peins, vient voir ».
Elle s’est relevée, relissé sa jupe.
J’ai remballé l’échiquier.
Quand j’ai repris sa main, elle ne l’a pas lâché.
On a doucement quitté le bord de mer, et on est retourné à l’appartement de Jean Claude.
Il était vautré, ses pinceaux renversés, et du goudron un peu partout.
J’ai serré la main de la fille.
« c’est quoi ton nom ? ».
« Aurélie ».
« Viens Aurélie, je te fais un café ».
On a enjambé Jean-Claude.
Elle a relissé sa jupe, si fort, que j’ai cru qu’elle allait tomber.
Dans la cuisine, je lui ai proposé une chaise, et j’ai fait le café.
Dans le salon, j‘ai remis les Ramones, à fond. Jean Claude a grogné, s’est retourné, et rendormi.
«  Tu connais les Ramones ?»
« Non »
« Tu veux autre chose ? »
« Non »
Je lui ai servi une tasse.
« Alors, les peintures, tu veux les voir ? »
« Oui »
Enfin un oui.
Je lui ai repris la main, et je l’ai emmené derrière, dans notre lieu de travail.
Des tableaux, il y en avait partout.
Ceux de Jean-Claude, les miens, 3 photos de géants, et un pick up.
Elle est resté sans voix.
Je suis repassé au salon, j’ai viré le Ramones et sorti le Velvet: la banane de Warhol.
J’ai reposé la cellule, en écartant le premier morceau. Directement sur « I’m waiting for the man »
Je suis retourné dans notre atelier. Aurélie était assise. Elle regardait, et elle ne lissait plus sa jupe.
J’ai chanté avec Lou reed. J’ai juste un peu changé les paroles.
« I’m waiting just for you. »
« J’ai pas 27 dollars dans la poche. »
Ca a sauté : « Come on baby. »
Elle a tourné la tête.Je lui ai pris le menton, et je l’ai embrassé.

22 , chap, cuba, 22 n’est pas un nombre premier, déjà il est pair…

On descendait trop vite.
J’ai repris. Dans l’ordre: ses seins, ses yeux sa bouche. Et le sextant.
A l’oeil, 70 miles avant de changer de cap.

Everybody
Love my babe

Le sextant s’est envolé, et Polaris a bougé. Trop vite.
Je suis retourné voir Cécilia. Elle ne voulais plus trop écrire, juste me reprendre.
Mais elle gardait le cap.
Bébé, je suis a l’ouest.
Non, on est au sud, et Key West, j’ai pigé, c’est dans trois heures maintenant.
« Mais ta fille elle dors , et moi je te veux. »

« Tu fais quoi sous acide ? »
J’ai coincé la barre, et j’ai enlevé son pull.
Elle a jeté le reste.
Elle sentait acre. Sûrement de deux heures avant.

J’ai encore invoqué. Road house blues, au milieu du pacifique: « Let it rool », toute la nuit.
On était grand large. Dans mes bras elle ne déconnais pas, au moins, mais pour écrire…
Le sextant s’est posé. Il est descendu : le Catalina changeait de couleurs dans la nuit.
Cécilia a gémit, puis hurlé.
« I got myself a bier 
Let it rool »
J’ai remis mon jean et le tee shirt Ramones.
Elle a repris la barre. J’ai remis le cap à 195°, stupide, ça allait nous écarter, mais le lsd, ça n’aide pas à réfléchir.
Elle l’a remise doucement à 170°.
Je l’ai rhabillé. Le string, le reste.
Elle m’a embrassé.
Je suis resté couché sur le pont.

Elle a coincé la barre.
Elle est descendu dans le Catalina.
Le vent se levait. Le bateau commençait à vibrer
Pas moyen de me relever.
La grand voile a claqué, et fait un aller.
Tout a vibré plus fort.
Cecilia est remonté, avec du café.
« Et ma coke ? »
« Dans ta poche, tu ferais mieux de dormir, ta fille elle est en bas, et elle pleure »
Elle m’a relevé.
Je suis descendu.

Oui, dans la cabine avant, Julia pleurait.
Je l’ai serré.
J’ai enlevé ses écouteurs. Adieu MC5.
« Je t’aime bebe »
Elle a relevé la tète.
« Et tu faisais quoi tout à l’heure ? »
« L’amour. C’est interdit ?»
« Juste avec moi »
« Écoute, on l’emmène, elle écrira »
« Elle te baladera surtout »
« A Cuba, on sera trois, c’est tout »
« Je ne veux pas
Juste toi »
Je l’ai embrassé.
J’ai pris le téléphone. Pas de réseau
La ou on était, ce n’était pas surprenant.
Mais Cuba, c’était plus très loin.

Cuba chap 21

J’ai invoqué le lapin blanc.
Dans ma poche, il y avait encore 127 buvards.
Le ciel était limpide.
J’ai vérifié le cap :195°
Cécilia ne bougeait plus : encore 6 heures.
Je descendais trop. 126, l’autre je l’ai mangé, tant qu’à planer.
« Goog luck Mister Gorsky ».
Une phrase d’Amstrong, sur la lune.
Des années pour comprendre.
Il avait onze ans.
Et il a entendu le voisin. Enfin, la voisine.
« Connard, je te ferais une pipe quand on marchera sur la lune »
Amstrong, il y était sur la lune. Alors : « Good luck » . Houston n’a pas compris.
Je me suis couché contre elle, j’ai passé la main sous son pull, de toute façon, elle ne demandait que ça.
C’est doucement remonté ». Pas assez vite.
Je passe encore la suite.
Je me suis rhabillé.
J’ai fait comme d’habitude : je regarde ma montre, je décide: et quand c’est l’heure, je me lève.
Polaris avais baissé. On descendait.
Sextant, mesure. Avec deux acides, ça devenait difficile. Latitude il fallait descendre, longitude cuba était si large que si Cécilia tenait le cap, on ne pourrait pas la rater.
Le sextant prenait les mesures tout seul, le vent, les goélands, les poissons.
Le Catalina a tangué.
Je suis allé vérifier le compas : 195. Cecilia ne bougeait plus, collée a la barre. ?
Parfait.
Alors c’est l’acide qui me faisait bouger ?
Je me suis accroché, j’ai regardé l’eau.
Sous le bateau, une baleine.
« Cecilia » ! 
Je délire ? Viens voir. »
Elle s’est bougé, elle a regardé, et elle a rit.
« Il y a bien une baleine, vient »
« On écrit » j’ai dit . Juste on écrit.
« Arrête tes connerie, tu te souviens de ce qu’on vient de faire, et qu’on va refaire la ? »

Les deux acides, ça faisait un peu trop.
Cécilia s’est envolé aussi. La bateau a fait demi tour, et il s’est envolé aussi.
Martha avait raison : c’est pas comme ça que j’irais à Cuba.
Je me suis couché :C’est idiot je ne touchais pas plus le sol qu’une heure avant.
J’ai pas fermé les yeux, c’était déjà fait.
Et j’ai attendu.
Cecilia, le sextant,
Et la baleine.
Quand le jour s’est levé, le bleu m’a encore allumé.
Cécilia ne volait plus, elle gardait le cap.
Le sextant était à mes pieds, il ne volait pas non plus.
11:53
J’ai pris le sextant, et je me suis aveuglé de soleil. Mais j’avais l’angle. Tel calculette. On avait passé Key West, pleine mer.
« Cecilia »
Elle a enlevé son pull. «  non, sérieux, après si tu veux, là tu change le cap 
170»
Elle n’a pas remis son pull
Mais elle a tourné doucement la barre.
Le Catalina a suivi : 170 pile : putain cette fille, elle était aussi douce avec un voilier qu’avec moi..

Cuba chap17

J’ai pris une douche : Marha avait ramené des bagels
On a déjeuné.
Julia s’était maquillé.
Je suis allé fouillé dans les Lp.
Joplin, ou Morisson.
J’ai mis Absolutely Live.
J’adore le cri, à la fin d’Alabama song.
Le café brulait encore, même après la douche.

« Je vous dis qu’on doit mourir. » Va savoir ? Tant que je ne suis pas mort,je peux rêver etre immortel.
J’ai embrassé Martha, et j’ai attendu le tel : à 15 heures, si elle n’était pas la, on partirai sans elle.
14h 50
« Allo, c’est Cecilia », je suis en bas de ta rue, tu es où ? »
Je dormais, je me assis, me suis refait un rail.
« En haut de la rue je crois, t’as un gps ?
« Non »
« Bon, c’est Amélia street, je sors
Tu va au nord
Au nord,
Putain regarde ou demande
Je me mets au milieu de la rue »

Je suis sorti,je me suis assis sur Amelia street.
J’ai attendu.
J’ai invoqué encore : Joplin, Julia avait repris ses MC5, elle attendait
Ca c’est mis à briller. Une apparition. Cécilia d’Irlande était en face.
Elle avancait, comme les pages de poèmes qu’elle voulait écrire.
Avec moi, ou je voulais.
Je me suis levé.
J’ai invoqué plus hard : J’ai repris give me a women, de 10 pieds de haut
On s’est avancé. On s’est pris dans les bras
Je l’ai lâché, jai juste serré sa main, et je l’ai ramené au pavillon
Martha avait encore fait des gâteaux.
Cookies café.
Et le porto, qui restait pour moi.
Je suis allé levé Julia.
« on y va bebe »
« Ou ?»
Putain, il n’y a pas que moi qui était à la masse.
« Viens »
Martha m’a dit, « tes truc de Van coch »
« Van Gogh »
« Oui, j’ai un gars intéressé », les 5 milliard, je ny crois pas, mais un ou deux, surement, tiens, acompte »
Elle m’a passé 500 dollars. Je l’ai embrassé, j’ai pris les deux filles par la main, et je suis redescendu au garage.
Porte ouverte, cables à la Franck.
L’aston a ronronné.

D’Orlando à miami, c’est la 77, direct, sauf que je voulais faire un détour par Palm beach, à coté, souvenir. En plus, à Palm Beach en dehors des filles siliconées, j’avais un pote plein de buvard, et là, j’avais envie.

J’ai tourné sur la 192, à St Cloud.
Je n’avais plus l’adresse, et Fleshmeren c’est des carrés.
J’ai tourné
J’ai trouv »:ce con avait une villa « cops are my friends protect and serve. », tu parles, avec son trafic.
J’ai posé l ‘Aston sur le trottoir
J’ai dis aux filles « on ne bouge pas, je reviens »
J’ai pas sonné, il n’y avait pas de sonnette.
J’ai sifflé « close to you babe ».
J’ai entendu des pantoufles fatiguées.
Il a ouvert la porte.
« Make me feel allright mec »
« Dis bonjour d’abord connard »
On s’en embrassé.
« Tu veux quoi ? »
« Cuba, je suis pressé, j’ai deux fille sur le trottoir »
« T’est mac ? »
« Non abruti, 2 filles dans une voitures posée sur ton trottoir
T’a des lapins blanc ? »
Il s’est gratté l’oreille
« Oui, combien ? « 
« Une, deux feuilles. 
Et puis si tu as autre chose, je suis fatigué »
« Méthamphétamine, mais tu vas en chier. »
« A Miami, je trouverai de quoi redescendre »
Il a reglissé sur ses chaussons, est parti dans son salon, et revenu.
Avec une boite, la meth, et deux buvards, grosso modo 128 acides.
J’ai invoqué encore. Patty smith « Horses », ça collait à la situation
« Combien ? »
« C’est 30$ le buvard multiplie par 128,  la meth cadeau »
« j’ai pas »
« Tu fais chier, prend tout, tu me devra un service »
J’ai pris les deux feuilles, et découpé un acide. 127 du coup.
J’ai mis le reste dans ma poche, plié en quatre, et j’ai avalé 3 cachet de meth, j’avais encore deux heure de route au moins, et un bateau à voler.

Well, I’m the Crawlin’ King Snake
And I rule my den
I’m the Crawlin’ King Snake
And I rule my den
Yeah, don’t mess ’round with my mate
Gonna use her for myself

J’ai invoqué encore. La meth montait

Les filles n’avaient pas bougées
Je suis allé chercher, juste en face, 3 cappucino dans un starbuck
J’ai payé, pour une fois. La caissière, c’était un caissier, mais même à cette heure, il semblait dormir. J’ai failli lui donner de la meth.
Dans l’Aston, j’ai secoué les filles.
On a bu ces gobelets de merde.
J’ai refais des étincelles et on est partie, retour sur la 192.

Pas de cops, j’ai poussé l’Aston : A plus de 220 miles, Miami est arrivé vite.
Maintenant, il fallait trouver le port, choper un bateau, et puis c’était fini.
J’ai suivi la 12ème, et on s’est installé au « crasy about you »
Fruits de mers, vin blanc.

Le port, c’était bien plus au nord. La serveuse m’a expliqué.
J’écoutais pas : meth acide, j’étais juste entre ses seins, et sa voix.
Il fallait repasser North river, et suivre Biscaycane boulevard, jusqu’à la 2A, puis Mac Arthur.
Au Crasy, j’ai rappelé la serveuse, j’ai recommandé du vin californien, et j’ai avalé une autre meth.
On a fini le californien.
J’ai payé, je l’ai embrassé la serveuse, elle a rosie ( j’aime les femmes qui rosissent quand on les embrasse), et on est parti.
De toute façon, l’acide montait, et l’acide, quand ça monte, je roule 3 mètres en l’air, à coté, par dessus les camions, et il n’y a plus à invoquer, ça vient tout seul.
On est arrivé par dessus les camions, à mia marina : 200 voiliers, je savais faire, sinon c’était de l’autre coté du pont, des cargos, mais ça, je ne savais pas faire.
J’ai rodé.
Un Catalina, le reste c’était des trucs à moteur, de pèche aux large. Le Catalina, c’était un voilier.
J’ai enlevé mes chaussure ( c’est pas parce que je planais qu’elle étaient silencieuses). Je suis monté à bord.
Je me suis allongé, et j’ai recompté les étoiles.
Puis j’ai forcé la porte : personne, et tout le matériel, sauf les clés du diesel.
J’ai pris le téléphone, et j’ai appelé Franck.
« J’y suis, mais comment je démarre le diesel d’un Catalina ? »
« Tu fais chier, bouge pas ».
J’ai attendu.
« Il y a un capot en haut, à gauche, tu ouvre ».
Je suis retourné dans le cockpit, cherché au hasard et trouvé un couteau
J’ai fait sauté le capot.
« Ok après. »
« Il y a un boitier noir avec 5 fils ».
« Oui ».
« Tu coupe le rouge et le bleu, ok, c’est pas standard, c’est Catalina,
Et tu les lie ».
« C’est fait ».
« Et puis tu coupe le rouge, et tu touche avec , ça va démarrer ».
J’ai coupé, j’ai touché, le diesel a grondé.
« Merci mec ».

Je suis allé cherché les filles
Je les ai posé dans les couchettes à l’avant du Catalina. Cecilia voulait m’aider.
« Vient, et tiens moi la main »
J’ai repris le volant de l’Aston, j’ai accéléré, et j’ai sauté avant quelle ne plonge dans la baie. Tant pis pour les sacs. De toute façon, à Cuba, des fringues il n’y en a pas besoin, ou on les trouve.
J’ai désamarré, et j’ai embrayé l’hélice.
« Cecilia ! Tu veux aider : pousse ! »
On s’est retourné, on a quitté doucement la marina. En mer, je mettrais les voiles.

Cuba Chap 20 ( on va faire une pause.)

Dans deux jours on était à Cuba.

Chap plus loin ( 19 ?) One more time.

Une fois j’avais
Un petit jeu
J’aimais rouler
dans mon cerveau.

Ok, je ne traduis plus, je suis nul, à ce jeu.

Once I had a little game
I liked to crawl back in my brain
I think you know the game I mean
I mean the game called ‘Go Insane’
Now you should try this little game
Just close your eyes, forget your name
Forget the world, forget the people
And we’ll erect a different steeple
This little game is fun to do
Just close your eyes, no way to lose
And I’m right there, I’m going too
Release control, we’re breaking through

Release control, on va passer. Les portes de le perception Huxley non ?

Le ciel se remettait a briller, et Cecilia a rêvasser. 195°.Elle tenait le cap, ses seins explosait sous le pull.
Je suis retourné dans l’armoire. Il y avait des jumelles. Il me fallait un capteur,pour le phare sinon, ou s’échouerait n’importe ou, au mieux.
Radiobalise, j’ai trouvé en bas.
J’ai visé au jugé, mon estime n’était pas si mal.
J’ai rebranché le tel sur la batterie portable ( encore un vol mais bon), et compté.
Compté chaque seconde. On ne devais pas être loin de Key West.
Elle s’est rapproché. J’ai dit que je ne le dirais pas. Je ne le dirais pas nom plus.
Il me restait encore de la coke, et les milliards de Van Gogh
« Trouve un truc, sur ce bateau je suis perdu. »
Le Lsd disparaissait a peine., j’ai sorti un des A de ma poche, et j’en ai mangé un autre?
Tu en veux ?
« Non, ses seins fonce.
I had a little game
I liked to crawl back in my brain
I think you know the game I mean
I mean the game called ‘Go Insane’
Now you should try this little game
Just close your eyes, forget your name
Forget the world, forget the people
And we’ll erect a different steeple
This little game is fun to do
Just close your eyes, no way to lose
And I’m right there, I’m going too
Release control, we’re breaking througholaients.
Mes yeux, elle cherchait vraiment.
Pas moyen de lui faire comprendre.
« C’est Julia ma nana! merde!
Tu veux baiser, ou tu veux écrire ? »

« Les deux »
« On a déjà baisé, écrit maintenant ».

Cuba chap 18

La nuit tombait
Et Cécilia laissait tomber ses fringues.
En mer, on est mieux nu, et elle n’avait pas de pudeur.
Julia se peignait, dans la cabine du fond.
J’avais le cap, le port de Miami était loin, encore 2 miles et on serait hors des eaux territoriales
Il fallait aller à Key West, et puis au sud encore.
Key west cap 195°.
Après, la Havane 170°.
Sans compter les courants.
Et l’estime.
J’ai coupé le moteur.
J’ai hissé la grand voile.

Et j’ai tourné les yeux, Cécilia à se prélasser nue sur le pont du Catalina, j’avais pas envie de voir.
J’ai sorti le grand foc.
J’ai accroché, tiré.
c’est con, il y avait un enrouleur mais il était cassé.
La voile a claqué dans le début de vent.

« Cécilia ?
Mets une culotte, et vient m’aider, je ne peux pas barrer et faire le reste »
Elle a minaudé.
« Mets une culotte merde.
Prends la barre, et regarde le compas : reste à 195 »
Elle s’est retourné, et a cesser de me foutre son cul dans les yeux.
Elle est descendue dans la cabine, et elle est revenu, habillée.
« La barre ? c’est ce truc ? »
« Oui. Tu la bouge doucement, et tu regarde cet autre « truc », la, l’aiguille doit rester à 195, au moins 15 heures. Je viendrais te remplacer, mais là, ils y a des choses plus importantes, à moins que ça soit les requins qui t’importent »

Elle a fait la moue, et elle a poussé la barre a font.
La grand voile a dégagé. Le Catalina s’est couché. J’ai baissé la tête. J’ai gueulé.
« Arrête tes conneries ».
J’ai repris la barre, remis le Catalina grand large, J’ai pris Cécilia, sa main, sur la barre.
« Tu fais ça, et tu arrêtes tes conneries. »
Elle s’est collée : Même habillée, elle me cherchait.
« Comme ça ? ».
« Oui
Non, en bas il y a Julia, je l’aime. Toi aussi je t’aime, mais juste pour écrire, avec moi, à Cuba, rien d’autre, sinon fallait rester en Irlande. »
« 195:pigé ? Je vais voir ce qu’on peut manger. »
Jamais je n’aurais du l’attendre.
Je suis descendu
Les réservoirs d’eau étaient rempli.
Il y avait des boites de conserves : crabe, haricots, de la semoule. Pâtes, riz…
Le gaz marchait. Assez de vaisselle pour huit : un Catalina, 42 pieds, forcément.
J’ai trouvé du riz, une casserole, du sel, un briquet.
Du ketchup. Ça ne serait pas du homard ce soir, mais on mangerait
Je suis remonté.
Cécilia ne bougeait pas, Le cap était bon: dans 15 heures Key West.
Je suis redescendu, j’ai pris son pull, et je suis revenu lui poser sur le dos.
« Donne la barre, et enfile ce truc, tu as la chair de poule. »
Ma Julia se reposait: pas étonnant, deux mois sans dormir. Je l’ai recouverte de la couverture sous le lit de la cabine.
Et je suis remonté.
Je me suis collé contre Cécilia : Elle a frémit
« Donne la barre, ça s’appelle un quart »
Elle m’a pris la main, j’ai enlevé doucement.
« J’ai dit la barre, pas ta main. 
On va écrire c’est tout. »
« … »
« C’est tout », le reste on l’a déjà fait bien avant.
Elle a baissé les yeux et enfilé son pull.
« Va surveiller l’eau, quand ça bout tu mets le riz:2 verres. 15 minutes»

Le bleu s’assombrissait. Moi aussi dans mon tee shirt j’avais froid.
J’ai regardé derrière, à 0 degré. La polaire était déjà là.
J’ai coincé la barre.
Dans le salon, il y avait une armoire, et dans l’armoire, un sextant.
Ma montre, elle est calé sur une horloge atomique.
J’ai pris le sextant.
Je me suis assis sur le toit du Catalina, j’ai réglé.
Latitude : facile 25,10
Longitude, j’ai sorti le tel, l’heure. Et la calculatrice. Polaris disait -80 à peut près
On était a Key Largo, d’après mes calculs et la carte du salon.
Un quart du trajet. Ça allait plus vite que prévu.

« c’est cuit »
J’ai recoincé la barre, rangé le sextant, et suis allé réveillé mon bébé.
Cécilia faisait la gueule.
Pas dis quelle n’était venu que pour écrire.
Je lui ai fait une bise dans le cou.
A coté du sextant, dans l’armoire, il y avait d’autres cartes, avec les déclinaisons, et un ampli pour ipod.
Mais pas d’ipod. J’ai fouillé.
Sous la table, il avait glissé.
J’ai cherché des piles.
J’ai trouvé. Les gens sont tous pareils, ils cachent leurs objets juste la ou on les cherche, il n’y a que Poe, et mon Aston, pour déroger.
J’ai remis en marche le truc. Connard : sur l’ipod : Madonna, Rhianna, Loana, des femmes en « A ».
J’ai mis Madonna, je déteste mais son ex est un génie alors.
« Like a virgin »
Like, c’est sûr. Virgin…
Julia est venu s’installer. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu de regard de haine aussi 7.62.
On (j’ai) servi le riz.
Il y avait une bouteille de vin français, dans le mini frigo
Pas d’ouvre bouteille.
Je suis ressorti, regardé les autres étoiles, j’ai cassé net le goulot sur l’accastillage du Catalina.
On a bu.
Et mangé le riz au ketchup.
Après, j’ai recollé Ceci lia à la barre : « toujours 195, à l’œil, c’est huit heure avant Key West »

A Key West, quelques années avant, j’y ai vu le plus beau concert de ma vie. Clapton, avec Derek and the Dominos: Le morceau : « Keys to the highway ». Comment prendre le large sur une île grande comme un petit doigt ? Il n’y a pas de highway, rien. Flagger avenue, c’est tout, comme la « diagonal » à Barcelone.
Deux trois bars, un marchant d’article de pèche, un starbuck, une supérette : la fille était belle, endormie sur sa caisse.
Mais le concert…
Winter l’a fait, « key to the highway » les Stones aussi, ça ne m’étonnerait pas que les Guns s’y soient amusés. Little Big Bronzy, Keith Ritchards, robert Cray, Jeff Beck….
Le concert, de la magie.
c’est con de ne plus avoir que Key West comme balise pour changer de cap.

I got the key to the highway,
Billed out and bound to go.
I’m gonna leave here running;
Walking is most too slow.

I’m going back to the border
Woman, where I’m better known.
You know you haven’t done nothing,
Drove a good man away from home.

When the moon peeks over the mountains
I’ll be on my way.
I’m gonna roam this old highway
Until the break of day.

Oh give me one, one more kiss mama
Just before I go,
‘Cause when I leave this time you know I,
I won’t be back no more.

Key West, tout compris, en long, ça fait 4 miles. Avec l’Aston, j’ai fait trois fois le tour avant la fin de la chanson.

J’ai récité.
J’étais seul, à la barre, les filles traînaient en bas.

J’ai repris le sextant.
24,80°
Longitude pas moyen d’être plus précis toujours -80, et j’en avait marre des calculs, des sinus, des équations
Islamadora, à l’oeuil . Bon dieu qu’il allait vite le Catalina.
Je suis redescendu. Les filles étaient enlacées, dans Thésée.
J’ai ressorti le sac de coke, et me suis fait un rail : Rien.
Alors, j’ai pris une des seringues, me suis fait mon mix, et j’ai piqué. Ça a explosé la. Je pouvais garder le bateau.
J’ai tourné la tête, en gardant le cap.
Alderamin, Errai.
J’ai quitté Cephée, pour le Cygne.
Le cygne c’est une merveille.
La tète, c’est Deneb ( la queue donc) puis Giena, et au fond Albireo. Et la voie lactée.
En mer le ciel est clair.
Pourquoi la tête c’est la queue ?
J’ai boogé encore un peu : Altair, juste en dessous. L’aigle
Les trois belles de l’été. Tu parles. Ca dépend où et quand, on est. 24,80°. J’ai refais les mesures, on descendait encore. Après Key West, il fallait changer de cap, sinon le pacifique à mourir.
La coke ne suffisait plus.
Je suis allé chercher Cecilia.
« Tu as compris le quart, c’est ton tour, moi je me couche »
« Tu veux pas te coucher avec moi ? »
« Merde non ! On écrira, c’est tout »
Elle s’est frottée, je l’ai poussé
« Va la haut et garde le cap : 195, il ne reste que quelque heures, après on tourne »
Elle s’est frotté plus fort
« Me fait pas chier, jamais j’aurai du t’attendre »
« Tu viens écrire, ou coucher ? »
Elle s’est relevé.
« Les deux mec, les deux ».
« ben je t’ai dit 
Je te prends pour écrire, je suis amoureux, tu pige ça ? 
Elle dort à coté, j’y tiens

« Avant tu n’étais pas comme ça ».
« Je ne suis pas différend »
J’ai pas envie de faire du mal c’est tout »
Elle s’est relevé, elle a posé son pull, son soutien gorge, baissé son jean, et tombé sa culotte. Elle m’a embrassé. Elle m’a caressé. Je n’ai plus su quoi faire.
J’ai laissé mes mains courir sur elle.
Putain d’ipod avec du Madonna.
J’ai invoqué hendrix
De toute façon, j’étais juste en descente, l’acide, c’est bien douze heures, ça faisait six
Elles s’est posée sur moi.
On était au dessus du sol.
On volait, on respirait le bleu noir de la nuit, et chaque étoile entrait et faisait tout exploser.
J’ai pas envie de raconter la suite.
J’ai repris le cap.
On avait bougé, 190, je n’avais plus la longitude.
Des années avant, un jour en mer, j’ai attrapé mon amante, dans la petite mer d’Europe le « maditairané », je pense. Cabine avant, vagues, câlin. Quand on est ressorti, la fille du skipper sifflait une chanson française «  Elle préfère l’amour en mer ».
J’ai pris de la crème anti soleil, et je lui ai dessiné un lapin sur le dos, à la gamine.
Le lendemain, elle avait des coup de soleil partout, sauf sur le lapin.
Et on était coincé. L’ancre était indécrochable, aux « balarbe », je ne sais pas le dire des îles la bas, dans la petite mer.
J’ai pris un masque, et j’ai plongé, en suivant la chaîne.
8 mètres, 10 mètres, 12 mètres, 15 mètres, 18 mètres, 20 mètres, 22 mètres, 25.
Plus de souffle rien mais l’ancre était la, bloquée. J’ai tiré : rien. Alors, j’ai doucement manipulé, elle s’est décoincé des roches, Et je suis remonté. Pas mort. Le skipper a rembobiné. On est parti.
Je ne sais pas quand je vais mourir, mais ça, c’est limite.

J’ai repris le sextant, et mon téléphone.
Plantation key
Encore un peut au sud, et toujours vers -80 en longitude.
Pas de lune. Ciel de plus en plus noir. Tant mieux, elle arrivait mes copines
Sheliat et Sulafat
Alkaid, Alioth, Mizar Merek…
J’aime bien que la première étoile de la grande ourse s’appelle Alkaid.

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